Le blog de Richard


L’éthique au tact

Ce n’est qu’une question de temps avant que l’éthique soit incorporée dans tout et partout. Dans votre entreprise aussi, pas seulement dans les administrations publiques. La transparence est sur toutes les lèvres. Même sur celles de votre couple!

En effet, s’il y a eu récession sur le plan économique en 2009, il est tout aussi vrai d’affirmer qu’il y a eu enflure sur le plan de la gouvernance. Pas un jour de l’année ne s’est écoulé sans que des questions d’ordre moral ou de fairplay ne soient soulevées.

On ne se demande plus si nos soldats ont torturé l’ennemi capturé, mais si on ne serait pas un peu responsables dans l’éventualité où leurs frères afghans, eux, les maltraitent plus tard. On est rendus vraiment loin. Je ne dis pas « trop loin ». Je dis juste « loin ». Les prisonniers de guerre au Vietnam n’ont pas reçu la même attention…

L’ébauche d’un code de conduite encadrant le comportement du duopole du crédit Visa et MasterCard enfin proposée par le ministre des Finances du Canada, la réforme votée cette semaine de la Loi sur la protection du consommateur presque inchangée depuis trente ans, le Sommet sur les changements climatiques qui s’amorce au Danemark avec plus de 70 chefs d’État au lieu des 5 ou 6 purs et durs habituels, l’application obligée de l’équité salariale d’ici la fin de l’année qui vient, l’inévitable commission d’enquête sur l’industrie de la construction, la réforme des procédures d’attribution de contrats municipaux, le financement des partis politiques qui vise au départ les règles de neutralité, la nouvelle Loi sur les compagnies adoptée par l’Assemblée nationale ce 1er décembre et qui forcera l’accès à l’information pour les petits investisseurs, la récente réglementation qui est venue encadrer les actions des lobbyistes après le grand ménage provoqué par la commission Gomery, sans oublier la simplification à venir du Code de procédure civile pour en réduire le coût et les délais, tout ceci et bien plus encore montre qu’on progresse sur les questions d’éthique à la vitesse grand V.

Tic tac. Finies les tactiques. Place à l’éthique. Et au tact. Même l’icône Tiger a dû passer à la parole après l’acte, et ronronner plutôt que rugir.

Plus ça change, moins c’est pareil.


Payés à la commission

Personne d’entre nous ne croit une seconde que la collusion existant dans la construction, impliquant souvent des firmes d’ingénierie, se limite à l’île de Montréal et a vu le jour sous l’ère de Gérald Tremblay.

Tout le monde sait aussi que les appels d’offres « pipées » et les contrats aux amis ne sont pas l’apanage des constructeurs. Ces procédés sont généralisés.

Exemple facile : un gestionnaire de programme public bénéficie d’un pouvoir de dépense sans devoir procéder par appel d’offres et quasiment sans contrôle lorsque les commandes sont en deçà d’un certain montant. La solution à sa portée est facile : il demande à ses « amis » de toujours lui fournir des propositions divisées en phases qui, par hasard, se situent toutes juste au-dessous du plafond discrétionnaire permis.

C’est donc plus d’une commission d’enquête qu’il faudrait mettre sur pied. Un grand nettoyage éthique est requis pour assainir nos mœurs d’affaires et le comportement des gestionnaires du produit de nos taxes et impôts.

Si on payait nos dirigeants politiques « à la commission », peut-être les pourboires que les rumeurs les accusent d’encaisser deviendraient-ils superflus…

Mauvaise blague. Je voulais simplement ajouter ma voix à celle des 76 % de Québécois sondés* qui demandent au gouvernement du Québec de ne plus attendre avant d’instituer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction. Un dossier pas mal plus important que celui des accommodements raisonnables…

* Sondage Léger Marketing-Le Journal de Montréal-TVA


Lortaugraf

Qel bonne nouvel cet sinplificacion du franssais dont les journal ont parler.

Fini de se casser la tete et de fair compliqué.

Et poussons sur la minis pour écrir pas jus nimporte qoi, mais aussi nimporte comment. Nivlons lélève par le bas.

La paraisse au pouvoir.

C’est foul chil com mezur!


Le mois des salons

Novembre, mois des morts, comme d’habitude. Non, pas comme d’habitude. Un très proche cousin vient de voir sa jeune quarantaine happée par une tumeur au cerveau. Quelques mois ont suffi. Il est exposé au salon demain.

Par chance, le soleil luit. Ses filles grandissent. Vue ainsi, la vie est éternelle…

Parlant de salons, mon Dieu que le mois est vivant! À évoquer seulement les foires directement reliées à notre industrie, on a le tournis. À l’intérieur d’une vingtaine de jours, au Québec seulement, se tiennent les salons suivants :
− BMR les 5-6 novembre

− CanWel les 21-22 novembre

− Coop/Unimat les 25-26 novembre

− RONA les 27-28 novembre

Pensons aussi qu’en amont et en aval des dates mentionnées, il y a le montage et le démontage. Et ce n’est pas parce qu’il y a des salons à monter et à animer que le travail normal de la semaine se fait plus léger.

Que je n’aimerais pas être un représentant des ventes ou un agent dans la quincaillerie ou les matériaux en ce novembre! Les week-ends en famille se font rares. Le monde dans les stands est plus vert que les produits écolos qu’ils vantent. Vite les doses de vitamines ou d’échinacée pour suppléer au souffle court ou aux étourdissements!

Je chiale, mais voyons le côté brillant de la situation : tous ces salons aux emplacements d’exposition bien occupés et aux allées souvent bondées prouvent que notre secteur d’activité se porte bien. Alors, au fond, ce novembre fou dans la vie personnelle est une bénédiction attendue chaque année par les reps. Sans ce novembre, ce n’est pas un douzième de leur revenu qui manquerait, c’est peut-être le tiers de leur année.

Alors célébrons novembre. Profitons- en. Vivons chaque moment passé au salon… comme si c’était notre dernier.


La santé congestionnée

Je m’étonne qu’on s’étonne. Les hôpitaux québécois sont généralement dépassés par les événements courants qu’apporte chacun des 365 jours de l’année, c’est-à-dire quand il n’y a pas de choléra 2.0 appelé A(H1N1), quand il n’y a ni pandémie ni épidémie. Juste des chutes sur les trottoirs et des otites. Alors pourquoi être surpris du chaos et de l’improvisation provoqués par l’arrivage boni, en moins de 60 jours, de 1,4 million de patients en mal justement de patience… et de vaccins… ou de coupons de vaccin!

Je m’étonne qu’on s’étonne. Même un dossier beaucoup plus tangible, fait de briques et de béton et non pas de panique et d’émotions, comme le CHUM, n’arrive pas à lever de terre depuis son annonce il y a quatorze ans et six milliards de dollars plus tard. Et je ne fais pas ici de politique puisque le surplace du dossier a traversé six ministres de la Santé et quatre premiers ministres de toutes allégeances.

On a raison de craindre la grippe. De s’en prévenir au point de s’en vacciner. On la vaincra. Un mal chronique d’efficience et de gros bon sens ne semble toutefois pas près de trouver son remède; cette congestion à laquelle il faudra un jour s’attaquer qui règne en fou au sein du ministère de la Santé et des services sociaux du Québec. Ce département siphonne nos taxes et une grosse part des intérêts sur la dette cumulée du gouvernement. Son anémie entrave la bonne marche économique de nos entreprises et nuit à la paix sociale et personnelle, marques de commerce de l’Amérique du Nord.

Excusez ma frustration. Je ne pouvais contenir cet éternuement.


Le bon, la brute et les truands

Le bon, c’est Gérald. Il est si gentil qu’on va l’appeler ici par son prénom. On voudrait tous un oncle comme ça. Le genre candide, fin, qui tourne les coins ronds. Mais a-t-il géré en bon père de famille bienveillant? Mon propre papa s’appelle Gérald. À la différence qu’il a toujours veillé sur nos intérêts.

La brute, c’est la madame Harel. La mèche courte et rebelle. Dure. Dure à aimer aussi. Elle tourne les coins ni ronds ni carrés : elle avance, point. C’est sûr qu’on ne la voudrait pas comme marraine parce que les cadeaux seraient rares. Comme maire plutôt que comme mère. L’administration aurait des dents, mais aurait-elle de la dentelle?

Je ne parle pas de Richard Bergeron, sinon que pour deviner ce que pourrait faire cet émotif au jugement faillible avec 4 milliards de dollars entre les mains. Il n’a pas besoin de prendre le pouvoir pour qu’on imagine que ses dehors de démocrate hypertrophié peuvent cacher un impulsif qui pourrait diriger Montréal… droit dans le mur!

Le pire dans tout cela, c’est que les jeux semblent se décider ailleurs que dans le bureau ovale (en fait, je ne sais pas s’il est ovale, celui-là) de l’Hôtel de ville. Car il y a deux Montréal. Non, il y en a trois.

Il y a la ville en tant que territoire et métropole. Le surplace du CHUM, la perpétuelle congestion des routes et des ponts, les limites de l’aéroport, autant de dossiers sur lesquels le maire ou la mairesse ont peu de prise.

Il y a la ville en tant que Ville. L’administrative. Le bon a acheté chèrement la paix avec ses banlieues internes et multilinguistiques, la brute voudra les deux mains sur le volant au prix même de la paix sociale. L’autre improviserait.

Puis il y a la vraie ville. La communauté. Avec ses truands et leurs acolytes, qui salissent le sens noble du capitalisme joué dans les règles. Je ne vous les présente pas, les médias s’en chargent. Heureusement, d’ailleurs. Ils sont notre espoir.

C’est ça la seule et véritable question à se poser dans l’isoloir, à Montréal comme dans les centaines d’autres municipalités aux urnes ce premier novembre : qui a la bonté du cœur et j’ose dire la force brute pour qu’on cesse de nous mener en bateau?


Notre secteur d’activité et les autres

La plupart des gars aiment les beaux chars. Les filles aussi aiment les voitures, sauf qu’elles l’admettent rarement. Elles se prononcent plus aisément sur les chaussures. Remarquez, je connais aussi quelques gars qui aiment les belles chaussures, je ne les nommerai pas, histoire de préserver leur dignité mâle.

Sauf que tout en haut de la pyramide des biens de consommation, au-dessus même des vacances à Bornéo ou de la télé plate (je parle de l’écran, pas du contenu, quoique certains jours… mais ça, c’est un autre sujet), il y a la maison qui trône. Construire ou rénover une maison demeure la chose la plus chère, la plus valorisante qu’on puisse se procurer au cours d’une vie.

On a beau en être à son troisième ou quatrième achat de maison, la démarche et le résultat ne se comparent avec rien d’autre. La dernière acquisition est la plus belle, du moins la plus appréciée parce qu’elle est à nous maintenant.

C’est sentimental. On pleure ou presque quand on vend et quand on achète une propriété. On est heureux, que dis-je, bienheureux quand nos proches admirent nos travaux de rénovation fraîchement accomplis.

La nourriture et, partant, les activités agroalimentaires, ont aussi le pouvoir de nous toucher. Dans l’éphémère cependant. Sans le feeling d’éternité qui s’empare de nous le premier jour, la première nuit, dans notre nouvelle demeure.

Tout cela pour rappeler à quel point nous travaillons dans un secteur absolument privilégié. Vous êtes quincaillier ou dans les matériaux. C’est vrai, mais c’est incomplet. Vous êtes plus que quiconque des marchands de bonheur.

Je le sais. Aujourd’hui, je viens de tomber pour une belle victorienne, en pierres et mansardée, avec devant elle que des demeures du XIXe et derrière une ruelle champêtre contrastant avec le square Saint-Louis voisin. J’ai déjà en tête un puits de soleil dans la salle de bain et un solarium respirant le bois et la lumière.

Grosse dépense? Oui et non. Grande émotion et belle vie? Deux fois oui.

Aucune voiture − ni chaussure − n’arrivera jamais à la cheville de votre secteur d’activité : ma maison!


Le cœur à l’ouvrage

On peut bien googleliser, facebooker, s’emailer, dans les affaires, rien ne peut remplacer et ne remplacera une vraie poignée de main, un véritable échange de sourires, des relations entre des humains faits non pas de chair et d’os, comme les apparences portent à le croire, mais de sentiments, d’intentions, bref, de vie.

On a beau communiquer via Quart de Rond, l’infolettre Xpress et ce blogue, tout cela ne fait pas le poids en comparaison avec la possibilité de voir, avec son intelligence, avec ses sens, des marchands et des fournisseurs blaguer, se remémorer, créer, inventer, négocier, s’entendre sur des affaires, dans un cadre convivial comme celui créé hier, le 7 octobre, à l’occasion de la première soirée « Réseautage et gastronomie » de l’automne organisée par l’AQMAT.

C’était bon, c’était beau, c’était utile. On voyait le cœur à l’ouvrage. Ce que jamais le courriel ou le Web ne feront battre.

Comme quoi les choses simples et traditionnelles ont heureusement encore leur place.

Psitt! Une autre soirée « Réseautage et gastronomie », cette fois à Québec, aura lieu le 11 novembre.


Taxer juste, c’est agir avec vision

Je ne me ferai que des amis en écrivant que les gouvernements doivent surtaxer la consommation des produits néfastes. En spécifiant les produits visés, certains passeront dans le camp ennemi parce qu’ils en font (trop) usage. Je pense ici aux produits du tabac, aux boissons alcoolisées, aux aliments vides sur le plan nutritif et, bien sûr, aux grosses cylindrées (sauf pour usage professionnel). D’autres ajouteraient les services de bronzage ou de chirurgie esthétique, les courses de voitures, etc.

On arrête où, au fait?

L’État est mal barré s’il se dirige dans cette voie. Il fait encore plus mauvaise route s’il se met à tarifer « steady pis égal » tout le monde, confondant alors deux mots proches : l’équité et l’égalité.

Tout le monde, à gauche comme à droite, sera d’accord pour dire que les familles nombreuses et pauvres ne pourraient ingérer une augmentation des tarifs d’électricité aussi facilement qu’un couple aisé et consommateur.

De telles mesures ne feront qu’exacerber une frange de nos compatriotes, dont on fait tous partie à un moment ou à un autre. Se considérant alors victimes, voire martyrs, les surtaxés enragent contre le percepteur et, par extension, contre l’autre population, la plus verte, plus saine, plus énervante pour eux.

De fait, de telles mesures, tout comme les tickets modérateurs, ont autant d’effet que des diachylons sur des bobos. Il faut s’attaquer à la racine des maux pour les régler.

Ainsi, avant de surpénaliser les gestes négatifs envers la planète, il convient de s’assurer de ne pas alourdir la charge fiscale globale. Tous les statisticiens nous la sorte parce qu’elle est fondée : on est fortement imposés. Faut pas en rajouter. Par exemple, j’ai une amie qui était tout heureuse de revenir au Québec après quelques années à Toronto, d’autant plus qu’elle gagnerait 3 000 $ supplémentaire. Elle déchante après sa première paie, car son revenu net est inférieur d’environ 2 000 $!

Une pression maximale pèse sur les revenus du travailleur québécois. Il faut certes réorienter les modes de production et de consommation vers un modèle plus durable, sans cependant toucher ni le pouvoir d’achat des ménages, ni la compétitivité des entreprises, ni le budget de l’État.

Une délicate ingénierie fiscale doit commencer pour faire en sorte que les modes de production − et pas seulement de consommation − les plus respectueux de l’environnement deviennent financièrement les plus avantageux et les comportements écoresponsables s’imposeront d’eux-mêmes. Les recettes générées par une approche dite de « fiscalité verte » sont naturellement appelées à décroître progressivement, affaissement en revanche compensée par un allègement des dépenses sèches. Par exemple, la diminution du trafic automobile induira une réduction des budgets pour l’entretien des routes, des frais de santé liés à la pollution, des coûts liés au temps perdu dans les embouteillages, etc.

Je suis de l’école qui prétend que pour être équitable, on est parfois obligé d’être inégal. Cette même façon de penser préférera la discrimination au nivellement vers les médianes. Haussons le ton en faveur d’un développement durable et éduquons plutôt que de simplement hausser nos taxes et nos impôts.


Ouf! c’est pas moi

Moi qui suis de nature cartésienne, j’avoue avoir commencé à douter. Les faits s’imposaient, les preuves s’accumulaient, contre moi. Je portais la guigne. J’entendais déjà le verdict cinglant : « Sais-tu que depuis que Darveau est en poste, il fait laid en s’il vous plait aux tournois de golf? »

En effet.

En plein début d’été 2008, il fait beau et chaud tout le temps, sauf ce 10 juin : le ciel s’abat sur le club de golf de Sainte-Madeleine et déferle sur nos têtes et nos autos des grêlons plus gros que des balles de golf. La plupart des golfeurs ne jouent que sept ou huit trous.

Fin d’été 2008, 14 septembre, veille de l’édition de Québec, mes collaboratrices et moi cherchons les adresses de courriel et les numéros de téléphone de tous les inscrits pour leur annoncer qu’on doit annuler l’événement du lendemain. La pluie donne au terrain du Club de golf Lorette les allures des Everglades et le vent à 45˚ est prêt à écorner le taureau que je suis. À défaut d’avoir en mains toutes leurs coordonnées, on en est quitte pour tenir l’activité malgré tout. Le froid empêche les participants de trop maugréer, ils sont trop gelés, les énergies sont gardées pour le réseautage. On s’abreuve aussi d’espoir : 2009 ne peut être pire.

Or, 2009 a commencé pire. Le 15 juin de cette année, par un froid digne de novembre et des pluies londoniennes, nos plus braves terminent neuf trous piteusement, sauf quelques durs à mouiller qui complètent le parcours. Même l’espoir s’est noyé ce jour-là, cédant la place à la fatalité : désormais, les golfs de l’AQMAT, c’est mauvais pour le jeu, mais bon pour les affaires, la bière aux tables de huit remplaçant les conseils techniques en quatuors.

Heureusement, en dépit de cet été 2009 meurtrier sur le plan météo et malgré que notre édition de Québec ne se soit jamais tenue aussi tard qu’un 21 septembre, on a eu droit, lundi dernier, à un jour béni entre tous. Vingt-trois degrés gorgés de soleil, sur Québec-la-froide en plus, miracle impensable et inespéré.

Radieux je suis maintenant. Nostradamus peut aller se rhabiller.