Rapport des études économiques de BMO : Guide de l’inflation persistante

Alors que l’inflation est en hausse et que la pression s’exerçant sur les taux d’intérêt crée plus de risques, une étude de la BMO livre plusieurs éclairages qu’on vous partage aujourd’hui.

« Nous continuons de croire que l’inflation sera plus persistante que la plupart des gens l’avait initialement imaginé, et que les hausses de taux d’intérêt pourraient survenir plus tôt, se déployer plus rapidement et atteindre un niveau un peu plus élevé que prévu », prévient Robert Kavcic, économiste principal, BMO Marchés des capitaux. Kavcic remarque que le contexte actuel n’a rien à voir avec la stagflation.

« Alors que l’on se concentre surtout sur les contraintes liées à l’offre, la réalité est que la demande est extrêmement robuste, les marchés de l’emploi sont serrés et le taux de chômage est en baisse. Il s’agit certainement d’un contexte inflationniste « moins mauvais » que certains épisodes passés, comme celui des années 1970. Des périodes comme la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale ou les années 1960 (dépenses sociales et de guerre accompagnées d’un faible taux de chômage, de taux d’intérêt bas et de nouvelles technologies) s’y comparent davantage. »

« À BMO Gestion mondiale d’actifs, nous croyons que l’inflation sera transitoire, mais qu’elle se maintiendra probablement plus longtemps que ce que la plupart des gens prévoient, jusqu’au cours du premier semestre de 2022, a indiqué Sadiq S. Adatia, chef des placements, BMO Gestion mondiale d’actifs. Nous voulons continuer à rester surpondérés en actions et nous concentrer sur les secteurs où nous voyons de bonnes compensations à la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt. Les secteurs nord-américains qui, selon nous, devraient faire bonne figure dans ce contexte comprennent les secteurs financiers et ceux liés à la réouverture de l’économie, comme l’énergie. »

Dans ce contexte, le rapport suggère plusieurs stratégies aux investisseurs.

Privilégier les actions, tout en les choisissant avec soin. Les actions canadiennes ont fait preuve de résilience, tandis que le rendement et la croissance des dividendes prennent une importance accrue dans un contexte de rendement total réel. Les secteurs du marché à plus forte croissance et à multiples plus élevés ont tendance à éprouver des difficultés lorsque les taux d’escompte augmentent.

Choisir des entreprises ayant un pouvoir de fixation des prix et la capacité de repasser la plupart des hausses de salaires et de coûts aux clients. Les entreprises qui font face à une concurrence limitée et qui vendent des articles dont la demande est inélastique (en raison de l’absence de substituts proches) sont susceptibles de préserver leur capital en période d’inflation croissante. Le Canada compte de nombreux noms ayant une riche histoire d’augmentations de dividendes qui répondent à ces critères.

L’immobilier a réussi à afficher des rendements positifs pendant les périodes d’inflation, même en tenant compte de la hausse des prix, ce qui signifie qu’il a offert une bonne protection. L’immobilier commercial semble moins gonflé à l’heure actuelle et devrait résister raisonnablement bien avec des conditions économiques sous-jacentes toujours fortes, bien que le secteur des bureaux soit confronté à des défis à plus long terme liés au télétravail.

Métaux précieux. D’autres actifs réels ont un rôle à jouer, y compris les couvertures traditionnelles contre l’inflation, comme les matières premières telles que les métaux précieux et l’or.

 

 

Acheter des billets protégés contre l’inflation. Les titres du Trésor protégés contre l’inflation paient un taux de rendement réel fixe, plus un rendement variable lié au taux d’inflation en vigueur. Plus l’inflation est élevée, plus le rendement combiné est important.

Diversifier géographiquement. L’inflation n’augmente pas partout. L’IPC du Japon, par exemple, était pratiquement à zéro en septembre. L’économie japonaise souffrirait certes d’un ralentissement mondial des exportations, mais elle aurait plus de chances d’éviter une récession que les pays à forte inflation, compte tenu des faibles taux d’intérêt.

Placer des fonds sur les marchés monétaires avant que les banques centrales ne déclenchent les taux. Bien que les rendements des marchés monétaires soient minces aujourd’hui, ils augmenteront lorsque la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine relèveront leurs taux directeurs, ce qui devrait se produire au cours du second semestre de 2022.

Garder un œil sur la dette. La hausse de l’inflation peut être une maigre consolation pour les ménages surendettés si les taux d’intérêt grimpent trop vite, ce qui pèse sur le coût des services. Pour ceux dont les finances sont déjà tendues et dont le pouvoir de négociation salariale est limité, la stratégie la plus sûre consiste à rembourser la dette si possible, ou du moins à éviter de contracter de nouveaux emprunts. La consolidation des prêts dans des produits à taux plus bas est également une bonne option.

Bloquer les coûts d’emprunt. Dans un contexte de hausse de l’inflation et des taux d’intérêt, les emprunteurs peuvent économiser de l’argent et réduire le risque de défaut en optant pour des taux fixes. Par exemple, dans le cas des prêts hypothécaires, compte tenu de notre prévision de base selon laquelle la Banque du Canada augmentera les taux directeurs de 150 points de base à partir du milieu de 2022, et de l’écart actuel de 100 points de base entre les prêts hypothécaires à 5 ans à taux variable et à taux fixe, les emprunteurs économiseraient quelque peu sur la période de cinq ans en bloquant leur taux.

 

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