Planchers Lauzon se dit victime de la croissance des coûts engendrés par le régime forestier public

Invoquant les coûts du régime forestier du gouvernement provincial en force depuis 2013, la direction de Lauzon Planchers de bois exclusifs vient d’arrêter toute coupe forestière sur la forêt publique québécoise et prévoit l’arrêt complet des opérations forestières à partir du 30 novembre 2019.

Les opérations forestières en forêts privées de Lauzon ne sont cependant pas touchées, l’entreprise disposant de sources d’approvisionnement externes en billots et bois d’œuvre pour rester en fonction.

Les débusqueuses et les débrancheuses affiliées à Planchers Lauzon seront sorties des forêts publiques québécoises et le transport de bois sera terminé à la fin du mois courant.

La décision difficile serait le contrecoup direct de l’annonce de la fermeture de la papetière Fortress Global, il y a quelques semaines. Il faut savoir que Lauzon alimente la papetière en copeaux de bois et de pâte à raison de 25 à 30 % de ses besoins en approvisionnement.

« Les coûts d’approvisionnement en bois n’ont cessé de croître, de l’ordre de 35 % », a soutenu au journal Le Droit, Michel Pitre, vice-président opérations sciage et foresterie chez Lauzon Planchers de bois exclusifs.

« C’est devenu une situation intenable pour nous, ajoute M. Pitre. Aujourd’hui, on se retrouve devant un cul-de-sac et on ne peut juste plus continuer. On a tout fait pour éviter d’en arriver-là, mais on n’avait plus le choix. […] On ne veut pas fermer nos usines, mais quand on perd des millions de dollars, ce n’est plus un choix. Juste en inventaire, je n’ai pas de preneur, j’en ai pour 10 millions de dollars ».

Le gouvernement du Québec a accordé une aide financière de 8 millions à l’entreprise afin que celle-ci conserve ses actifs pendant la fermeture de ses installations et en attendant un éventuel acheteur pour relancer les opérations de l’usine.

Dans l’éventualité où les activités de Fortress seraient relancées plus tôt que prévu, la fin des coupes forestières demeurera en vigueur, a par ailleurs confirmé M. Pitre au média régional.

Pour relancer les opérations en forêt de l’entreprise de Papineauville, le gouvernement du Québec devra absolument intervenir, selon le gestionnaire de cette entreprise au volume d’affaires frôlant les 150 millions de dollars et qui exporte aux quatre coins du globe.

« Quand quelqu’un tousse dans l’industrie forestière, tout le monde pogne la grippe » – Benoit Lauzon, préfet de la MRC Papineau et maire de Thurso.

« Même si Fortress redécolle demain matin, on a encore la problématique de coûts. Soit qu’on met sur pied un comité d’experts pour trouver des solutions concrètes ou bien le gouvernement devra nous donner un crédit de 2000 $ par hectare de coupes pour payer l’augmentation de coûts des dernières années. Sans réduction de coûts, il n’y a rien qui va repartir », a indiqué M. Pitre qui estime que c’est toute la « structure forestière » de l’Outaouais qui se retrouve maintenant en péril.

« Avec la main-d’œuvre qui n’est plus là, si on perd notre structure forestière en Outaouais, ça va nous prendre peut-être 10 ou 15 ans à rebâtir ça. Si le gouvernement ne nous aide pas, on va perdre notre industrie forestière », a-t-il ajouté.

Une rencontre d’urgence réunissant des intervenants politiques avait lieu ce matin à l’hôtel de ville de Thurso pour faire le point sur le dossier.

Lauzon est en voie de célébrer en 2020 une croissance continue depuis 35 ans. Elle est l’une des rares sociétés privées spécialisée dans la transformation de bois feuillus opérant avec une intégration verticale, depuis l’extraction en forêt jusqu’à la première transformation en bois de sciage, à la seconde en lamelles et paquets, et même à la troisième sous forme de vernissage, sans omettre la récupération des résidus convertis en sous-produits énergétiques.

L’histoire de Planchers Lauzon a pris forme en 1983 alors que David Lauzon, âgé de 18 ans, étudiant en sciences pures au Cégep, occupe un emploi d’été pour construire une scierie dans la région. La société embauche aujourd’hui un peu plus de 600 employés par l’entremise de ses huit usines.

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