Le blog de Richard


Pourquoi l’AQMAT ne commente pas l’affaire Daoust dans la transaction RONA/Lowes ?

La question m’a été souvent posée depuis quelques jours par des membres surpris de mon silence face aux rebondissements dans l’affaire impliquant (ou non) le politique dans la décision de vente des actions que Investissement Québec possédait dans RONA préalablement à la vente de la bannière aux mains de Lowes.

Je vais donc vous dire pourquoi l’AQMAT ne commente pas.

Nous sommes une association d’affaires qui ne verse pas dans la politique.

Quand Lowes a déposé une première offre publique d’achat, celle-ci avait été qualifiée d’hostile, en ce sens qu’elle avait été faite sans l’accord de la société ciblée. Nous avions alors largement couvert et commenté l’affaire. En soutien à notre membre, RONA, attaquée, en quelque sorte.

La récidive est toute différente. Tant la haute direction que le conseil d’administration de RONA s’étaient montrés favorables à une acquisition éventuelle par la multinationale bleue. Même que certains observateurs avancent que c’est RONA qui aurait fait les premiers pas.

Peu importe qui a embrassé qui en premier, les deux parties étaient d’accord. Partant, il nous semble peu utile de remonter le temps pour vérifier si le gouvernement du Québec ou ses bras financiers (Investissement Québec, Caisse de dépôt et placement, etc.) avaient contribué à préparer ou non la mariée pour favoriser la transaction.

Je le répète : l’OPA qui a conduit à la vente de RONA était bienvenue. Dès lors, pourquoi l’AQMAT tenterait de protéger son membre (RONA) contre une action à laquelle elle a délibérément choisi de donner son concours ?

L’AQMAT va défendre bec et ongles ses membres. C’est dans notre ADN. Notre raison d’être est explicite à ce sujet. Permettez qu’on se la remémore.

L’Association a pour objet de :

  • Procurer à ses membres toute information émanant des milieux gouvernementaux, professionnels ou autres, qui peut être de quelque utilité dans leurs commerces ou activités.
  • Promouvoir tout ce qui est dans l’intérêt de ses membres par ses relations avec le public, les gouvernements, les médias et les associations.
  • Corriger et combattre tous les abus qui pourraient se présenter dans le commerce de la quincaillerie et des matériaux de construction.
  • Favoriser le contact entre fournisseurs et détaillants afin d’avoir une industrie et un commerce de la quincaillerie et des matériaux de construction ordonnés et dynamiques.

Quand il y a un feu quelque part, avisez-nous qu’on intervienne. À défaut, on ne va pas perdre son temps à en allumer des faux…


Nos relations commerciales, malades ?

Les franchisés Jean Coutu contestent devant les tribunaux le montant exigé par leur bannière en redevances. Les clients de Best Buy/Future Shop portent un recours collectif pour abus en raison de la valeur non démontrée de leurs fameuses garanties prolongées. Walmart Canada interdit l’usage de Visa parce que la bannière se considère financièrement flouée par son fournisseur de cartes de crédit.

Ça, c’est loin de nous.

Plus près, comment vont les relations entre les marchands, leurs bannières et les fournisseurs de celles-ci ?

Elles ne vont pas mieux.

Acculés au pied du mur par les bas prix affichés par certains – Canac, osons le nommer -, nos magasins membres multiplient les pressions sur leurs groupements d’achats afin de pouvoir afficher des prix plus compétitifs dans leurs circulaires.

Les bannières réagissent en contraignant leurs fournisseurs à geler leurs prix tout en exigeant d’eux, sans toujours les consulter, des augmentations de royautés.

Les fournisseurs voient leurs marges de manœuvre financières réduites.

On sent une grogne, du moins une méfiance des uns s’installe face aux autres.

Vivement plus d’entrepreneuriat et de solidarité

La solution tient dans deux mots : entrepreneuriat des trois parties prenantes et solidarité entre elles.

Nos quincailleries et centres de rénovation sont derrières dans plusieurs domaines du management moderne, dont :

  • une sous-utilisation des technologies pour mieux gérer leur inventaire, réduire les pertes dues au mauvais étiquetage, au vol et à la fraude ;
  • une méconnaissance généralisée du concept global de la rémunération (laquelle transcende le simple salaire horaire qui rase le minimum) et celui de la reconnaissance (monétaire ou non) ainsi que de la formation continue et des plans de carrière pour conserver et optimaliser leurs meilleurs éléments ;
  • l’abdication de leur propre devoir de marketing, limité malheureusement à attendre des initiatives des fabricants ou de leurs bannières ;
  • et surtout, une procrastination eu égard à l’intégration de l’Internet et des communautés virtuelles aptes à attirer l’attention sur leurs commerces, voire à devenir en soit un centre de bénéfice lucratif.

Nos bannières, à géométrie variable, ont toutes connu de l’enflure, au point de se retrouver aujourd’hui avec une gestion perçue par tous les observateurs comme lourde et coûteuse. Elles pointent du doigt l’ennemi, allant parfois jusqu’à interdire à leurs fournisseurs de faire affaire avec lui, au lieu de s’inspirer d’un modèle plus « lean », plus agile, ce que commande l’économie d’aujourd’hui.

On est loin du concept originel des années ’60 ou un groupement d’achats n’existait que pour… grouper les achats !

La sophistication de leurs prestations était sans doute nécessaire. Pour se démarquer. Pour être de son temps. Pour générer de nouvelles sources de revenus. Pour satisfaire leurs propres actionnaires. On est cependant en droit de se demander si leur croissance sert l’ensemble de la chaîne de valeurs…

Les fabricants et les fournisseurs se disent victimes. Sans être faux, le constat mérite d’être enrichi d’autres faits. Comme celui de pêcher par paresse : vendre à une bannière ne devrait pas supposer que toute relation directe avec les marchands et même avec les utilisateurs (consommateurs et professionnels) doit être ralentie.

Plus que jamais, le moment vient de prendre conscience que marchands, bannières et fournisseurs sont dans le même bateau. Ce sont des partenaires. Dénoncer le tort ou se plaindre des manquements chez les autres représente la défense facile. Il y a deux chemins à emprunter, certes plus ardus, mais plus rentables.

L’un consiste à assumer sa part dans le malheur actuel et dans sa solution. Winston Churchill aurait dit ceci : « La responsabilité est le prix à payer du succès ».

L’autre s’inspire de dispositions plus empathiques dans une perspective d’intérêts communs, notion résumée dans un mot rencontré rarement au sien du patronat : la solidarité.

Tous, marchands, bannières et fournisseurs, on les aime. On VOUS aime. Tous et également. Un peu comme on aime ses enfants.

À l’image de la fonction du mortier entre deux briques en vue d’ériger un mur plus solide, l’AQMAT considère avoir le mandat implicite de vous rendre à la fois meilleurs entrepreneurs et entreprises plus unies.




UN MILLIARD DE DOLLARS, L’AQMAT ET NOS MEMBRES

On ne peut s’approprier la paternité du crédit d’impôt annoncé hier et en vigueur à partir d’aujourd’hui. Vraiment pas, ce serait malhonnête et déplacé. L’APCHQ a fait ses représentations. Les mouvements écologistes aussi pour l’usage du fonds vert.

En revanche, on ne peut non plus passer sous silence nos propres actions et leur effet.

Nous avons fait d’un crédit d’impôt à la rénovation, de la lutte au travail au noir dans la construction et de l’instauration de mesures encourageant la filière écoénergétique des chevaux de bataille prioritaires depuis plus de cinq ans.

Nous n’avons pas lésiné sur les interventions médias et gouvernementales, même directement auprès du grand public, à coups de sondages, de pétitions, de centaines de réunions, lettres et courriels.

Et nous récoltons des fruits. Voilà. Le hasard existe peu en politique. On dit que le pouvoir a horreur du vide ; nous avons occupé la chaise en tout temps.

C’est une grande victoire que l’arrivée d’un crédit d’impôt en cette période critique où l’austérité a fragilisé notre société (bien que son mérite a été de rééquilibrer le budget de l’État et que nous en sommes heureux). Les mises en chantier ne sont pas légion, et les constructions s’annoncent plus modestes, dépassant plus rarement le plateau des 15 000 pmp (pieds mesures de planches).

Face à un programme qui stimulera l’activité de rénovation, contribuera à rendre plus abordables les prestations d’entrepreneurs licenciés à la RBQ et qui ciblera les matériaux et les travaux environnementalement gagnants, on applaudit.

Le gouvernement prévoit que 100 000 ménages profiteront du programme à une moyenne de 11 165 $ par dossier de rénovation, ce qui le privera de 173,3 millions de dollars en raison du crédit de taxes applicables sur la portion excédant 2500 $.

Permettez que je répète : Québec estime que 100 000 propriétaires résidentiels dépenseront en moyenne 11 165 $ grâce à RénoVert, ce qui élève l’investissement total à plus d’un milliard de dollars pour les douze ou dix-huit mois à venir. Plus précisément : 1 116 500 000 $.

Réjouissons-nous. Surtout quand on sait que les honoraires des professionnels ne représenteront pas plus que 33 % de l’enveloppe, cela veut dire que l’essentiel prendra la forme d’achats de matériaux. Chez vous, j’espère.

Message au quincailleries et centres de rénovation : c’est le temps d’affiner votre offre de services pour satisfaire les entrepreneurs et les fidéliser à votre magasin.

Message aux fournisseurs : c’est le temps de promouvoir vos gammes de produits les plus susceptibles de séduire les entrepreneurs.

Parlons maintenant de nos membres et des cotisations.

L’annonce donne raison aux administrateurs de l’AQMAT d’avoir voté en faveur d’un fonds de défense des intérêts de notre communauté d’affaires. Elle justifie l’ajustement à la hausse des cotisations annuelles qui a été votée pour les exercices 2016-2017-2018.

Notre nouveau montage financier nous donne du souffle et des ressources intellectuelles pour continuer notre croisade à la faveur de mesures fiscales permanentes plutôt que temporaires.

Nous continuerons aussi de demander aux deux paliers de gouvernement d’appointer un ministre à l’habitation. Parce qu’entre nous, pour défendre nos dossiers et vos intérêts, il me faut cogner à tellement de portes : les portefeuilles des finances, de l’économie, des PME, des municipalités et une foule d’autres se renvoient les balles que je leur lance.


Langue de bois et échangisme

Dans cent jours, si on en croit les deux chefs d’État, l’éternel différend Canada-États-Unis en matière de bois d’œuvre sera relégué au passé. Une solution sera trouvée.




Version patronale d’un front commun

Alors que la fonction publique se regroupe pour défendre les intérêts de ses membres, je suis en croisade pour tenter d’obtenir l’adhésion des grands patrons des bannières autour d’une cause commune.

Je parle ici de l’idée de financer un fonds de défense des intérêts de notre industrie à hauteur de 100 000 $.