Le blog de Richard


Le Québec : un travailleur autonome

Dans la grisaille économique, le Québec − et notre secteur économique en particulier − irradie de lumière. Bon! j’exagère un peu. Disons que le ciel a l’air d’un fond d’écran Windows : des mottes de nuages, dont un gros qui s’appelle AbitibiBowater, mais du bleu quand même.

À preuve, prenez ces heures-ci. Coup sur coup, un Réno-Dépôt de 20 millions de dollars renaît des cendres d’un ancien magasin à LaSalle, Patrick Morin ouvre un nouveau magasin à Berthier, la Quincaillerie Saint-Augustin double sa surface à Mirabel, la Quincaillerie Rimouski est choisie le meilleur Home Hardware au Canada, Canac-Marquis Grenier ouvrait aujourd’hui à Cap-de-la-Madeleine un dix-septième magasin et BMR Le Groupe emménage dans un nouveau siège social plus grand et plus adapté à ses besoins. Bref, toutes les bannières voguent au vent, les indépendants tout autant.

Une chance qu’on est en récession! Sinon imaginez combien d’inaugurations et d’ouvertures on aurait dû couvrir!

Ceci amène mes collègues du ROC (Rest of Canada) à me demander non plus « What does Quebec want? » (avec les années, je pense qu’ils la connaissent, notre réponse), mais bien « Why does Quebec perform? »

Le Québec est devenu un immense travailleur autonome. Voilà mon explication :

Collectivement, on attend tellement moins de l’État. Prenez la ville de Québec − j’y étais hier. La création d’un parc technologique, d’un pôle de développement économique, d’événements culturels surdimensionnés sont autant d’épiphénomènes qui ont sorti ce peuple de sa dépendance à l’égard des fonctionnaires salariés. Dans les régions dites de ressources, c’est par rapport au gros employeur mono-industriel qu’une certaine distance a été prise. Au début, de manière forcée, les dirigeants de PME se sont organisés pour éviter le piège du 80/20, c’est-à-dire ne plus dépendre d’un ou deux gros clients qui représentent 80 % de leurs commandes.

Individuellement, la situation est encore plus caricaturale quand on juxtapose la réalité du travailleur québécois de 1989 avec celui de 2009. L’emploi steady qu’on avait tous il y a vingt ans, ou qu’on jalousait avec son « char » d’avantages sociaux, a cédé la place à deux emplois à temps partiel ou à des contrats à court terme, voire à la pige, ou encore à la création de sa propre entreprise. Demain, une personne perd son emploi, par chance, le conjoint garde le sien et assez vite, le chômeur accepte des premiers contrats sans que son licenciement ait fait trop de vagues.

L’État s’est aussi adapté à la nouvelle donne. Les aides aux canards boiteux n’existent plus. Ni pour les entreprises, ni pour les individus. Place aux programmes plus constructifs. Votre carnet de commandes rapetisse? Pas de problème, réduisez vos effectifs et le gouvernement va quasiment combler la différence pour vous aider à ne pas perdre vos joueurs ou votre chemise. Sinon, un autre programme peut financer leur perfectionnement ou la modernisation de vos équipements de production et vous permettre de présenter une entreprise renforcée au lendemain de la crise.

C’est quand même extraordinaire comme évolution sociétale.


Place aux ventes « songées »

Les clients, c’est comme le cholestérol : il y a les bons et les mauvais. Notre étude STAT AQMAT* montre que les bas prix attirent encore, mais les bons clients, ceux qu’on veut avoir et garder parce qu’ils reconnaissent une valeur au service du commerçant et sont disposés à payer pour cela, seront plus nombreux. Cela, grâce à la crise.

« La récession aura un impact durable sur le comportement des ménages », selon The Economist, cité dans Les Affaires du 11-17 avril 2009.

Lorsque nous avons permis aux mille répondants au sondage de réfléchir quelques minutes, la grande majorité n’ont plus mentionné les bas prix comme un facteur déterminant dans le choix d’une quincaillerie ou d’un centre de rénovation; c’est à la courtoisie, à l’expertise, puis à la qualité et à la variété des produits qu’ils accordent alors la plus grande importance.

Le public, avec les nouveaux types de médias dits sociaux engendrés par Internet, devient de plus en plus friand d’avis et de conseils d’amis et d’experts. Le marchand, comme l’a longtemps dit Jean Coutu, a donc intérêt à devenir à la fois ami et expert pour gagner sur tous les plans la confiance de son client.

L’idée n’est pas de se débarasser des « mauvais » clients, ceux qui ne viennent que pour les bas prix. C’est de les convertir. Le travail commence une fois qu’ils sont dans le magasin.

* Sondage sur les Tendances en achats et travaux. Février 2009. Pour commander le cédérom STAT AQMAT, cliquez ici.


Les %$#?&* de nids-de-poule

Ayant presque cassé une roue jeudi puis pété un pneu le lendemain, j’ai pensé écrire au sujet des nids-de-poule, que dis-je! de dinde. En cherchant des remèdes à ce problème renouvelé avec chaque printemps, je suis tombé sur ce texte de la directrice générale de Bitume Québec qui, par sa pertinence tout autant que son impertinence, tombe à point nommé.  

Avec le retour du temps doux, les automobilistes québécois sont confrontés aux nids-de-poule, ennemis de nos roues! Comme il faut toujours connaître l’ennemi, Bitume Québec, le regroupement des entrepreneurs québécois spécialisés dans la construction et l’entretien des chaussées en enrobés bitumineux, vous propose quelques informations sur les nids-de-poule.

C’est quoi un nid-de-poule? Appelé « trou dans la chaussée », « imperfection temporaire » ou tout simplement « ?&$&(*)&?!!! », le nid-de-poule est le résultat d’infiltration d’eau suivie de gel et de dégel : par temps doux, l’eau se glisse sous la chaussée et forme une poche. Celle-ci gèle par temps froid, la glace soulevant la chaussée. Lorsque revient le temps doux, la glace fond, l’eau s’écoule et crée un vide dans la chaussée. Éventuellement, ce vide causera la dégradation du revêtement puis l’affaissement de la chaussée.

Peut-on en empêcher l’apparition? Pour qu’il n’y ait pas de nids-de-poules, il faudrait l’une des trois choses suivantes : pas d’infiltration d’eau, des routes toujours neuves… ou pas d’hiver!

Les entrepreneurs membres de Bitume Québec respectent des normes strictes lorsqu’ils construisent les chaussées. Les revêtements bitumineux sont conçus pour être étanches et drainer efficacement les surfaces. Toutefois, ces bonnes pratiques ne peuvent que retarder l’apparition de la désintégration de surface puisqu’il est en fait impossible d’empêcher complètement l’infiltration d’eau avec les années lorsque l’entretien est insuffisant.

Avoir des pavages neufs, continuellement renouvelés et entretenus régulièrement serait la meilleure option. Cependant, pour prolonger la vie utile des chaussées, il faudrait des investissements importants, et les considérations budgétaires des gouvernements s’appliquent ici.

Enfin, pour ce qui est de la dernière option (abolir l’hiver), les suggestions sont les bienvenues! En attendant, comment répare-t-on les nids-de-poule? On peut procéder à une réparation temporaire (dans le cas de gros trous ou encore sur des voies très achalandées) ou effectuer une réparation plus permanente lorsque le temps ou la situation le permettent.

Dans le cas des réparations temporaires (dont la durée de vie peut varier de quelques semaines à deux ans), on procède peu importe la température extérieure. On utilise un produit de remplissage à base de bitume (asphalte froid). Après avoir nettoyé la cavité pour enlever eau, glace et débris, on remplit et compacte le matériel de remplissage.

Dans le cas des réparations permanentes (durée de vie de cinq ans ou plus), on va aller plus en profondeur et couvrir une surface plus grande que celle du nid-de-poule. La température extérieure doit être assez clémente (+10 degrés) et la réparation commencera au besoin par les couches inférieures de la fondation de la chaussée. Ensuite, on refera les différentes couches de la chaussée pour terminer par un enrobé bitumineux à chaud.

Vous désirez en savoir plus? Les nids-de-poule exercent sur vous une véritable fascination? Vous envisagez d’y consacrer votre thèse de doctorat, de réaliser une mégaproduction hollywoodienne sur ce thème? Passez un coup de fil à Catherine Lavoie (450 922-2618) ou écrivez-lui : clavoie@bitumequebec.ca.


Le commerce de détail en mal de leadership politique

Chaque semaine a maintenant une thématique. Celle-ci est appelée la Semaine du commerce de détail. Il me semble approprié de revenir sur les deux décisions votées en assemblée générale tellement elles sont au cœur des problèmes qui assaillent nos marchands et, par conséquent, nuisent à leurs fournisseurs.

Je me suis rendu au cabinet du ministre Raymond Bachand (Développement économique, Innovation et Exportation) et je suis présentement sur les lieux du congrès du Conseil québécois du commerce de détail pour souligner à quel point nos marchands peinent en ce moment.

La crise économique n’est pas en cause : elle commence à frapper les manufacturiers canadiens, alors il faudra quelques mois encore pour qu’elle touche les ventes au détail en sol québécois.

Non, la première des deux raisons majeures de nos difficultés, ce sont les frais de crédit exorbitants qu’imposent VISA et MasterCard aux marchands comme aux consommateurs, cela en raison de leur position dominante sur le marché.

À qui la faute? On ne peut raisonnablement en vouloir à ces entreprises privées. Rien sur le plan légal ou réglementaire ne les empêche d’agir ainsi. C’est comme AIG aux États-Unis, du moins jusqu’à ce qu’Obama agisse en leader et sonne le glas du laisser-faire des compagnies d’assurances jouant impunément aux banques.

Le second problème de nos commerces est connu, c’est le recrutement de personnel. On n’a ni l’argent ni les conditions pour attirer du personnel et le garder. L’ouverture durant les périodes creuses gruge les profits des bonnes heures. Une plage horaire étendue sur sept jours et plusieurs soirs mine le moral des troupes. Il y a des vides politiques à combler. Cette fois, à Québec.

Rappelons les simples faits : il ne reste plus que six jours par année pendant lesquels les commerces du Québec sont fermés par la loi.

Ce n’est pas obligé d’être ainsi. Ailleurs au Canada, les commerces sont tenus de fermer entre neuf et dix jours. De plus, dans quatre des provinces s’ajoute la fermeture tous les dimanches. C’est donc dire que pour plusieurs de nos concitoyens propriétaires et employés de commerces (autres que les stations-service, les dépanneurs, les bars, les pharmacies et les marchés d’alimentation), ils ont soixante jours de congé au lieu de six jours. Méchante différence en termes de frais d’exploitation et de pouvoir d’attraction pour le nouveau personnel.

Ça semble beaucoup soixante jours. Même trop. Mais quand on y pense. les travailleurs « normaux », ceux des bureaux, de la fonction publique, etc., jouissent de 110 jours de congé environ par année, c’est-à-dire tous leurs week-ends plus les jours fériés normaux.

Comment en sommes-nous arrivés à quêter pour sept maigres jours de congé et à devoir se rendre à genoux à Québec pour éviter l’ouverture des magasins le 1er juillet prochain, ce qui réduirait le nombre de congés au Québec à cinq jours.

Les coupables, c’est nous. Contrairement aux autres provinces, nous avons laissé les supermarchés, les grandes surfaces généralistes et les pharmacies occuper tout l’espace politique.

Pourtant, comme la quasi-totalité des autres provinces, notamment nos deux voisines, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, il nous semblerait normal de pouvoir également faire une pause le Vendredi Saint, à la Fête de Dollar (Fête de la Reine) et à l’Action de grâce. Même les États du Vermont et du Maine prennent le temps de célébrer les fêtes importantes.

Non, vraiment, n’avoir pour congés que le jour de l’An, Pâques, la Fête nationale du Québec, la fête du Travail et Noël, c’est inacceptable.

Dans ce dossier, le manque de leadership politique s’exprime par des demi-décisions à la Salomon, du genre « permettre » aux commerces d’ouvrir telle ou telle date. Le gouvernement sait bien qu’en ne tranchant pas, la loi du marché s’établit, et tout le monde se sent forcé d’ouvrir. Presque tous nos membres ont dû ouvrir le 2 janvier dernier, et ce sont les patrons qui travaillaient.

La vraie solution consiste à fermement décréter deux choses : les jours où l’ouverture des commerces est interdite, sauf exemptions précises, et le respect intégral des raisons d’être des entreprises.

On entend en effet dire que Canadian Tire vendra de la nourriture et que Jean Coutu offrira de la quincaillerie. Où s’en va-t-on si tout le monde peut vendre n’importe quoi, n’importe quand, à n’importe qui?

D’apparences anodines, les décisions concernant le nombre de jours de fermeture obligatoire et l’application au pied de la lettre des missions d’entreprise pour éviter la concurrence déloyale lors de ces journées de la part des commerces jouissant de certaines exceptions, ont un véritable impact sociétal. Nos membres sont des gens d’affaires qui savent compter : le nombre de jours d’ouverture de leurs magasins n’a pas pour effet de grossir le budget des dépenses de la population; le phénomène ne fait qu’étendre leurs dépenses sur un plus grand nombre de jours.

Chaque journée de plus fait croître leur difficulté à intéresser la génération X à travailler chez elle, elle qui semble prioriser l’équilibre travail et vie sociale plus que les autres groupes d’âge.

Quant à l’ouverture les dimanches, je partage simplement avec vous le constat que nos collègues et concitoyens de l’Île-du-Prince-Édouard, du Manitoba, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, où la tradition d’un jour de pause commerciale par semaine a été maintenue, semble bien se porter à tous points de vue. Les statistiques d’achat per capita ou de la valeur du panier moyen sont proportionnellement semblables à celles d’ici. Autrement dit, ce qu’on dépense sur sept jours ici est dépensé en cinq ou six jours ailleurs.

Mais je ne voudrais gâcher cette semaine de festivités en abordant un sujet aussi délicat que la question des dimanches…

Chaque semaine a maintenant une thématique. Celle-ci est appelée la Semaine du commerce de détail. Il me semble approprié de revenir sur les deux décisions votées en assemblée générale tellement elles sont au cœur des problèmes qui assaillent nos marchands et, par conséquent, nuisent à leurs fournisseurs.

Je me suis rendu au cabinet du ministre Raymond Bachand (Développement économique, Innovation et Exportation) et je suis présentement sur les lieux du congrès du Conseil québécois du commerce de détail pour souligner à quel point nos marchands peinent en ce moment.

La crise économique n’est pas en cause : elle commence à frapper les manufacturiers canadiens, alors il faudra quelques mois encore pour qu’elle touche les ventes au détail en sol québécois.

Non, la première des deux raisons majeures de nos difficultés, ce sont les frais de crédit exorbitants qu’imposent VISA et MasterCard aux marchands comme aux consommateurs, cela en raison de leur position dominante sur le marché.

À qui la faute? On ne peut raisonnablement en vouloir à ces entreprises privées. Rien sur le plan légal ou réglementaire ne les empêche d’agir ainsi. C’est comme AIG aux États-Unis, du moins jusqu’à ce qu’Obama agisse en leader et sonne le glas du laisser-faire des compagnies d’assurances jouant impunément aux banques.

Le second problème de nos commerces est connu, c’est le recrutement de personnel. On n’a ni l’argent ni les conditions pour attirer du personnel et le garder. L’ouverture durant les périodes creuses gruge les profits des bonnes heures. Une plage horaire étendue sur sept jours et plusieurs soirs mine le moral des troupes. Il y a des vides politiques à combler. Cette fois, à Québec.

Rappelons les simples faits : il ne reste plus que six jours par année pendant lesquels les commerces du Québec sont fermés par la loi.
Ce n’est pas obligé d’être ainsi. Ailleurs au Canada, les commerces sont tenus de fermer entre neuf et dix jours. De plus, dans quatre des provinces s’ajoute la fermeture tous les dimanches. C’est donc dire que pour plusieurs de nos concitoyens propriétaires et employés de commerces (autres que les stations-service, les dépanneurs, les bars, les pharmacies et les marchés d’alimentation), ils ont soixante jours de congé au lieu de six jours. Méchante différence en termes de frais d’exploitation et de pouvoir d’attraction pour le nouveau personnel.

Ça semble beaucoup soixante jours. Même trop. Mais quand on y pense. les travailleurs « normaux », ceux des bureaux, de la fonction publique, etc., jouissent de 110 jours de congé environ par année, c’est-à-dire tous leurs week-ends plus les jours fériés normaux.
Comment en sommes-nous arrivés à quêter pour sept maigres jours de congé et à devoir se rendre à genoux à Québec pour éviter l’ouverture des magasins le 1er juillet prochain, ce qui réduirait le nombre de congés au Québec à cinq jours.

Les coupables, c’est nous. Contrairement aux autres provinces, nous avons laissé les supermarchés, les grandes surfaces généralistes et les pharmacies occuper tout l’espace politique.
Pourtant, comme la quasi-totalité des autres provinces, notamment nos deux voisines, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, il nous semblerait normal de pouvoir également faire une pause le Vendredi Saint, à la Fête de Dollar (Fête de la Reine) et à l’Action de grâce. Même les États du Vermont et du Maine prennent le temps de célébrer les fêtes importantes.
Non, vraiment, n’avoir pour congés que le jour de l’An, Pâques, la Fête nationale du Québec, la fête du Travail et Noël, c’est inacceptable.
Dans ce dossier, le manque de leadership politique s’exprime par des demi-décisions à la Salomon, du genre « permettre » aux commerces d’ouvrir telle ou telle date. Le gouvernement sait bien qu’en ne tranchant pas, la loi du marché s’établit, et tout le monde se sent forcé d’ouvrir. Presque tous nos membres ont dû ouvrir le 2 janvier dernier, et ce sont les patrons qui travaillaient.
La vraie solution consiste à fermement décréter deux choses : les jours où l’ouverture des commerces est interdite, sauf exemptions précises, et le respect intégral des raisons d’être des entreprises.
On entend en effet dire que Canadian Tire vendra de la nourriture et que Jean Coutu offrira de la quincaillerie. Où s’en va-t-on si tout le monde peut vendre n’importe quoi, n’importe quand, à n’importe qui?
D’apparences anodines, les décisions concernant le nombre de jours de fermeture obligatoire et l’application au pied de la lettre des missions d’entreprise pour éviter la concurrence déloyale lors de ces journées de la part des commerces jouissant de certaines exceptions, ont un véritable impact sociétal. Nos membres sont des gens d’affaires qui savent compter : le nombre de jours d’ouverture de leurs magasins n’a pas pour effet de grossir le budget des dépenses de la population; le phénomène ne fait qu’étendre leurs dépenses sur un plus grand nombre de jours.
Chaque journée de plus fait croître leur difficulté à intéresser la génération X à travailler chez elle, elle qui semble prioriser l’équilibre travail et vie sociale plus que les autres groupes d’âge.
Quant à l’ouverture les dimanches, je partage simplement avec vous le constat que nos collègues et concitoyens de l’Île-du-Prince-Édouard, du Manitoba, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, où la tradition d’un jour de pause commerciale par semaine a été maintenue, semble bien se porter à tous points de vue. Les statistiques d’achat per capita ou de la valeur du panier moyen sont proportionnellement semblables à celles d’ici. Autrement dit, ce qu’on dépense sur sept jours ici est dépensé en cinq ou six jours ailleurs.
Mais je ne voudrais gâcher cette semaine de festivités en abordant un sujet aussi délicat que la question des dimanches…


C’est tous les jours lundi

Un vent de passéisme a soufflé frais dans les esprits des congressistes, le 15 mars, quand un membre s’est rappelé tout haut la belle époque des dimanches sans commerce. L’ère a semblé révolue. Jusqu’au moment où un autre a lancé que le dimanche continuait d’être sacré dans plusieurs provinces et États de l’Amérique.

Ah oui?

Eh bien! oui. Les sceptiques seront confondus d’apprendre que les quincailleries et les centres de rénovation de la Nouvelle-Écosse, du Manitoba, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick n’ouvrent pas les dimanches. De fait, aucun commerce n’ouvre, à part les marchés d’alimentation, les pharmacies, les restaurants, les bars et les stations-services.

Histoire de s’entrer un couteau dans la plaie, cela veut dire que nos collègues de ces provinces bénéficient de pratiquement deux mois de congé!

Par rapport à nos chiches six jours actuels, pas de comparaison possible. Les différences sont trop extrêmes. Je suis bouche bée et clavier coupé.

C’est comme si la fameuse différence canadienne, que vénère souvent le cinéaste Michael Moore et bien d’autres américains jaloux de notre caractère européen, ne s’exprimait pas au Québec. Comme si seul le modèle floridien nous inspirait, alors que des villes américaines tout près se gouvernent sur d’autres modèles que celui du 24 h/7 j. Nous ne sommes quand même pas des dépanneurs!

Pourtant, comme disent les anglais, « money talks », ou pourrait-on dire : « seul l’argent a un sens ». Du moins pour les gens d’affaires. Or, aucune étude ne démontre que plus on ouvre de longues heures, plus on vend. Par contre, les coûts d’exploitation, eux, grimpent. Qui peut croire qu’un consommateur va acheter plus si son magasin est ouvert plus longtemps? Il est le même individu avec le même budget, peu importe les heures d’ouverture.

Même les conservatrices Alberta et Ontario permettent neuf jours de congé par année à leurs commerçants et à leurs employés. La Colombie-Britannique aussi. C’est même un peu mieux en Saskatchewan, à Terre-Neuve et au Nouveau-Brunswick, où on accorde dix jours fériés par année.

Quand je regarde le paysage statistique au regard de notre résolution votée en assemblée générale − laquelle propose au gouvernement le retour à sept jours de congé − je me dis qu’on est modestes dans nos demandes. En tout cas, personne ne va nous qualifier d’extrémistes!

Le problème est ailleurs. Il est dans la permissivité qu’on s’est donnée de laisser tout commerce vendre n’importe quoi. Ailleurs, les raisons d’être d’entreprises semblent appliquées avec plus de fermeté qu’ici. Nous reviendrons sur cette question fondamentale.

Pour l’heure, étant convoqué au cabinet du ministre Bachand, je m’en vais à Québec et vous en dirai plus la semaine prochaine…


Étape politico-économique franchie

Tout a commencé dimanche. Dimanche dernier. Soixante-dix marchands et fournisseurs ont bravé l’affront du beau temps et ont fait fi de leur horaire déjà surchargé pour répondre à l’appel de leur association.

C’était beau à voir. Des Home Hardware, des Coop, des RONA, des PRO et des Ace en devenir, beaucoup d’indépendants, tous ensemble, avec les fournisseurs, venus apprendre les dernières tendances du rénovateur, les secrets des grandes surfaces, les projets gouvernementaux. Mais c’est surtout de les voir discuter « des vraies affaires », autour de tables à huit, et de constater qu’ils ramaient de manière ordonnée et passionnée, unis, eux concurrents tous les autres jours, c’est cela qui était émouvant. Les quatre ateliers de l’après-midi ont donc filé vite…

Voilà des moments qui donnent un sens, non! qui donnent LE sens à mon travail à l’AQMAT.

On m’a choisi comme porte-parole. Mais sans congrès, sans prises de position, de quoi puis-je porte-paroler? Annoncer qu’il a grêlé au tournoi de golf n’intéresserait même pas TQS.

D’entrée de jeu, j’avais demandé aux congressistes s’ils étaient conscients de participer à une journée historique. C’est sur la base de ce noyau dur de 70 personnes que va s’échafauder la nouvelle gouvernance, le nouveau dialogue entre les membres de l’AQMAT, petits et gros, jeunes et vieux.

C’est la renaissance de l’association patronale, rien de moins.

Je dis « renaissance » parce que l’association existe déjà, depuis 1940 en fait. Cependant, il faut avoir pris le temps de relire les journaux de l’époque et les premiers numéros de Quart de Rond pour constater la puissance qu’avait notre groupe. C’est inimaginable. Il n’y a pas un ministre à Québec qui aurait osé annoncer une mesure ou préparer son budget sans avoir consulté notre association dans les années 40, 50, 60, 70 même.

Puis le monde s’est mis à tourner plus vite. Pendant que les agriculteurs renforçaient leur UPA, pendant que les contracteurs et autres corps de métier de la construction se déployaient avec l’ACQ, l’APCHQ et autres, nous, on s’est repliés. On a arrêté de se réunir et de prendre des positions touchant les vraies affaires, la business. On a fermé le grand salon qu’on organisait. On a rempli notre magazine de chroniques déjà publiées ailleurs. On a abandonné tout colloque ou congrès. Puis l’assemblée générale, lieu par excellence des débats de tout organisme, est devenu celui des formalités, adoptées sans enthousiasme.

Certes, nos tournois de golf et nos parties d’huîtres sont réussis. Mais c’est comme si la mondialisation, les Chinois, les big boxes, tout ça nous avait amené dans un état de fatalisme, comme si nous ne pouvions plus avoir d’impact sur notre destinée. Comme si les dés étaient joués.

Vous aviez oublié votre force.

L’habitation, avec ce que cela recèle d’achats et de travaux de réparation et d’entretien, de construction et de rénovation, de décoration aussi et d’aménagement extérieur, forme l’un des quatre pylônes sur lequel repose le commerce de détail aux côtés de l’automobile, de l’alimentation et des pharmacies. Mais en plus, nous autres, on représente le secteur que les gens aiment le plus au monde : leur maison. Leur cocon.

Les autres associations ne vont pas défendre votre profession ni promouvoir vos intérêts. Seule l’AQMAT le fera. Personne ne va corriger les abus ni les inégalités dans les lois si l’AQMAT ne le fait pas.

Mais c’est qui l’AQMAT? Ce sont les 70 premiers congressistes. Individuellement, ils pèsent peu. Mais en vertu du groupe solidaire qu’ils ont formé le dimanche 15 mars 2009, ils prennent de la force.

Ces « super-aqmatiens » vont se multiplier en cours d’année et seront, c’est sûr, deux fois plus nombreux l’an prochain.

Le Congrès des décideurs, d’ici quelques années, rassemblera 500 personnes et s’étalera sur plusieurs journées. Des ministres souhaiteront venir y parler. Des journalistes s’en serviront pour leur une du lendemain.

C’est promis. C’est écrit.

Imprimez cette prédiction. Dans votre cœur. Dans votre porte-feuille. Dans votre agenda.


Cherchez la femme

Attention à mon titre. Je n’ai pas dit que je cherchais UNE femme. J’en ai déjà une, et d’ailleurs, elle lit mon blogue, alors…

Non, je parle de toutes les femmes, vous savez, celles qui ont la journée du 8 mars pour elles. Celles qui sont propriétaires de quincailleries et de centres de matériaux. Celles qui occupent des postes de cadres chez nombre de distributeurs et de fabricants. C’est elles que je cherche. Il en faut au conseil d’administration de l’AQMAT.

Hé! les gars, on fait un peu dur. En 2009, aucune femme ne siège au conseil de notre association. De quoi a-t-on l’air comparé au cabinet 50-50 du premier ministre Charest?

Les mises en candidature se terminent ce jeudi. L’élection du nouveau conseil se fait dimanche. Faites part de vos propositions dès maintenant à rdarveau@aqmat.org.


Marge d’erreur rétrécie

Le droit à l’erreur existe moins en temps de crise. Commander trop ou pas assez, se tromper dans ses promotions, passer à côté de l’article le plus hot de l’été sont quelques exemples qui peuvent faire la différence, surtout en temps de récession.

Parce que l’argent se fait plus rare, distributeurs et manufacturiers qui vont exposer dans les divers salons de bannières qui commencent dans les prochaines semaines doivent mettre toutes les chances de leur côté en proposant des produits, en fait des solutions, qui vont se vendre vite et bien aux consommateurs.

Pour leur part, les marchands doivent visualiser la marchandise du point de vue du consommateur pour se demander si celle-ci trouvera preneur ou si elle encombrera longtemps les tablettes du magasin.

Autant je constate que nos quincailliers et leurs fournisseurs connaissent ce qu’ils vendent, autant je suis surpris par le peu d’intérêt qu’ils manifestent à l’égard de ceux qui n’achètent pas d’eux. Ce sont là, pourtant, de bien meilleures sources d’information.

Ainsi, à mon arrivée en poste, j’ai surtout consacré mes énergies à aller rencontrer les non-membres pour comprendre pourquoi ils levaient le nez sur l’association créée pour eux. C’est leur feedback qui m’a guidé, bien plus que l’information provenant des fidèles.

C’est fou ce qu’apprendront, le 15 mars, les participants au Congrès des décideurs! Sans avoir encore eu accès aux résultats du sondage qui vient de se terminer vendredi, j’en sais assez pour affirmer que plusieurs préjugés vont tomber. Vos clients potentiels sont possiblement nombreux; encore faut-il que vous les connaissiez pour leur plaire.

L’offre de produits n’est pas tout. Même que certains diront que c’est secondaire; c’est le service qui compte. Où est la vérité? Notre sondage révélera l’importance qu’accordent les rénovateurs et les acheteurs à votre politique de bas prix, à la courtoisie et à l’expertise de votre personnel, à l’emplacement de votre magasin et à la réputation de votre bannière. Drôlement utile, non?

On peut aussi tirer des apprentissages utiles des big boxes américains, Lowe’s en particulier, dont le service de recherche et développement est tellement important. Les désirs des consommateurs de demain, ils les connaissent déjà. Ce sera l’essentiel de la présentation que fera au congrès, traduite en français, Michael McLarney, éditeur de Hardlines.

C’est le temps, maintenant, avant vendredi, d’économiser 50 $, de vous inscrire au Congrès des décideurs. Écrivez à Sylvie Pelletier à spelletier@aqmat.org ou cliquez ici.


Beau temps pour l’empowerment

Difficile de traduire le néologisme américain « empowerment » par un seul mot français. Comme c’est souvent le cas, dans notre langue, c’est plus long, plus plate aussi. On pourrait dire « donner du pouvoir à la personne ».

L’empowerment, selon Wikipedia, est le processus d’acquisition d’un « pouvoir », le pouvoir de travailler, de gagner son pain, de décider de son destin de vie sociale en respectant les besoins et conditions de la société. L’autonomie d’une personne lui permet d’exister dans la collectivité sans constituer un fardeau pour celle-ci. La personne autonome est une force pour la collectivité.

C’est ce que l’AQMAT vous offre, le 15 mars, au Complexe Desjardins à Montréal. Une journée pour prendre ou reprendre votre destin en main.

Seuls, même si vous êtes patron d’un grand magasin ou d’une super usine, vous êtes beaucoup moins puissants qu’en groupe. Ce groupe, c’est l’AQMAT: 14 milliards de dollars de chiffre d’affaires combiné, 14 millions de pieds carrés occupés au Québec, plus de 20 000 emplois à plein temps.

Par ailleurs, un groupe est aussi insignifiant qu’un tigre fait de papier s’il n’est pas composé d’individus déterminés à jouer un rôle actif dans les décisions économiques, financières et politiques qui les concernent.

C’est ce dont parlait le hockeyeur-vedette Paul Henderson jeudi dernier à Moncton, devant nos collègues des provinces atlantiques sous l’égide de l’ABSDA.

La fameuse série de 1972 entre le Canada et les Soviets. Rivalité entre l’Amérique des individus et l’URSS socialiste, les deux extrêmes, le monde bipolaire sur une même glace, face à face.

Chaque camp avait son avantage et sa lacune. À gauche, une armée bien huilée de soldats; à droite, le talent réuni des meilleurs de la LNH.

Il aura fallu Phil Esposito pour expliquer dans le vestiaire les limites de l’individu. Lui, pourtant si talentueux et déterminé, avait mis le doigt sur le bobo nord-américain : le nombrilisme.

Il aura été nécessaire que les joueurs comprennent tard, mais juste à temps, en fait à 32 secondes je crois avant l’apocalypse du match final! que la synergie d’une équipe n’empêchait pas ses composantes de s’exprimer. La bonne vieille logique russe de la mathématique 1 + 1 = 2 cédait enfin devant la magie du 1 + 1 = 3 qui caractérise l’Amérique.

Henderson a bien exposé que son effort surhumain pour marquer in extremis résulte d’une équipe coordonnée, et vice versa, le groupe sans ses éléments aurait été insuffisant. Ce que la défaite soviétique a démontré.

À tout seigneur, tout honneur, la Série du siècle avait aussi montré aux Canadiens qu’à l’autre bout du monde glacé, on savait aussi jouer de la rondelle. Depuis, l’adversité, on fait avec. Sur nos patinoires et dans nos commerces.

Un grand détour dans le temps pour dire aux détaillants et fournisseurs de quincaillerie et de matériaux de construction de vous tenir debout, que vous êtes, ensemble, devant la crise, devant la mondialisation et tout autre phénomène difficilqui semble vous dépasser. Venez le 15 mars prendre part aux débats de l’heure dans notre secteur d’activité. Venez chercher et commenter l’information hyperstratégique sur votre marché et mieux comprendre les intentions des consommateurs (en fait, de plus en plus des consommatrices!).

Il n’est pas trop tard. Ni pour enrichir le contenu du Congrès des décideurs, ni pour s’y inscrire. Communiquez avec Sylvie Pelletier au 450 646-5842, poste 224, pour obtenir plus de renseignements sur l’événement. Et faites un petit effort pour répondre au sondage en cliquant ici afin de donner aux organisateurs votre opinion sur les sujets abordés et surtout sur les autres problèmes que nous aurions omis de mettre au programme.

Et pour les plus jeunes ou les nostalgiques, voici le fameux but de Sir Paul.


À propos d’indépendance

Mais non, je ne vais pas maventurer à parler de souverainisme. Je ne commenterai pas non plus la nouvelle bataille des Plaines d’Abraham. Je me dois quand même de parler d’indépendance.

Pourquoi le dois-je? Parce qu’à mon arrivée, on m’a raconté qu’il n’y avait plus vraiment de magasins indépendants au Québec dans notre secteur d’activité. Depuis, je reçois des informations ou des opinions contraires.

Ainsi, sur les lieux du salon LBMAO à Toronto, il y a deux semaines. j’ai assisté à une conférence sur le combat entre indépendants et big boxes, une lutte, semble-t-il, tout à fait d’actualité. J’ai aussi entendu cette semaine le grand patron de Home Hardware parler de son groupe comme d’une coopérative composée d’indépendants. Le sens des mots évolue. J’ai entendu à Victoriaville, jeudi dernier, le directeur général Daniel Rioux qualifier son groupe d’achats MatPlus de plus grand rassemblement d’indépendants au Canada. J’ai en mémoire un membre qui s’était montré étonné que Canac Marquis Grenier soit qualifié d’indépendant dans la revue Quart de Rond. Peut-on être trop indépendant au goût même des indépendants?
Que cela est confondant! Ne trouvez-vous pas?

Donc, pour certains, un indépendant se doit d’être petit et de le rester, au risque, sinon, de perdre son statut. Comme c’est curieux! On m’a toujours appris que l’autonomie se gagnait avec la puissance… Il y a d’ailleurs des corporations de toutes les tailles dans l’Independant Lumber Dealers Cooperative (ILDC).

Pour d’autres, l’indépendant, c’est celui qui a le choix d’acheter ou non du siège social de sa bannière. Or, la très grande majorité des magasins bénéficient d’une certaine tolérance du siège social pour acheter localement et directement. C’est le cas, par exemple, de tous les RONA, de tous les BMR, me disent ses affiliés, sauf bien sûr les magasins corporatifs, qui appartiennent au siège social en quelque sorte.

Alors ou tracer la ligne entre un indépendant et un « dépendant »?

La réponse ne viendra pas du premier ministre cette semaine qui aura peine à garder une certaine indépendance devant le grand frère américain en visite à Ottawa. Elle viendra de l’éditeur de Hardlines, à notre congrès, le 15 mars. C’est son devoir. Il est mandaté pour nous livrer un exposé clair et complet des types de propriété de magasin et le portrait de la position de toutes les bannières.

Pour plus de renseignements sur le Congrès des décideurs, cliquez ici.

Quoi qu’il en soit, comme le chantait feu Sylvain Lelièvre :

On est toujours un peu l’Iroquois de quelqu’un
Que l’on soit Québécois, Breton, Nègre ou Cajun
Je vous laisse à chanter quel peut être le vôtre
On est toujours l’Indigène d’un autre