Écofrais sur la vente des gros électroménagers : devrions-nous prioriser les réfrigérateurs ?

À la suite de la proposition du gouvernement du Québec d’imposer un écofrais sur la vente des gros électroménagers et en réaction aux divers reportages sur le sujet, le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) tient à recentrer le débat autour d’un objectif partagé par tous : la réduction des émissions de gaz à effet de serre provenant des appareils contenant des gaz réfrigérants mis en marché par ses membres. 

Le Conseil est tout à fait conscient qu’il y a urgence d’agir en cette matière et assure avoir proposé plusieurs solutions au gouvernement afin de permettre la récupération des gaz réfrigérants sans pénaliser outre mesure les consommateurs québécois.

« Le projet, sous sa forme actuelle, imposerait des écofrais sur tous les gros électroménagers, incluant ceux qui n’ont aucune trace de gaz réfrigérant, tels les laveuses, les sécheuses, les lave-vaisselles, les cuisinières, etc. Depuis le lancement de ce projet par l’ancien gouvernement, le CCCD a tenté de recentrer l’action gouvernementale autour de la récupération des gaz réfrigérants »,a déclaré Philippe Cantin, directeur principal, Innovation en développement durable et économie circulaire au CCCD.

Devrions-nous prioriser les réfrigérateurs ?

« En raison du libellé actuel du règlement et selon les estimations de l’industrie, les écofrais sur les gros électroménagers pourraient s’élever jusqu’à 140 $ par appareil vendu au Québec. Il est évident qu’une mesure de la sorte aurait un impact considérable pour les plus démunis. Notre organisation propose des solutions beaucoup plus économiques pour les consommateurs québécois et qui permettraient d’atteindre le même objectif »,  a ajouté Philippe Cantin.

La semaine dernière, l’AQMAT publiait d’ailleurs un texte dans son infolettre à propos de la responsabilité de la facture pour le recyclage des vieux frigos. « De plus en plus de centres de rénovation vendent des électroménagers. La question de la disposition des vieux appareils apparaît donc comme pertinente pour notre industrie », estime l’AQMAT.

Le CCCD pose également la question des impacts environnementaux connexes de ce projet gouvernemental.

« De la façon dont le projet de règlement est actuellement conçu, l’ensemble des appareils devront être dirigés vers un récupérateur unique situé à Bécancour. Un camion semi-remorque parcourant 500 km émettra l’équivalent de 150 kg de gaz à effet de serre, soit l’équivalent de 4 voitures. Ainsi, les électroménagers des Québécois n’habitant pas en périphérie de Bécancour parcourront des centaines de kilomètres en camion, émettant des GES qui pourraient être évités en reformulant le projet gouvernemental pour permettre à ce que les appareils réfrigérants puissent être traités localement ».

Marc Fortin, CCCD Québec

Pour Marc Fortin, président du CCCD-Québec, il s’agit d’une aberration : « Le transport des gros électroménagers provenant des régions éloignées émettra autant de GES qu’un aller-retour en avion Montréal-Pékin. Une vision globale de la problématique confirme que la récupération des gaz réfrigérants doit impérativement se faire sur une base locale, comme nous le proposons. Encore une fois nous invitons le gouvernement à discuter avec nous afin de bonifier leur projet pour la récupération des gaz réfrigérants. »

 

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