Le blogue de Richard


Casser les casseurs

Ça sent la coupe, me dit toujours mon coiffeur quand j’entre chez lui.

Blague à part, le soir du Gala 70e anniversaire de l’AQMAT ce dimanche à Bécancour, nos écrans devront se partager entre des images historiques sur notre industrie et, Sainte-Flanelle oblige, des extraits du premier match contre les Bruins ou les Flyers.

Hélas! les deux activités partagent le même ombrage que leur font une minorité. Dans le cas du hockey, notre passion est refroidie par des vandales qui abusent de notre sens citoyen. Ces casseurs de party, de voitures et de vitrines commerciales nous empêchent de bien vivre le moment présent.

Notre minorité nuisible à nous, ce sont ces quelques têtes fortes qui manœuvrent en marge des normes de la construction, éclaboussant de leurs pots-de-vin et de leurs esclandres verbales toute une industrie.

Nous savons que la quasi-totalité des affaires que nos membres brassent entre eux et avec le grand public est nette et légitime. Nous savons aussi que 99,9 % des fans du bleu-blanc-rouge sont 100 % contre la violence gratuite. Mais comme le Canadien, on subit chaque reportage sur les actes de nos voyous respectifs, leur mise en accusation, les témoignages qui s’ensuivent et leur condamnation comme une gifle au visage. À la différence que la baffe, elle, est ponctuelle, alors que le vandalisme du matériel et de nos valeurs semble revenir et nous hante.

La Coupe « c’t’année » (c’est ainsi que mon fils, plus jeune, un peu dyslexique, appelait la Coupe Stanley!) devrait nous aider à oublier nos maux…


Tous pour un

Résilience : phénomène qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l’événement causal pour ne plus vivre dans la dépression ou le déni.

S’il est un exemple de résilience, c’est bien celui de la victoire ô! combien inattendue et imprévisible, des Canadiens de Montréal, hier, à Washington.

Contre toute attente, gonflés à bloc par on ne sait trop quelle potion magique, poussés par une énergie pas vue depuis belle lurette et compensant pour un talent et une taille inférieurs à ceux de leur opposants, les équipiers ont uni leurs efforts pour éviter, semble-t-il, de sombrer dans une profonde dépression postséries!

On doit surtout retirer de l’événement la possibilité de réaliser quasiment ce qu’on veut avec la patience, l’intelligence, la persistance.

Tellement effrayés à l’idée de devenir la « risée » de tout un peuple, les professionnels du hockey qu’ils sont ont joué de rudesse avec leur fierté, leur amour-propre, leur avenir même, et ont rivalisé d’adresse pour, individuellement et collectivement, se connecter mentalement et ne faire qu’un! Agissant de la sorte, ils se sont prouvés à eux-mêmes qu’il était possible de faire preuve de cohésion et d’intelligence au-delà des patins, du bâton et des coups de coude! Voilà ce qui s’apparente certainement à de la résilience de leur part!

Aujourd’hui, les Canadiens de Montréal sont probablement une « nouvelle » équipe à la suite de cette démonstration, peu importe ce qu’il adviendra de nos Glorieux après les Penguins…


Terre à terre

Sans un changement culturel radical qui mettra fin à la culture de surproduction et de surconsommation, toutes les politiques écologiques ne serviront à rien.

Conclusion du Club de Rome, 1968

En ce 22 avril, Jour de la Terre, curieux de se rappeler cette grande vérité, énoncée il y a quarante ans, et toujours dactualité.

Je serai économe de mots cette semaine, pour laisser place à la réflexion que tout un chacun doit mener. Parce quavant dêtre des marchands ou des fabricants de quincaillerie et de matériaux, on est des citoyens.

On suremballe encore. On jette à la poubelle 40 % de matières potentiellement recyclables ou réutilisables.

La terre est à terre. Elle nen peut plus.

Faites comme lAQMAT, qui a adhéré au programme ICI ON RECYCLE, signé la charte de la Coalition BOIS Québec et suit de près ses intérêts et les vôtres en matière de collecte sélective par le biais du travail fait par Éco Entreprises Québec.


Chauds, les salons!

Tels des survivants sismiques haïtiens ou chiliens, les Québécois redoublent actuellement de joie de vivre, exprimée notamment dans leurs dépenses.

La saison des salons se termine ce week-end avec le rendez-vous habituel des Home Hardware à St. Jacobs. Présumons que l’événement connaîtra un grand succès, si l’on se fie aux shows des autres bannières tenus sous le signe de la grande confiance que les marchands ressentent de leurs clients. Les commandes reçues des manufacturiers ont le vent en poupe, elles sont plus élevées qu’à pareille date l’an dernier.
L’indicateur encore plus fiable parce que, lui, il est communiqué par intraveineuse, ce sont les ventes en magasin : le premier trimestre dans les quincailleries et les centres de rénovation est supérieur d’au moins 15 % à celui de janvier-février-mars 2009.

Le positivisme au niveau des ventes est-il attribuable au printemps hâtif ou plutôt à la sécurité d’emploi occupant l’espace psychologique laissé vacant par la crise économique américaine résorbée? À moins qu’il ne s’agisse de stimuli négatifs, telle la hausse appréhendée des taux d’intérêt, incitant les consommateurs à devancer leurs travaux avec de l’argent emprunté.

Peu importe la cause, personne ne s’en plaindra. D’autant plus qu’un autre boum est attendu après la réception des « retours d’impôt » découlant, justement, des crédits à la rénovation. La boucle sera ainsi bouclée.


Presque à guichets fermés

Des vingt tables à vendre il y a quelques semaines, il n’en reste plus que deux disponibles. Le Gala 70e anniversaire de l’AQMAT se pointe comme Usain Bolt : fier, rapide, élégant et doré.

La période préparatoire est effervescente avec la recherche des familles marchandes qui ont marqué les décennies d’une génération à l’autre, des pionniers de la formule des groupes d’achats si répandue aujourd’hui, des fabricants dont les produits ont su évoluer malgré les goûts changeants et les technologies innovantes. Ceux qui sont toujours là ne doivent pas nous empêcher de nous rappeler les grands disparus : Le Castor Bricoleur, Pascal, Brico, Goineau-Bousquet, Dismat, etc. L’apport de tout un chacun sera souligné au banquet du 16 mai et dans le magazine Quart de Rond qui suivra.

Le travail de mémoire est encore plus nécessaire à ce moment de notre vie associative où notre destin semble prendre un tournant sous l’effet de la pression écologique, de la recherche de gains en productivité, d’une plus grande rareté du temps disponible, des exigences accrues du personnel et des consommateurs.

Car depuis la Deuxième Guerre mondiale qui sévissait au moment de la création du Club des marchands de bois de Montréal, jusqu’aux perturbations financières, politiques et économiques d’aujourd’hui qui viennent compliquer la gestion quotidienne des entreprises et des organisations gravitant dans le milieu, des commerçants et des inventeurs ont toujours fini par manœuvrer. Certains ont vieilli et ne semblent pas vouloir mourir, d’autres ont ressuscité sous d’autres peaux.

Avec le recul, on peut relativiser les défis modernes. Nous revivons toujours un scénario semblable. Que le décor change, et alors il ressort que l’expérience des Anciens, la sagesse des leçons tirées sauront, mieux que tout, nous permettre de négocier les apparents enjeux d’aujourd’hui…

C’est donc dans un esprit d’hommage et de renouveau que les murs de l’Auberge Godefroy vibreront le 16 mai prochain, avec, pour témoin privilégiée, la vice-première ministre du Québec.


Pensées pascales

S’il est une période de l’année qui porte à la réflexion, c’est celle-ci. D’autant plus que l’entre-saison handicape tous les sports, sauf ceux de salon, à la porte d’être éliminés − oh! pardon − je voulais dire à la porte des éliminatoires.

Toujours est-il que dans notre culture judéo-chrétienne, si vous me permettez l’expression peu accommodante et déraisonnable, Pâques est synonyme de renaissance (pour le printemps), de résurrection (pour les croyants). Rude mise à l’épreuve, car la fête la plus religieuse du calendrier romain coïncide avec l’éclatement des bourgeons et le rapetissage des vêtements, aussi avec l’arrivée du sirop d’érable et du chocolat, tellement plus goûteux que l’eau de Pâques.

L’homme n’est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.
− Blaise Pascal, philosophe et théologien français du 17e siècle.

Je vous avais averti que la saison en était une d’idées. Ne vous en faites pas, je ne la comprends pas non plus.

Laissons le lapin de Pâques et sa lapine, sautons au budget pour réfléchir à ce que le gouvernement sortira de son chapeau budgétaire. Rien de magique, j’en ai bien peur. Les années s’annoncent comme une longue journée de grisaille, assignée au renflouement de la Caisse de dépôt et de placement et de tout ce qui a dégringolé dans sa suite…

Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties, et je ne peux pas comprendre les parties si je ne connais pas le tout.

Cause toujours, mon Pascal, qui était aussi mathématicien et physicien. Devant l’ordinaire appréhendé du budget, je pense déjà à la miraculeuse tire de la cabane à sucre de ce week-end et encore plus au cacao amer changé en chocolat sucré.


L’heure du TT

C’était la première fois, mais ça n’a pas été si douloureux. Pour moi en tout cas.

Je parle de mon expérience personnelle de travail à partir de la maison, appelé aussi télétravail.

En plus de 25 ans sur le marché du travail, jamais je n’avais expérimenté le fait d’effectuer chez moi mes devoirs professionnels pendant plusieurs jours d’affilée.

Pourquoi? À cause de Chaï. Si vous ne connaissez pas la bête, c’est que vous avez omis de lire mon blogue de la semaine dernière, infidèle lecteur.

Les télétravailleurs au pays sont passés de 600 000 (6 %) en 1991 à 1 million (9 %) en 1995, puis à 1,4 million (10 %) en 2000. Depuis, leur progression stagne. Contrairement à l’Europe où les TT (télétravailleurs) représentent jusqu’à 20 % des effectifs de certains pays.

Dans la colonne des plus, je note l’économie de temps et d’argent en transport pour me rendre au boulot. Rien d’autre de positif. Colonne maigre.

Du côté des moins, je déplore une baisse de mon activité physique, une confusion entre les besoins domestiques et mes obligations professionnelles, et surtout une perte de contact avec mes collaborateurs.

J’ai senti un « glitch! », comme disent les experts en transmissions qui glissent. Trop habitué à me voir du matin au soir, avant et après son départ du bureau, chaque employé a réagi à sa manière devant mon apparente absence : inquiétude, relâchement, attentisme ou au contraire initiatives téméraires.

Au finish, aucune valeur ajoutée au rendement ni à l’ambiance au bureau. Pas plus chez moi, à la maison.

Comme si la présence physique, en cette ère d’avatars, avait encore une importance que la profusion de courriels et d’appels n’arrive pas à relativiser.

La civilisation est ici assurée. Autant que lorsqu’un enfant lit ou peint ou joue au hockey bottine dans la rue, malgré les tentations d’Internet et des jeux vidéo.

Somme toute, je ne suis pas un TT. Plutôt un PP. Pour « présence permanente ».

Alors si Chaï a encore besoin de ma PP, c’est au bureau qu’il la trouvera… et qu’il me suivra!


Le meilleur ami

Chaï, il s’appelle. Ça se prononce Tcha_i, difficilement, pour être sûr de ne confondre son nom avec aucune autre consonance de la langue française. À part peut-être le singe aye-aye, que j’utilise rarement, sauf au Scrabble. Un mot qui paye. L’opposant fait « Aïe! »

Chaï a huit semaines plus trois jours. Trois jours de paternité canine. Mais pas trois nuits. Zéro nuit. Zéro dodo. Toutes passées à sortir Chaï, qui a la vessie grosse comme une prune, j’exagère, un pruneau.

C’est un caniche royal. Ainsi les qualifie-t-on par chez nous, alors que l’appellation d’origine contrôlée et européenne de la race est caniche standard. De la royauté en Nouvelle-France, nous n’avions que la fleur de lys. On a aussi un chien maintenant. On progresse.

Donc, je suis là, aux aguets de la moindre envie de sieur Chaï pour me précipiter dehors tout de suite après avoir lancé son nom suivi d’un non retentissant quand monsieur s’est échappé trop vite.

Je suis las, à essuyer, à faire boire, à rentrer, à lui montrer « assis » et « viens », à le faire jouer, à l’essuyer encore, à l’épier toujours. À lui répéter qu’il est bien, qu’il est bon, qu’il est beau.

Et bientôt ma femme lui fera les ongles et je lui ferai prendre son bain.

Puis on sortira aux aurores parce qu’il le voudra.

Plus de doute : l’homme est le meilleur ami du chien.

Mon nouveau maître


La gadoue

Pendant qu’un grand nombre de nos marchands, ces dates-ci, poussent l’ananas et moulent le café, d’autres, comme nous, subissent la gadoue.

Pour les Français, la gadoue, ce n’est pas de la sloche, c’est, et je cite le dictionnaire : « un compost de matières fécales et d’immondices ».

Pour nous, Québécois, c’est un mélange de neige fondante et d’eau, qui éclabousse les chaussettes et bouchonne les routes.

Donc, on peut dire que pour tout le monde, c’est du caca. Et qu’on s’en passerait.

Notre économie ressemble en ce moment à cette soupe. Une mélasse difficile à décrire en termes de couleur et de texture. Dure à prédire aussi. On ne sait pas comment vont se dérouler les mois à venir en magasin. Ensoleillés ou pluvieux ou entre les deux.

Vivement que l’hiver nous quitte ou qu’il revienne, mais que cesse cet entre-deux sans personnalité, qui interdit les loisirs et limite les activités les plus quotidiennes, tellement c’est « ouache »!


Enfin chez vous!

Après deux ans de cogitation, de planification et de pleins d’autres notions se terminant en « ion », j’ai de… l’action!

Sherbrooke, Pointe-Claire, Laval, Beloeil, Bernières, Lévis, Rimouski, Métis, Québec, Saint-Augustin-de-Desmaures, Drummondville, Terrebonne, Lachute, Gatineau, Trois-Rivières, Saguenay. Autant de municipalités visitées ces jours-ci pour présenter aux marchands et aux manufacturiers ce que l’AQMAT et son portail jerénovici deviennent.

Nos membres apprécient nous voir. Ils ont soif de comprendre comment nous changeons pour mieux répondre à leurs besoins.

C’est pourquoi je ne prendrai que deux minutes pour vous écrire mon blogue.

Je veux retourner les voir, leur serrer la main, les écouter. Leur parler aussi, s’il reste du temps, une fois la période d’apprivoisement mutuel passée.

En 2010, je me suis promis de visiter toutes les régions et de prendre du temps de qualité avec chacun des 900 membres.

Je suis si content de mettre des voix et des visages sur ces lecteurs de Quart de Rond, sur ces humains commerçants et fabricants plutôt que de simples nombres et statistiques, que je le ferais bénévolement. (Mais ne le dites pas aux administrateurs de l’Association!)