Le blog de Richard


Marge d’erreur rétrécie

Le droit à l’erreur existe moins en temps de crise. Commander trop ou pas assez, se tromper dans ses promotions, passer à côté de l’article le plus hot de l’été sont quelques exemples qui peuvent faire la différence, surtout en temps de récession.

Parce que l’argent se fait plus rare, distributeurs et manufacturiers qui vont exposer dans les divers salons de bannières qui commencent dans les prochaines semaines doivent mettre toutes les chances de leur côté en proposant des produits, en fait des solutions, qui vont se vendre vite et bien aux consommateurs.

Pour leur part, les marchands doivent visualiser la marchandise du point de vue du consommateur pour se demander si celle-ci trouvera preneur ou si elle encombrera longtemps les tablettes du magasin.

Autant je constate que nos quincailliers et leurs fournisseurs connaissent ce qu’ils vendent, autant je suis surpris par le peu d’intérêt qu’ils manifestent à l’égard de ceux qui n’achètent pas d’eux. Ce sont là, pourtant, de bien meilleures sources d’information.

Ainsi, à mon arrivée en poste, j’ai surtout consacré mes énergies à aller rencontrer les non-membres pour comprendre pourquoi ils levaient le nez sur l’association créée pour eux. C’est leur feedback qui m’a guidé, bien plus que l’information provenant des fidèles.

C’est fou ce qu’apprendront, le 15 mars, les participants au Congrès des décideurs! Sans avoir encore eu accès aux résultats du sondage qui vient de se terminer vendredi, j’en sais assez pour affirmer que plusieurs préjugés vont tomber. Vos clients potentiels sont possiblement nombreux; encore faut-il que vous les connaissiez pour leur plaire.

L’offre de produits n’est pas tout. Même que certains diront que c’est secondaire; c’est le service qui compte. Où est la vérité? Notre sondage révélera l’importance qu’accordent les rénovateurs et les acheteurs à votre politique de bas prix, à la courtoisie et à l’expertise de votre personnel, à l’emplacement de votre magasin et à la réputation de votre bannière. Drôlement utile, non?

On peut aussi tirer des apprentissages utiles des big boxes américains, Lowe’s en particulier, dont le service de recherche et développement est tellement important. Les désirs des consommateurs de demain, ils les connaissent déjà. Ce sera l’essentiel de la présentation que fera au congrès, traduite en français, Michael McLarney, éditeur de Hardlines.

C’est le temps, maintenant, avant vendredi, d’économiser 50 $, de vous inscrire au Congrès des décideurs. Écrivez à Sylvie Pelletier à spelletier@aqmat.org ou cliquez ici.


Beau temps pour l’empowerment

Difficile de traduire le néologisme américain « empowerment » par un seul mot français. Comme c’est souvent le cas, dans notre langue, c’est plus long, plus plate aussi. On pourrait dire « donner du pouvoir à la personne ».

L’empowerment, selon Wikipedia, est le processus d’acquisition d’un « pouvoir », le pouvoir de travailler, de gagner son pain, de décider de son destin de vie sociale en respectant les besoins et conditions de la société. L’autonomie d’une personne lui permet d’exister dans la collectivité sans constituer un fardeau pour celle-ci. La personne autonome est une force pour la collectivité.

C’est ce que l’AQMAT vous offre, le 15 mars, au Complexe Desjardins à Montréal. Une journée pour prendre ou reprendre votre destin en main.

Seuls, même si vous êtes patron d’un grand magasin ou d’une super usine, vous êtes beaucoup moins puissants qu’en groupe. Ce groupe, c’est l’AQMAT: 14 milliards de dollars de chiffre d’affaires combiné, 14 millions de pieds carrés occupés au Québec, plus de 20 000 emplois à plein temps.

Par ailleurs, un groupe est aussi insignifiant qu’un tigre fait de papier s’il n’est pas composé d’individus déterminés à jouer un rôle actif dans les décisions économiques, financières et politiques qui les concernent.

C’est ce dont parlait le hockeyeur-vedette Paul Henderson jeudi dernier à Moncton, devant nos collègues des provinces atlantiques sous l’égide de l’ABSDA.

La fameuse série de 1972 entre le Canada et les Soviets. Rivalité entre l’Amérique des individus et l’URSS socialiste, les deux extrêmes, le monde bipolaire sur une même glace, face à face.

Chaque camp avait son avantage et sa lacune. À gauche, une armée bien huilée de soldats; à droite, le talent réuni des meilleurs de la LNH.

Il aura fallu Phil Esposito pour expliquer dans le vestiaire les limites de l’individu. Lui, pourtant si talentueux et déterminé, avait mis le doigt sur le bobo nord-américain : le nombrilisme.

Il aura été nécessaire que les joueurs comprennent tard, mais juste à temps, en fait à 32 secondes je crois avant l’apocalypse du match final! que la synergie d’une équipe n’empêchait pas ses composantes de s’exprimer. La bonne vieille logique russe de la mathématique 1 + 1 = 2 cédait enfin devant la magie du 1 + 1 = 3 qui caractérise l’Amérique.

Henderson a bien exposé que son effort surhumain pour marquer in extremis résulte d’une équipe coordonnée, et vice versa, le groupe sans ses éléments aurait été insuffisant. Ce que la défaite soviétique a démontré.

À tout seigneur, tout honneur, la Série du siècle avait aussi montré aux Canadiens qu’à l’autre bout du monde glacé, on savait aussi jouer de la rondelle. Depuis, l’adversité, on fait avec. Sur nos patinoires et dans nos commerces.

Un grand détour dans le temps pour dire aux détaillants et fournisseurs de quincaillerie et de matériaux de construction de vous tenir debout, que vous êtes, ensemble, devant la crise, devant la mondialisation et tout autre phénomène difficilqui semble vous dépasser. Venez le 15 mars prendre part aux débats de l’heure dans notre secteur d’activité. Venez chercher et commenter l’information hyperstratégique sur votre marché et mieux comprendre les intentions des consommateurs (en fait, de plus en plus des consommatrices!).

Il n’est pas trop tard. Ni pour enrichir le contenu du Congrès des décideurs, ni pour s’y inscrire. Communiquez avec Sylvie Pelletier au 450 646-5842, poste 224, pour obtenir plus de renseignements sur l’événement. Et faites un petit effort pour répondre au sondage en cliquant ici afin de donner aux organisateurs votre opinion sur les sujets abordés et surtout sur les autres problèmes que nous aurions omis de mettre au programme.

Et pour les plus jeunes ou les nostalgiques, voici le fameux but de Sir Paul.


À propos d’indépendance

Mais non, je ne vais pas maventurer à parler de souverainisme. Je ne commenterai pas non plus la nouvelle bataille des Plaines d’Abraham. Je me dois quand même de parler d’indépendance.

Pourquoi le dois-je? Parce qu’à mon arrivée, on m’a raconté qu’il n’y avait plus vraiment de magasins indépendants au Québec dans notre secteur d’activité. Depuis, je reçois des informations ou des opinions contraires.

Ainsi, sur les lieux du salon LBMAO à Toronto, il y a deux semaines. j’ai assisté à une conférence sur le combat entre indépendants et big boxes, une lutte, semble-t-il, tout à fait d’actualité. J’ai aussi entendu cette semaine le grand patron de Home Hardware parler de son groupe comme d’une coopérative composée d’indépendants. Le sens des mots évolue. J’ai entendu à Victoriaville, jeudi dernier, le directeur général Daniel Rioux qualifier son groupe d’achats MatPlus de plus grand rassemblement d’indépendants au Canada. J’ai en mémoire un membre qui s’était montré étonné que Canac Marquis Grenier soit qualifié d’indépendant dans la revue Quart de Rond. Peut-on être trop indépendant au goût même des indépendants?
Que cela est confondant! Ne trouvez-vous pas?

Donc, pour certains, un indépendant se doit d’être petit et de le rester, au risque, sinon, de perdre son statut. Comme c’est curieux! On m’a toujours appris que l’autonomie se gagnait avec la puissance… Il y a d’ailleurs des corporations de toutes les tailles dans l’Independant Lumber Dealers Cooperative (ILDC).

Pour d’autres, l’indépendant, c’est celui qui a le choix d’acheter ou non du siège social de sa bannière. Or, la très grande majorité des magasins bénéficient d’une certaine tolérance du siège social pour acheter localement et directement. C’est le cas, par exemple, de tous les RONA, de tous les BMR, me disent ses affiliés, sauf bien sûr les magasins corporatifs, qui appartiennent au siège social en quelque sorte.

Alors ou tracer la ligne entre un indépendant et un « dépendant »?

La réponse ne viendra pas du premier ministre cette semaine qui aura peine à garder une certaine indépendance devant le grand frère américain en visite à Ottawa. Elle viendra de l’éditeur de Hardlines, à notre congrès, le 15 mars. C’est son devoir. Il est mandaté pour nous livrer un exposé clair et complet des types de propriété de magasin et le portrait de la position de toutes les bannières.

Pour plus de renseignements sur le Congrès des décideurs, cliquez ici.

Quoi qu’il en soit, comme le chantait feu Sylvain Lelièvre :

On est toujours un peu l’Iroquois de quelqu’un
Que l’on soit Québécois, Breton, Nègre ou Cajun
Je vous laisse à chanter quel peut être le vôtre
On est toujours l’Indigène d’un autre


« Se taire, c’est avoir perdu d’avance »

Ça va chauffer, je pense, à notre congrès du 15 mars. Les membres sont nombreux à soutenir une position ferme devant les émetteurs de cartes de crédit, principalement Visa et MasterCard, qui ont littéralement perdu la carte!

Tout le monde semble se faire avoir. Les marchands forcés d’accepter les cartes dites « Premium » et qui écopent de taux d’escompte de plus en plus élevés. Les consommateurs assommés par des taux d’intérêt de l’ordre de 20 % alors que le taux directeur de la Banque du Canada n’est plus que de 1 %.

Ottawa laisse faire. Non, ce n’est pas vrai. On laisse faire Ottawa.

Comme on a longtemps laissé les camionneurs augmenter leurs tarifs sans trop rouspéter. Le carburant a de nouveau atteint un plancher acceptable, pourquoi ne pas renégocier nos frais de transport? Pourquoi ne pas forcer les autorités à permettre le virage à droite à Montréal comme cela se fait à peu près partout sur le reste de la planète?

Comme on absorbe, sans toujours s’opposer, de plus en plus de bureaucratie pour satisfaire notamment les normes environnementales. Aussi noble soit cette cause, que nous endossons, ne peut-on pas la servir avec un souci, justement, de réduire au minimum la paperasse et les efforts?

Comme on a subi l’annonce de l’ouverture des commerces le 2 janvier. Vous prononcerez-vous devant l’intention gouvernementale concernant l’ouverture le 1er juillet?

Reprendre son destin en main, c’est d’abord remplir le sondage du mois. Puis c’est être au Congrès des décideurs le 15 mars. Une seule journée pour orienter votre année au complet. Et la nôtre!

« Se taire, c’est avoir perdu d’avance »

Lao Tseu, philosophe chinois, décédé avant Jésus-Christ


Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini

Quelle leçon de vie que ce Superbowl de dimanche! Il reste une seule des soixante minutes de jeu, vous êtes en train de perdre le match, puis le miracle survient. Non, que dis-je? un effort suprême et ultime, et vous gagnez. Une victoire méritée.

Oui mais, me direz-vous, toutes les conditions étaient réunies pour que l’événement en question se produise. D’accord avec vous, les conditions étaient là : l’enjeu du titre de champion, la foule partisane, quelques décisions favorables de l’arbitre. D’accord. Il fallait tout de même une passe parfaite et un attrapé parfait, non? C’est ça, la leçon : lire le jeu, s’adapter, tirer profit de la situation qui se présente concrètement à nous.

La crise, les crises, seront porteuses d’opportunités jamais vues avant. Le comportement des consommateurs, des fournisseurs, même celui des gouvernements change. Les indicateurs financiers changent tous les jours, sinon toutes les semaines. « S’adapter », le maître mot de Darwin, père de l’évolution, n’aura jamais été aussi sensé.

Les cinq associations canadiennes, dont l’AQMAT, ont travaillé en équipe depuis plusieurs mois pour faire infléchir le gouvernement Harper en faveur de coups de pouce à donner à la double industrie de la construction et de la rénovation. En vain. Depuis le sondage de la fin de l’été, où nos membres avaient exprimé leurs préférences, jusqu’à décembre, nous n’avions pas réussi à être entendu du Comité permanent des finances. Puis les conditions changèrent; dans la foulée du mouvement de coalition entre les partis d’opposition, Stephen Harper s’est fait plus réceptif. Vos plus importantes demandes ont été satisfaites : un crédit d’impôt sur les travaux de rénovation et une augmentation du montant qu’on peut emprunter sur son REER pour acheter une maison.

On a su profiter d’une embellie économico-politique dans ce paysage conservateur peu enclin à l’intervention de l’État pour manœuvrer en vue de marquer nos deux points.

Si la partie officielle est gagnée, le vrai match commence. Celui qui consiste à fournir à nos détaillants une information simplifiée sur les avantages temporairement offerts par les deux niveaux de gouvernement. On travaille là-dessus.

Un seul match ne faisant pas l’hiver, la saison continue. Arrive assez vite l’autre budget, celui-là du gouvernement du Québec. Nous allons continuer de faire valoir les avantages d’un REER Rénovation répondant aux mêmes conditions que le Régime d’accès à la propriété.

Et l’année va se poursuivre, bien au-delà des budgets publics, avec, entre autres, les dossiers des frais de cartes de crédit et des jours d’ouverture à débattre en votre nom.

C’est donc vrai que ce n’est pas fini… tant que ce n’est pas fini!


Show froid

Tout juste de retour de Saskatoon, je sais maintenant de quelle province parlait Gilles Vigneault dans  Mon pays c’est l’hiver. Il faisait 50 degrés au-dessous de zéro le long de la rivière Saskatchewan! Content d’être de retour dans les relatives chaleurs québécoises…

Mais quel salon organisé par la WRLA ont tenu nos collègues des Prairies!

Plus de 600 exposants, dont une bonne vingtaine d’entreprises québécoises, étaient rassemblés dans ce plat pays. Et tous visiblement contents d’y être.

C’était impressionnant de voir que plus de 1000 personnes représentant environ 500 de leurs 600 détaillants membres s’étaient déplacées.

Et que dire de la grande finale? Burton Cummings des Guess Who avait beau s’approcher des 62 printemps, il a soulevé la foule du dernier soir. Les dames attendaient ce premier tube de 1968 : http://ca.youtube.com/watch?v=qe8S6lZUSwo. Nous, les gars, c’était celle-ci qu’on voulait, et on l’a eue, en tout début de spectacle : http://ca.youtube.com/watch?v=gkqfpkTTy2w&feature=related.

Le retour d’un grand salon par l’AQMAT est prévu pour octobre 2010. Il fera moins froid qu’en janvier à Saskatoon. Mais de là à dire qu’il fera plus « show », ouf!, je ne sais pas, nos collègues de l’Ouest ont mis la barre haute!


Yes they can (and they have to!)

Un blogueur a-t-il la latitude cette semaine pour parler d’autre chose que de Barack Obama?

Je pense que le sujet est incontournable.

Mon titre excusez son anglais  paraphrase le slogan du nouveau président, qui était « Oui, nous le pouvons ». Moi j’ajoute que non seulement vous le pouvez, VOUS LE DEVEZ!

Vous le devez, vous, les Américains, nos chers voisins et clients et fournisseurs préférés, pour la stabilité et la croissance du monde entier.

Bien vrai que la Chine progresse. L’Inde et le Brésil aussi. Mais les USA demeure le centre du monde. Économiquement, en tout cas. Alors si monsieur Obama peut amener son peuple à un plus haut niveau d’éducation populaire sur ce qu’est devenu le monde contemporain, son arrivée au pouvoir sera un grand pas pour l’humanité.

Car économie et humanité, ça va de pair aujourd’hui. Son pays ne peut prétendre être évolué lorsqu’un citoyen se fait écraser dans un Walmart par ses pairs tout aussi surconsommateurs.

J’aime bien l’image de l’économiste britannique Peter Cooke, qui accuse l’industrie automobile américaine d’être atteinte du « syndrome des Galapagos ». Si les mammifères vivant sur ces îles équatoriales perdues n’avaient pas à évoluer en raison de la protection que leur assurait leur isolement géographique, les États-Unis se sont cru autosuffisants. Ils se sont placés en mode autarcique, ne se questionnant pas assez sur l’avancement du reste du monde, bêtement persuadés de leur avancée insurmontable par rapport aux autres.

Obama devra injecter une bonne dose de réalisme et d’humilité à ses commettants. Il peut y arriver.

Il a tout pour rassembler. Parce qu’il a un peu de chaque Américain en lui. Il est à la fois noir et blanc. De père musulman et de mère chrétienne. Il n’a pas été vraiment pauvre sans avoir été riche non plus. Il est à la fois de l’Amérique continentale et urbaine, et aussi de sa partie la plus folklorique (des îles Hawaï), sans parler de ses origines africaines. Il est à la fois jeune et mature. De gauche politiquement et quand même bien introduit dans les grandes corporations. Bref, tout le monde peut trouver en lui quelque chose pour s’y associer.

Obama représente le thème même du spectacle d’hier soir en son honneur, « We Are One », qu’on peut traduire librement par « Nous ne faisons qu’un ».

Cela est tant vrai que le « one », en réalité, nous inclut pratiquement, nous, Canadiens et Québécois. Économiquement, en tout cas. Alors souhaitons-lui de réussir. Et de ne perdre ni cette grandeur d’âme, ni ses pieds bien sur terre.

Les Américains s’étaient bâti un monde de chimères spéculatives. Ce monde était habité non par des gens qu’il fallait convaincre de croire, mais par des gens qui cherchaient des excuses pour croire.

Le célèbre économiste John Kenneth Galbraith ne commente pas ici la crise actuelle, évidemment, il est décédé, mais celle de 1929. Il a écrit ceci en 1954 dans son livre The Great Crash.On en a tous assez des croisades pétrolo-religieuses, des discours fumistes, des donneurs de leçons dont la maison craque de partout.

Allez, monsieur Obama, cassez la baraque!



Au tour de la réalité d’entrer dans une bulle

Rebonjour chers lecteurs,

Depuis que 2008 nous a fait bye bye, je sens comme un décalage. Médias et économistes prennent l’allure de prophètes de malheur tant Monsieur Tout-le-monde continue, bon an, mal an, à consommer comme si de rien n’était.

Youhou! Quand sont en crise boursière, immobilière et manufacturière à la fois les États-Unis et l’Ontario, où sont achetés plus de 80 % de toutes nos productions, sans compter la frilosité des banques à l’idée de prêter dans un tel climat, il faut être jovialiste pour croire que la situation ne touchera pas l’emploi, la confiance et, partant, le pouvoir d’achat chez nous.

C’est le monde à l’envers. Il y a seulement quelques années, l’univers virtuel avait artificiellement gonflé, donnant un nouveau sens au mot « bulle ». Aujourd’hui, c’est le contraire. La réalité bien réelle (!) semble nous échapper.

Les chiffres de nos détaillants durant les Fêtes et l’achalandage dont on a tous été témoins sont trompeurs. Seul le profit net, le bottom line, sera révélateur. Quant aux consommateurs, l’envie de revêtir l’habit du Père Noël avec des lunettes roses était visiblement plus forte que celle de jouer au comptable empêcheur de danser en rond.

À tout malheur quelque chose est bon, dit-on. C’est ce que l’équipe de rédaction du magazine Quart de Rond de janvier-février se dit aussi, elle qui se gratte la tête en ce moment pour trouver du positif et des trucs qui fonctionnent pour aider nos commerces à regarder la réalité bien en face, et les aider à être bien préparés.


La crise a les épaules larges

Alors que la grande faucheuse économique avance à mesure que les journées racourcissent, il ne se passe pas 24 heures sans que cette fin d’année soit pimentée d’attaques contre les profits que font nos commerçants.

Non seulement le tandem Visa et MasterCard persiste-t-il dans ses intentions d’augmenter de l’ordre de 40 % les frais facturés aux marchands qui acceptent leurs cartes, mais l’odieux a été atteint alors qu’il vient d’augmenter les frais d’intérêts exigés des consommateurs. Compte tenu des faibles taux bancaires, voilà un geste qui me semble difficile à accepter.

Un autre jour de la semaine, c’était le lobby des marchés d’alimentation qui mène la charge pour que les heures d’ouverture soient toujours plus longues. Quel meilleur moyen de décourager l’entrepreneuriat au profit des immenses magasins anonymes! Nos membres, essentiellement des PME dont plusieurs entreprises familiales, nous demandent avec raison d’agir dans un souci d’équité, pas d’égalité. Autrement dit, l’idée n’est pas tant de permettre à tous les magasins d’ouvrir à toute heure que d’y autoriser ceux qui le désirent, les dépanneurs notamment, tout en leur interdisant de vendre autre chose que de l’alimentaire.

Aujourd’hui, c’était le tour des camionneurs, qui menacent d’exiger une surprime de leurs entreprises clientes, dont plusieurs sont membres de l’AQMAT, sous prétexte que leurs véhicules sont ralentis dans la congestion routière qui sévit dans le grand Montréal. Comme si une plus grosse facture, ajoutée aux tarifications déjà augmentées en raison du prix du carburant et pas encore réajustée, allait avoir un impact positif sur le trafic urbain!

Vraiment, la politique sort des murs des parlements et la crise a les épaules larges en cette fin d’année.

Noël, c’est pas pour tout de suite.


La tendance ne s’est pas maintenue…

J’ai attendu que l’élection québécoise se déroule, des fois qu’il se passerait des choses. Il s’en est passé. Et pas celles qu’on attendait. Plusieurs tendances ne se sont pas maintenues.

On ne renvoie généralement pas le même parti au pouvoir trois fois d’affilée. On l’a fait.

On a préféré des gouvernements minoritaires depuis quelque temps. Pas hier.

On n’avait jamais élu une femme chef de l’opposition officielle (à part dans nos couples!).

On a eu tendance à glisser nos votes vers la droite politique, ce qui avait donné de plus en plus de voix à des formations comme l’ADQ. Le vent vient de tourner.

Dans la même veine du changement, un parti radicalement de gauche, Québec solidaire, a gagné un siège historique au Parlement, représentant du coup le seul et unique changement de couleur politique sur l’île de Montréal.

Avant, les firmes de sondage nous donnaient un son de cloche assez juste, alors que cette fois, elles se sont généralement pas mal égarées.

Hélas! la seule tendance qui s’est maintenue en est une vers la baisse, en termes de nombre de votants. Plusieurs circonscriptions ont descendu sous la barre des 50 %. Notre démocratie a pris froid hier…