Trump et les affaires : l’imiter ou s’en démarquer?

L’expression « Business as usual” ne veut plus rien dire avec ces États-Unis qui viennent de virer à 180 degrés. Vous devrez aussi changer de vitesse ou de cap. On le devra tous. Parce que leur économie est quatre fois grosse la nôtre? Plus encore parce que notre démographie n’égale qu’un dixième de celle des États-Unis, ce qui a pour effet de nous rendre dépendants de leurs consommateurs comme d’autres de la cigarette.

Ainsi donc, notre principal partenaire d’affaires depuis les temps modernes met de l’avant des politiques agressives de relocalisation des entreprises américaines établies à l’étranger. Oh, Houston, we may have a problem puisqu’on en accueille un grand nombre de ces usines. Avançons le taux de 50 % pour estimer les produits américains sur nos tablettes de quincailleries en fait fabriqués au Québec et au Canada. Quelles décisions prendront leurs sièges sociaux sous la pression présidentielle… et fiscale?

L’AmerExit deviendra peut-être un nouveau mot à apprendre. La propension à rompre tout lien semble forte. Déjà, on voit combien il est difficile de leur vendre notre bois sans accord. Nous sommes vulnérables. Bien que des libres-échanges commerciaux soient signés avec une dizaine de pays de la planète, celui avec les États-Unis et par à-coup avec le Mexique n’est d’aucune mesure avec l’insignifiance financière de nos traités avec les Honduras, la Jordanie ou Israël.

On est vulnérables, je l’ai dit. En revanche, j’aime mieux être à Montréal qu’à Mexico; eux, ils paniquent, ou devraient…

On se doit de garder un autre œil sur le projet d’abaisser de 35 % à 20 % la taxation des sociétés américaines. Une épée de Damoclès apte à vraiment nuire aux détaillants de chez nous qui tentent d’importer leurs marchandises au Sud. Idem pour nos manufacturiers.

La libéralisation des ondes Internet également à l’agenda trumpéen recèle d’impacts potentiellement dangereux pour les ventes au détail où nos joueurs sont juniors, pour ne pas dire peewee. En fait, tout recul sur la gouvernance mondiale du virtuel qui en était encore à ses premiers petits pas rendra plus difficile l’accès au marché mobile de consommateurs pour nos apprentis e-commerçants.

Bref, nos dirigeants d’entreprises doivent être prêts à transiger dans un climat plus volatil que jamais; prêts à suinter dans une sphère des affaires ponctuées d’attaques et de grasses promesses.

Faudra-t-il tendre la joue ou répliquer avec une bonne baffe? Je préconise une troisième voie, celle de l’avantage concurrentiel que procure la différenciation.

Embaucher et former son personnel dans une optique de relation dans la durée. Livrer des produits qui soutiennent leurs prétentions. Communiquer factuellement pour contrer l’exagération d’en face. Faire confiance en l’intelligence, la sagesse des masses qui finit toujours par survenir.

J’ai l’espoir aussi fort qu’en témoigne la survivance du monde civilisé après l’arrivée des premiers éléphants d’Hannibal il y a deux millénaires et de tant d’autres barbaries…

 

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