L’AQMAT : plus politique, plus économique

Richard DarveauPrésident de l’AQMAT et chef de la direction


L’année 2019 à l’AQMAT est sa 79e depuis sa naissance en 1940. Un chiffre quelconque, en tout cas en comparaison avec l’anniversaire qui s’annonce pour 2020. Sauf que le monde économique et technologique est si turbulent, la scène politique tellement fébrile, avec un nouveau parti au pouvoir à Québec et une lutte de valeurs qui s’annonce à Ottawa, que les relations gouvernementales et médiatiques que j’entretiendrai en votre nom cette année n’auront, elles, rien d’ordinaire.

Tout au-dessus de ma pile de priorités trône le mot Rénovert. Avec le concours d’autres associations dont l’APCHQ, on a obtenu la prolongation, même deux fois, du crédit d’impôt applicable aux rénovations dites éco-énergétiques faites par des professionnels pour les propriétaires-occupants. Quincailleries, bannières et fabricants ont tous profité de cet incitatif fiscal auprès des consommateurs. L’échéance étant cette fois au 31 mars 2019, on va travailler à sensibiliser le gouvernement Legault aux poids des retombées économiques du programme, plus conséquentes, selon nous, que le manque à gagner en taxes. S’ajoutent aussi l’impact social par la lutte au travail souterrain et à la contrefaçon de produits, des avantages collatéraux à mettre en lumière…

Juste après figure la problématique du recrutement et de la rétention de talents. Une mouture révisée du Collège AQMAT nous permet d’envisager de jouer un rôle utile auprès des quincailleries et des usines en mal d’employés, état rencontré par la grande majorité de nos mille entreprises membres. Quatre cibles ont été identifiées comme prioritaires, car toutes sous-représentées dans notre secteur, sous-employées en général et potentiellement l’objet de subventions à l’embauche ou au perfectionnement : les femmes, les 55 ans et plus, les nouveaux arrivants et les premières nations. Promouvoir les vertus de faire carrière en quincaillerie dans toutes les régions du Québec afin de générer des candidatures pertinentes est donc à notre ordre du jour.

La mise au monde du programme stimulant les achats d’articles de quincaillerie et de matériaux de construction faits dans des usines du Québec et du Canada nous occupera beaucoup en 2019. Baptisé « Bien fait ici / Well Made Here », le nouvel organisme sans but lucratif pan canadien ne connaîtra une implémentation à la hauteur des attentes des directions des bannières et des fabricants concernés que dans la mesure où l’AQMAT s’y engagera de tout son leadership. Après quelques mois, voire quelques années, le projet pourra se supporter seul, nourri par une équipe permanente. Mais pour l’heure, à ses balbutiements, grâce à l’appui inconditionnel du conseil d’administration, il a absolument besoin de mon énergie, de mon expérience et de mon réseau. Et j’entends lui offrir généreusement.

Dans la foulée, les membres découvrent par nos actions à quel point le piratage et la contrefaçon minent notre crédibilité et nos ventes. Certains magasins vendent moins cher parce qu’ils achètent des produits copiés, souvent non homologués. À l’initiative de la Régie du bâtiment du Québec, l’AQMAT joint ses efforts à ceux de la Corporation des maîtres électriciens du Québec et de la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie – pour s’assurer que les matériaux, surtout ceux importés, satisfassent les normes et codes, et que nos quincailleries ne soient pas malgré elles complices de transactions et d’installations sinon criminelles, du moins amorales.

Parlant de sécurité, le bât blesse sur les chantiers où les livreurs de nos centres de rénovation interviennent sans la formation de 30 heures qu’oblige la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. Nous nous battrons pour que la règle cesse d’assimiler de simples livreurs à des travailleurs de la construction ; notre ambition est qu’ils puissent légalement déposer des matériaux sur des chantiers grâce à une formation de 8 heures adaptée à la réalité de leur travail.

La question des délais de paiement indus, surtout lors de chantiers de construction publics, n’a pas été résolue avec le projet pilote lancé par l’ancien gouvernement. Nous sommes encore victimes d’un vide juridique que l’Ontario a, elle, comblé depuis un an, d’autres provinces aussi. Nous nous battrons pour que les centres de rénovation cessent d’être les dindons de la farce, c’est-à-dire les premiers à fournir les matériaux, mais les derniers payés.

Cinq enjeux transversaux où l’AQMAT agira en coalition avec d’autres partenaires

Nos membres, par sondages répétés, nous demandent également de veiller au grain quant aux cinq enjeux généraux suivants, ce que je m’engage à faire avec d’autres associations :

1.  des interventions auprès des ministères du Revenu et de l’Économie pour que soient encouragées les successions d’entreprises aux prochaines générations ;
2.  la réduction de la paperasse gouvernementale qui coûte cher en temps, en frais et en maux de tête, surtout pour les PME, non équipées en ressources administratives pour voir à tout cela ;
3.  l’encouragement des entreprises et des employés pour le développement de comportements plus écologiques et l’usage de transport collectif ;
4.  le maintien de taux d’intérêt personnels et corporatifs bas ainsi que des impôts sur le revenu des particuliers plus compétitifs avec le reste de l’Amérique du Nord ;
5.  des mesures pour contenir le magasinage transfrontalier et l’iniquité entre les achats sur Internet et en magasin.

 

Richard Darveau
Président de l’AQMAT et chef de la direction
450 646-5842, poste 225
rdarveau@aqmat.org

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