Reconnaissance : le mot-clé de la journée

Aujourd’hui, le monde entier a choisi de commémorer la naissance de la pandémie. À l’AQMAT, l’occasion est toute indiquée pour penser aux travailleurs et aux travailleuses, dans nos quincailleries et dans les usines qui les alimentent. Remercions-les. Encourageons-les. Car si plusieurs batailles ont été menées, la guerre sanitaire doit hélas se poursuivre.

J’entends ceux et celles qui croient que parce que les affaires sont bonnes en rénovation résidentielle, tout va pour le mieux dans notre industrie.

L’argent n’achète pas tout.

On me parle quotidiennement des enjeux de gestion de personnel en quincaillerie et en usine de matériaux. Si certains employés sont paranos, du moins anxieux, au point de ne pas se présenter au boulot, d’autres éprouvent de réels ennuis de santé physique ou psychologique, diagnostiqués. D’autres encore sont hypothéqués par des clients impatients ou des fournisseurs incapables de remplir leurs promesses.

La crise dans les matériaux est venue exacerber une situation déjà tendue sur les lignes de production, en magasin, même en cybercommerce. Au début, c’était le bois qui manquait et qui était trop cher. L’acier, les isolants, tout est maintenant en rupture ou disponible à prix fou.

Les heures augmentées des commerces de détail ne font rien pour aider.

Jadis, une quincaillerie n’ouvrait pas les dimanches et seulement un soir par semaine, voire aucun. Il est devenu critique pour tout détaillant de tenter de suivre le rythme des grands magasins à départements qui roulent à 73 heures par semaine.

C’est non seulement le recrutement et la rétention du personnel qui souffrent d’un trop grand nombre d’heures d’ouverture, c’est aussi l’expérience vécue par la clientèle. En effet, nos magasins sont spécialisés, ce qui sous-tend que le public – et à un degré supérieur, les clients professionnels – s’attendent à rencontrer des experts, des conseillers qui en savent plus qu’eux. Mais si le spécialiste des pesticides ou des portes et fenêtres ou de la plomberie ne travaille que 35 heures par semaine, il y a une chance sur deux qu’il ne soit pas présent lorsque l’horaire est long et étalé sur les sept jours de la semaine.

Le mot « reconnaissance » veut dire deux choses. Les deux méritent notre attention.

Au premier degré, il convient de reconnaître le problème : nous vivons une pénurie de main-d’œuvre plus aiguë que jamais.

L’AQMAT va se battre, possiblement seule, mais va tout de même défendre ses marchands dans cette quête vers des horaires de commerce qui prennent mieux en compte les besoins de leurs employés. Notre argumentaire sera à la fois humain, sociétal et économique :

  • humain : les employés des commerces au détail sont d’abord des citoyens, des pères et des mères, des fils et des filles qui méritent une vie équilibrée. À défaut, ils seront de moins en moins nombreux à vouloir travailler en quincaillerie;
  • sociétal : la communauté desservie par une quincaillerie, au fond, est constituée de citoyens qu’il faudra sensibiliser au fait que les services essentiels que leur procure leur quincaillerie locale sont possibles au prix d’offrir une qualité de vie aux travailleurs de ces commerces;
  • économique : enfin, nous allons démontrer aux opérateurs que le résultat net de leurs affaires sur six jours au lieu de sept sera plus positif pour la simple et bonne raison que le budget du consommateur ne varie absolument pas en fonction du nombre de jours d’ouverture de leur quincaillerie, que les frais seront moindres et que le fléau des vols et des fraudes sera ainsi mieux jugulé.


L’AQMAT devra alimenter un esprit de solidarité entre ses membres afin que tous rament à la même vitesse et dans la même direction sur cette question.

Quant au manque de matériaux et à leurs prix en montagnes russes, ils doivent aussi être reconnus comme un enjeu auquel il faut faire face.

On ne peut pas subir la situation éternellement et demeurer dans la posture de la victime. Il faut agir. Il faut convaincre l’État qu’il a aussi un rôle à jouer pour assurer à l’écosystème de la construction un approvisionnement en bois et autres matériaux plus régulier, d’où l’espoir que les prix seront plus régulés et leur volume plus régulier afin de pouvoir faire face à n’importe quelle période de pointe à l’avenir.

Au second degré, il faut reconnaître nos employés au sens, cette fois, plus empathique du terme. Cela implique un sentiment profond et sincère.

Si je disais plus haut qu’il faut « penser » aujourd’hui à nos employés qui, comme les travailleurs de la santé ou ceux des épiceries et des pharmacies, sont au front depuis un an, j’élève le ton d’une octave pour vous inviter à les « panser », c’est-à-dire prendre plus que jamais soin d’eux, de leur physique fatigué, de leur état mental fragilisé.

Aujourd’hui, je prendrai le temps de remercier chacun de mes employés à l’AQMAT pour l’engagement avec lequel ils accomplissent leur boulot depuis le jour un du déclenchement de cette pandémie.

Je me garderai aussi du temps de qualité pour réfléchir à des solutions concrètes dans le but d’appréhender ces deux autres crises, celle de la main-d’œuvre et celle des matériaux. Trouvons, pour elles aussi, les bons vaccins et administrons-les, tous ensemble!

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2 comments on “Reconnaissance : le mot-clé de la journée

  1. j.a. st pierre et fils on

    Un commentaire sur les heures d’ouverture qui me réconforte…….
    Ça fait plus de 30 ans que je m’efforce de me convaincre que 100$ divisé en 7 ou 100$ divisé en 6 c’est le même budget ……mais c’est pas toujours évident…..je travaille 6 jours sur 7 depuis plus de 40 ans,sans me plaindre…je n’est jamais voulu ouvrir le septième, par peur d’être toujours là,….déja que 6/7 ça m’a couté un mariage, des précieuse heures passer à être absent pour les enfants….. je voulais surtout pas que mes employés doivent faire une fin de semaine sur deux et perdre du temps avec leurs familles… mais je sais que ça m’a couté cher en perte de chiffre d’affaire….. par contre j’ai gagné en gardant mes employés, mes employés si important dans mon entreprise et j’ai pousser un peu plus loin en fermant à 16h les samedis…. avec le temps, je regrette pas ce choix de 6/7 et cette petite heure le samedis qui fait une grande différence pour mes employés…… et par ces temps troubles, ça me donne raison.

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