L’achat local est-il en danger?

La question servant de titre à notre nouvelle principale d’aujourd’hui est posée avec à-propos par l’entrepreneur-chroniqueur Nicolas Duvernois dans le journal Les Affaires en ce jour de Black Friday ou Vendredi fou.

M. Duvernois, propriétaire e la distillerie connue entre autres pour la Pur , la vodka la plus médaillée dans le monde, avoue une pensée à l’approche des Fêtes, du Black Friday et de la folie de la surconsommation pour les entrepreneurs qui travaillent d’arrache-pied afin d’offrir des produits d’ici.

« Pendant longtemps, la qualité et le prix étaient les arguments principaux qui jouaient contre l’achat de produits du Québec. Ceux-ci ne tiennent plus la route. Jamais, dans l’histoire du Québec, a-t-on eu une offre aussi qualitative et à prix compétitif qu’aujourd’hui », soutient-il.

« Avec la «menace» des nouveaux modèles d’affaires telle la livraison en 24 h qu’offre Amazon, il faudra être rapide et innovateur afin de ne pas se faire littéralement avaler par les géants du web », s’inquiète M. Duvernois.

On peut lire son blogue en entier ici.

Les marchands très inquiets

Un sondage tout frais de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), mené auprès de 1370 commerçants du 7 au 21 novembre, met au jour le phénomène qu’est le repérage, mieux connu en anglais comme le « showrooming », et dont les petits commerçants en particulier sont les victimes.

C’est cette nouvelle mauvaise habitude qu’on certains consommateurs de venir voir les produits dans une boutique avant de les commander en ligne sur une des grandes plateformes, ce qui fragilise le commerce de proximité.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) vient de rendre public les résultats du « Sondage national sur le secteur de la vente au détail ». À l’approche du temps des Fêtes qui est lancé par les aubaines du Vendredi fou et du Cyberlundi, la FCEI veut encourager les consommateurs à faire leurs achats dans les petits magasins de leur quartier, souligne Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à la Fédération.

Selon un autre sondage mené par la FCEI, cette fois en septembre auprès d’un échantillon représentatif de 1510 consommateurs canadiens, il s’avère que ce sont les consommateurs de 18 à 34 ans qui sont davantage portés à faire du repérage en magasin que les plus âgés. Dans cette tranche d’âge, trois consommateurs sur quatre reconnaissent avoir déjà fait du repérage. Un sur sept dit qu’il le fait même souvent.

En plus d’accaparer le temps des commerçants du coin, les consommateurs négligent le fait que leur argent sort ainsi de la communauté.

Quelque 84 % des propriétaires de PME affirment donner des biens et des services à des causes et à des organismes de bienfaisance locaux, et 73 % font des dons monétaires.

En faisant leur achat en ligne, les consommateurs pénalisent doublement les commerçants locaux, lesquels doivent continuer de payer leurs employés, le loyer de leur local et leur taxe foncière. La FCEI a ainsi reçu des centaines de messages de commerçants décrivant leur expérience du repérage en magasin.

Impacts sur les ventes

Quelque 60 % des membres sondés par la FCEI pensent avoir déjà eu affaire au repérage en magasin dans leur commerce. Sur ce groupe, 32 % disent que ce comportement a un impact majeur sur leurs ventes et 57 % affirment que cet impact est mineur.

« On n’aurait pas l’idée d’aller dans un restaurant pour prendre le temps et les conseils culinaires d’un chef avant d’aller faire l’épicerie ailleurs », souligne Gopinath Jeyabalaratnam, conseiller aux affaires économiques et gouvernementales à la FCEI.

Le repérage en magasin pénalise les petits commerçants durant le temps des Fêtes, alors que leurs boutiques sont déjà confrontées à la concurrence des grandes surfaces et des géants du commerce en ligne, ajoute-t-il.

Quelque 23 % des répondants reconnaissent préférer magasiner en ligne au lieu d’aller dans les petits commerces locaux de leur collectivité.

Le Forum Angus Reid a aussi demandé aux participants : « Qu’est-ce qui est le plus important pour vous généralement lorsque vous magasinez ? » Le coût du produit (83 %) est le plus souvent mentionné, suivi par la qualité du produit (75 %) et le service à la clientèle (56 %).

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