L’industrie forestière conteste une étude sur les subventions gouvernementales et son état de santé

L’industrie forestière qualifie d’irresponsable une étude de l’Institut de recherche d’informations socioéconomiques (IRIS) au sujet de l’aide qu’elle reçoit de l’État.

Le Conseil de l’industrie forestière (CIFQ) réagit à létude de l’IRIS dévoilée cette semaine à l’effet que l’industrie de la forêt est en déclin et qu’elle rapporte moins que ce qu’elle coûte en subventions et autres aides de l’État.

L’étude de l’IRIS soutient que l’aide à l’industrie devrait atteindre pas moins de 485 millions $ cette année. Selon les deux chercheurs, l’État perçoit moitié moins en redevances forestières en 2013 par rapport à 2004, soit 0,41 $ par dollar versé à l’industrie, par rapport à 0,82 $ en 2004.

« Le portrait est clair, les subventions ne donnent rien, il y a un déclin constant de l’industrie, il y a un déclin du nombre d’emplois », a expliqué un des deux auteurs de l’étude, Bertrand Schepper, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne. « L’industrie est à la croisée des chemins. (…) Si on ne fait rien, le déclin va se poursuivre. Le statu quo ne peut plus durer. »

Le secteur de la transformation, soit la fabrication du bois, s’en tire beaucoup mieux que les deux autres secteurs, soit l’exploitation forestière ainsi que les pâtes et papiers, a néanmoins précisé M. Schepper.

Des solutions existent, selon le chercheur. Il serait temps d’investir plutôt dans la conversion des travailleurs et dans la diversification, exploiter davantage la biomasse.

Le CIFQ oppose ses propres données à celles des chercheurs et plaide même pour plus d’aide de l’État en recherche, notamment pour élaborer de nouveaux produits qui pourraient se substituer au plastique, ou encore, par exemple, remplacer les masques protecteurs.

« Pour nous, l’industrie forestière est rentable pour le Québec et il est faux et irresponsable de prétendre le contraire », a riposté le nouveau président du CIFQ, Jean-François Samray, en entrevue avec La Presse Canadienne hier.

Une nouvelle analyse commandée par le CIFQ à PricewaterhouseCoopers et obtenue par La Presse Canadienne suggère plutôt que l’industrie forestière a versé près de 5 milliards $ dans les coffres de l’État en 2019 et ses exportations s’élèvent à près de 10 milliards $. Cependant, elle n’analyse pas les diverses aides versées à l’industrie.

L’étude de l’IRIS affirme que l’industrie de la forêt employait près de 100 000 personnes en 2001, mais qu’il ne restait plus que 59 000 emplois en 2018.

M. Samray rétorque que l’industrie génère plus de 140 000 emplois directs et indirects, mais souligne que les volumes de bois disponibles pour l’industrie ont diminué de 30 % au fil des années, en plus de « gains en efficience » réalisés par les entreprises.

Pour augmenter le volume de bois à récolter, le CIFQ propose de permettre des travaux d’élagage et de « jardinage » près des villes, afin que ces forêts puissent être récoltées ultérieurement, à long terme. À noter que dans leurs recommandations, les chercheurs de l’IRIS penchent également pour l’exploitation des forêts de proximité.

L’étude a été très difficile à réaliser: il a fallu un an et pas moins de 200 demandes d’accès à l’information pour colliger les données.

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