Le blog de Richard


Un crédit permanent, mais aussi sans plafond et sans délai, contre-propose l’AQMAT

On se réjouit de la promesse électorale des conservateurs d’introduire un crédit d’impôt permanent à la rénovation, une mesure que l’organisme demande depuis plus de cinq ans. Sauf que pour être pleinement efficace, un crédit d’impôt permanent ne devrait pas être limité à des travaux d’une valeur aussi basse que 5 000 $ et surtout, il devrait être implémenté dans les meilleurs délais.


Deux inquiétudes planent sur les petits commerces montréalais

Notre métropole, fait face à des choix déchirants pour son positionnement commercial.

Accepter, comme elle vient de le faire, que les magasins de certaines zones ouvrent 24 h / 7 jours va rendre la vie difficile aux petits commerces, obligés de suivre une cadence où les grandes bannières sont plus à leur aise en raison de leurs ressources mieux adaptés à gérer les mouvements de personnel et à une logistique accrue. D’un autre côté, l’offre élargie va séduire le consommateur urbain.






Commercer ou marchander?

Faites-vous vraiment du commerce?

Vérifiez vous-même la définition: le commerce désigne l’activité d’achat découlant naturellement d’une activité de production dans le but de revendre un bien ou un service avec un profit ou un bénéfice. Certains suggèrent que le commerce soit à l’origine de l’écriture, inventée il y a 5500 ans environ par les commerçants sumériens pour leur comptabilité.


Nos quincailleries: froides ou chaudes?

Un vendredi 13 suivi d’une Saint-Valentin formaient déjà un cocktail suffisant pour émoustiller les célibataires et les couples qui me lisent. Voilà qu’en plus s’amène la sortie du film Fifty Shades of Gray.

Vous ne saviez pas que l’histoire du film et du livre est en partie campée dans une quincaillerie? Demandez à votre femme ou à ses amis, elles, elles le savent.

En effet, le protagoniste dominant achète dans une quincaillerie les cordes, câbles, rubans et autres accessoires utiles – ou agréables – à ses fantaisies imposées à sa contrepartie. Cette seule scène et l’idée générale du film et du livre convainquent les directeurs de territoire de certaines bannières de recommander à leurs magasins de surveiller toute rupture de stock en ces domaines.

La recommandation de la fin de semaine face à un client venu acheter cordes, ruban et pourquoi pas une chaîne: évitez de lui demander des détails sur les travaux de réno qu’il ambitionne de faire!

Voyez ici, coquins, l’extrait du film qui stimulera vos ventes ou votre imaginaire:

Pendant ce temps, peut-être avez-vous visionné la publicité anti-centre de rénovation des magasins Multi Luminaires. On y voit un commis désabusé, au point où la cliente quitte pour une boutique spécialisée. Cette annonce est diffusée régulièrement sur Radio-Canada. Elle attaque subtilement l’attitude des employés des quincailleries et du service afférent.

Qui a raison entre le scénariste de 50 Shades qui met en scène une employée de quincaillerie très allumée devant les besoins de son client et celui de la pub de Multi Luminaires montrant un employé complètement éteint?

Et vos employés de magasin à vous, ils se comportent comment?

La bonne réponse latine: « In Medio Stat Virtu ». On peut parler en français de la recherche du juste milieu où l’on trouve non pas la médiocrité, mais l’équilibre.

Sur cette pensée chère à l’éthique promue par Aristote, je vous souhaite un week-end dénué de la peur parfois associée aux vendredis 13, mais tout de même truffé d’inattendus, sels de la vie.


Le discours sur la nation refait surface

Au moment où on organisait la troisième édition du Gala Reconnaissance AQMAT dans le Vieux-Québec, à l’autre bout du pays, à Calgary plus précisément, nos collègues de la Western Retail Lumber Association (WRLA), tenait la première édition de son fameux Salon des Prairies, depuis toujours exposé à Saskatoon et à ses vents glacials.

Or, le président du conseil d’administration de notre association soeur a eu l’heur de réchauffer l’atmosphère en lançant un plaidoyer en faveur d’une seule association nationale unifiée, reconnaissant les différences régionales.

Plus précisément, ce Rob Hauser a proposé de jeter les bases d’une seule association en lieu et place des cinq actuelles que sont, par ordre géographique d’est en ouest, ABSDA, AQMAT, LBMA, WRLA et BSIA.

L’argument en faveur d’un regroupement des cinq associations est économique et ergonomique. Semble-t-il qu’on se chevauche, qu’on se dédouble, d’où une génération de coûts et d’efforts pouvant être rationalisés.

Notre monde associatif débarque avec de bien gros sabots dans l’arène politique. De folles réunions en perspective à ramener sur le tapis Charlottetown, le Lac Meech, etc., avec forcément, à la clé, deux compréhensions, toutes deux légitimes, du sens à donner au mot « national ».

Le débat a déjà eu lieu au sein d’à peu près toutes les fédérations de sport versus leur grand frère fédérateur. Aussi au niveau du Conseil canadien du commerce de détail par rapport à son pendant local, le Conseil québécois du commerce de détail. Idem pour le secteur des municipalités, du patronat, des chambres de commerce, etc.

L’intention est louable à tout coup. La réalité, ou plutôt les réalités, rattrapent vite la théorie cependant.

Quelles sont-elles ces réalités? C’est d’accepter que nous ayons beaucoup plus que des « différences régionales » entre nous tous. Donnons quelques exemples sur ce qui nous sépare, voire nous oppose.

L’orientation de nos cinq magazines est diamétralement opposée. La nôtre est résolument journalistique, son contenu est fait maison à 100 % et nous contrôlons toute la sollicitation publicitaire. Résultat: Quart de Rond offre un contenu exclusif d’une couverture à l’autre et génère des surplus nets de l’ordre de 200 000 $, lesquels nous permettent de compter sur du personnel à pied d’oeuvre pour offrir une pléiade de 50 produits et services aux membres.

Les quatre autres publications sont gérées à l’extérieur, sans ligne éditoriale, offrant du coup peu de contenu original et générant très peu de bénéfices.

L’AQMAT tient un congrès annuel où sont confrontées des positions à défendre face au gouvernement du Québec, très rarement à l’égard du palier fédéral. Aucune des quatre autres associations ne tient pareilles assises. Et de toute façon, les sujets qu’on aborde (heures d’ouverture, crédits d’impôts, formations certifiées) ont peu à voir avec l’actualité des autres provinces.

Nos compères organisent des sessions de formation sur l’estimation des projets de rénovation et autres cours techniques. Des milliers de marchands les suivent. Ces cours ne sont pas exportables chez nous, un peu en raison de la langue, beaucoup plus à cause des contenus; nos normes de construction étant différentes à bien des égards.

Les quatre tiennent ou souhaitent tenir un salon sur leur territoire. L’AQMAT a décidé il y a deux décennies de laisser les bannières occuper ce champ d’action. Ces expositions occupent 50 % à 75 % du temps disponible de leurs employés. Ce n’est pas notre cas.

Les études de benchmarking que conduisent nos collègues du ROC (Rest of Canada) s’en tiennent à des données somme toute génériques: les salaires et les avantages sociaux. Notre GPS ratisse cent fois plus large, mille fois plus profond, compilant et comparant les finances et l’administration des marchands sous 300 types de croisements de données.

L’AQMAT publie semestriellement un Catalogue des Nouveautés qui rejoint les marchands de tout le Canada et dans les deux langues. Nous avions d’abord proposé à nos collègues de co-éditer cette publication. Devant leur manque d’intérêts, nous avons procédé seuls et réussissons fort bien l’opération qui s’avère, après trois ans, à la fois utile aux fournisseurs comme média, agréable pour les marchands lecteurs et rentable pour nous.

Nos memberships diffèrent aussi totalement en nombre et en qualité. Pour notre part, nous avons choisi d’accueillir sur un pied d’égalité fournisseurs et marchands. Pas eux. Nous acceptons les magasins corporatifs comme les Home Depot ou les Patrick Morin. Pas eux. Nous acceptons les boutiques spécialisées, comme en peinture. Pas eux. Nous soumettons l’adhésion à l’AQMAT à un code de déontologie fort différent des critères qui prévalent chez eux. 

Notre gala est organisé dans les règles de l’art et du coup, il attire entre 70 et 80 candidatures par édition, près de 200 membres participent au vote pour élire les finalistes et 500 personnes viennent assister au dévoilement des lauréats.  Aucune des quatre associations n’organise semblable processus démocratique, préférant laisser à une entreprise privée (Hardlines), le soin d’organiser un concours canadien qui reçoit moins de 20 candidatures et dont le processus de sélection est relativement opaque.

Non, franchement, les seuls dénominateurs communs parmi ce quintette sont les mots quincaillerie et centre de rénovation.

Du reste, l’AQMAT se considère déjà comme une association nationale, au sens où le Québec est reconnu comme l’une des deux nations fondatrices du pays. Statut qui ne nous empêche nullement de prôner pour des relations étroites avec nos pairs, notamment pour échanger sur les bonnes pratiques dans la gestion de nos organismes.

Incidemment, je milite depuis mon arrivée en poste pour qu’une conférence nationale annuelle soit cooptée par les cinq associations, avec même une portée continentale, voire internationale.

En vérité, entre vous et moi, la haute-direction de WRLA n’a pas vraiment lancé de ballon d’essai. Je la soupçonne plutôt de préparer le terrain pour une proposition d’acquisition de sa voisine, BSIA, qui, disons-le en mots doux, ne domine pas le marché de la Colombie-Britannique de manière aussi évidente que WRLA trône sur les provinces des Prairies.

J’ajoute que même son autre voisin, celui à l’est, l’Ontario, autrefois le centre de l’univers (!), doit être dans la mire de la même élite expansionniste, pour ne pas dire impérialiste, qui fomente entre les murs de WRLA. Avouons, en effet, que nos collègues de LBMAO ont été fragilisés depuis l’abandon forcé de leur salon, leur vache à lait financière…

La Western Retail Lumber Association pourrait peut-être un jour mieux porter son nom qu’on ne le pense, à savoir ne plus être confinée aux plats pays que forment le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta.

Ah, Jules César, sort de ce corps!

Mais avant que l’AQMAT se fasse réduire au rang de chapitre régional par la WRLA, il va neiger longtemps. Éternellement même!


Les néo castors bricoleurs

Presque deux Québécois sur trois (64 %) auraient mené des travaux de rénovation au cours des deux dernières années. C’est du moins ce qu’avance La Presse, à la lumière d’un sondage que le quotidien a commandé à la firme CROP(1).

En extrapolant à partir des données du sondage, La Presse établit à 1,8 million le nombre de propriétés où des travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration ont été réalisés en 2010-2012. La statistique fait passer la réno devant la construction neuve comme poids économique, cela dans un ratio  de 60-40 en sa faveur. 

Quand on y pense, c’est énorme. Peu d’activités humaines peuvent rivaliser avec un taux pareil. On est les nouveaux castors bricoleurs(2)!

La lecture de romans rejoint 57 % de la population, selon le ministère des Affaires culturelles. Le vélo est pratiqué par la moitié des Québécois, soutient Vélo Québec, qui a possiblement gonflé les chiffres dans son intérêt. Environ 46 % jardinent et 20 % joggent. Je peine à trouver une activité qui intéresse deux personnes sur trois. Ah oui, il y a la télé. Mais peut-on qualifier d’activité le fait de s’asseoir sans bouger sur un sofa à fixer un écran lumineux?

Pour être franc, j’ai un peu embelli les chiffres. À scruter l’étude, on s’aperçoit que les travaux de rénovation n’ont pas tous été effectués par les consommateurs eux-mêmes: 16 % par des entrepreneurs généraux et 11 % par des entrepreneurs spécialisés. Ce qui ramène autour de 47 % le taux de Québécois qui ont eux-mêmes rénové leurs maisons, avec leurs mains et leur créativité.

Quoi qu’il en soit, que les travaux aient été faits ou faits faits (!), leur valeur financière garde la même importance, estimée à 11,5 milliards $ par année. Lire des livres ou faire du vélo attire autant de monde, mais ne génère vraiment pas autant de retombées.

*****

Maintenant, je vais vous dire pourquoi j’ai comparé la réno à des  activités de loisirs. C’est une autre question du même sondage qui m’a allumé, où les répondants, dans une proportion de 90 %, autant dire la presque totalité, ont qualifié « d’agréable ou de plutôt agréable » leur expérience de rénovation.

Il n’y a qu’un pas qui me sépare de pouvoir affirmer que rénover est devenu cool. 

On n’a pas été surpris de lire que les imprévus et les retards arrivent en tête de liste des mauvais souvenirs. Certains (13 %) se montrent déçus de l’entrepreneur qu’ils ont choisi.

L’enquête indique aussi que 53 % des Québécois interrogés envisagent de mener des travaux dans leur maison cette année, d’une ampleur modeste, de l’ordre de 5 000 $ pour la moitié des répondants. Les imprévus demeurent en tête de leurs inquiétudes, avec un taux de 22 %.

Terminons sur une note légère, ou dramatique, selon le point de vue. Le sondage révèle que les travaux de rénovation ont engendré, dans 18 % des cas, des disputes dans le couple, allant jusqu’à la rupture.

(1) e sondage vient d’être réalisé, entre le 5 et le 9 décembre 2014, auprès de 100 répondants par Internet.

(2) Les plus jeunes n’ont pas connu le Castor Bricoleur ou Beaver Lumber, bannière fondée en 1906, longtemps numéro un au Canada avec 138 magasins, développée par Molson, rachetée en 1987 par Val-Royal, puis part Home Hardware en 2000.