L’industrie de la construction affectée par le prix du pétrole qui flambe depuis janvier

Avec un prix à la pompe qui vient de dépasser les 2 dollars le litre, la variable pétrolière doit être prise en compte dans les frais d’une rénovation ou d’une construction résidentielle. Car dans une maison-type, du pétrole, sous différentes déclinaisons, il y en a dans au moins mille des 3-4000 articles de quincaillerie ou matériaux de construction.

« On s’attendait à un retour à des prix plus acceptables, mais l’invasion russe est venue tout changer. N’oublions pas non plus que la Russie est un gros producteur de plusieurs minéraux, dont le cuivre, mais aussi de plusieurs essences de bois utilisés en construction », précise Richard Darveau, président de l’AQMAT.

Pour prendre connaissance du reportage de vendredi dernier au téléjournal de Radio-Canada, cliquez ici.

Quand on pense au pétrole, c’est le coût de l’essence, du propane ou du diesel, bref du carburant qui nous vient en tête. Et avec raison, puisque les marchandises doivent transiter d’une usine à un centre de distribution, puis jusqu’aux magasins.

Mais on oublie facilement que le pétrole se présente dans l’économie sous différents visages.

Il y a entre autres des produits pétroliers dans les lubrifiants, le goudron et l’asphalte, dans les matières plastiques dont les portes et fenêtres et la vaste famille des thermoplastiques, dans les caoutchoucs synthétiques, dans les colles, la peinture, les résines, dans les matériaux composites, etc.

Cette énumération ne reflète qu’une infime partie de la présence de cette énergie dite fossile dans la fabrication, la transformation, la distribution et le transport des matériaux d’une maison.

On comprend donc que les prix élevés des matériaux que l’on connait en ce moment ne sont pas uniquement tributaires de la COVID-19, bien que le confinement prolongé dans des épicentres de production industrielle qu’est par exemple la ville de chinoise de Shangaï pèse de tout son poids dans la balance.

Conséquence, le prix des maisons neuves a explosé en deux ans. Paul Cardinal, directeur du service économique estime qu’on est à un prix supérieur de l’ordre de 18 % par rapport à la même date l’année dernière. Et si on jette un regard comparatif depuis le début de la pandémie, l’unifamiliale a grimpé de 30 à 35 %.

Ne pas reporter les travaux, magasiner autrement

La direction de l’AQMAT ni aucun observateur aguerri de notre industrie n’est en mesure de prévoir une baisse prochaine importante des matériaux étant donné que les usines peinent à satisfaire à la demande en raison d’un manque de main-d’oeuvre ou du retard dans la livraison de composants-clés.

« On doit éduquer les consommateurs autant que les clients commerciaux et institutionnels à convenir de mécanismes d’ajustement des prix avec leur entrepreneur général ou spécialisé ou d’accepter d’avancer le chantier avec l’approche dite « cost-plus ». »

Dans le cas de l’acier, la situation est différente. La Chine s’accaparant 60 % de la production. Alors, quand ça ralentit dans les usines en raison des mesures sanitaires, l’effet se fait sentir partout.

 

Les portes et fenêtres, les fermes de toit et les poutrelles se font attendre, les délais de trois semaines tournent aujourd’hui autour de six mois. Le ciment à joint aussi est en rupture de stock.

 

En moyenne, un mètre cube de béton contient plus de 11 litres de diesel. D’où des augmentations historiques de ce matériau si important dans toute construction qui, en temps normal, ne varie que de 5 % maximum par année.

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