Projet d’usine de laine isolante faite de bois au Saguenay

De retour d’une mission commerciale en France, Alliance Bois Saguenay–Lac-Saint-Jean souhaite maintenant développer un projet d’usine de laine de bois de 40 millions de dollars dans la région en partenariat avec un fabricant français.

« Une usine de laine de bois de cette ampleur pourrait transformer près de 30 000 tonnes de copeaux par année », a souligné Réal Bouchard, directeur général de l’Alliance Bois SLSJ, qui était accompagné de sept entreprises de la région, dans le cadre de cette mission commerciale réalisée du 13 au 20 octobre.

La laine de bois est un isolant écologique fabriqué avec de la fibre de bois, couramment utilisé en Europe pour ses propriétés isolantes et acoustiques, mais aussi pour ses propriétés écologiques. « Le bois est un excellent outil pour lutter contre les changements climatiques, car il capte le carbone, note ce dernier. Et les Européens sont beaucoup plus conscientisés que nous sur ce sujet ».

Selon Cecobois, interviewé par Ecohabitation, c’est une aberration que la laine de bois ne soit pas dans nos quincailleries. En France et en Allemagne, les maisons solaires passives sont de plus en plus souvent isolées avec de la laine de bois et des panneaux de fibres de bois. C’est bien la preuve que ces isolants, en plus d’être écologiques, sont très efficaces.

Un dénommé Jacquelin Goyette a réalisé trois études de faisabilité pour une entreprise de l’Outaouais qui envisage de construire une usine de fabrication de panneaux isolants en fibres de bois. Il croit que l’isolant est compétitif. « Le panneau de fibre de bois flexible, donc de basse densité, serait plus dispendieux que l’isolant de laine de verre mais comparable à celui de la laine de roche. Quant au panneau de fibre de bois rigide, donc de haute densité, le prix serait égal ou moins élevé que celui des produits compétiteurs. Le marché pour ce produit croît de 20 à 25 % par année depuis 6-7 ans en Europe. Il pourrait également se développer en Amérique du Nord, différentes clientèles ayant déjà manifesté leur grand intérêt, dont les fabricants de maisons préfabriquées. »

Et la cellulose, l’isolant chéri des écolos ? « Les performances sont proches, mais il semble que les fabricants peinent de plus en plus à trouver leur matière première, le papier journal, que les Asiatiques, entre autres, achètent à meilleur prix. On peut au contraire s’attendre à un surplus de production de copeaux au Québec », croit M. Goyette.

Toujours est-il que les représentants régionaux ont donc profité de la mission pour faire les premiers contacts avec le fabricant de laine de bois désirant s’établir en Amérique du Nord. « Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est la plus grosse région forestière au Québec et on veut qu’ils s’implantent ici », mentionne Réal Bouchard, avant d’ajouter que la laine de bois est fabriquée avec de la fibre résineuse présente en grande quantité dans la région.

Alors que le volume et la qualité des copeaux disponibles sur le marché ne semblent pas un problème, Alliance Bois et ses partenaires analysent le type de modèle d’affaire qui pourrait être mis sur pied, pour savoir s’ils optent pour une coentreprise, un projet indépendant ou encore un projet sous licence.

Il est difficile pour l’instant de dire à quel prix se vendraient les copeaux pour une telle utilisation, mais Réal Bouchard est ferme. « Ça sera un prix égal ou supérieur au prix du marché pour la pâte », dit-il, persuadé de développer de nouveaux débouchés pour les sous-produits, afin de ne pas être prisonnier d’une seule industrie.

La mission faisait suite à une première visite faite en France en 2013, lorsqu’Alliance Bois avait identifié des produits porteurs pour valoriser les copeaux tout en optimisant la forêt. « Les entreprises cherchent souvent des débouchés additionnels pour des essences mal-aimées, comme le sapin, ou encore pour le bois de petit diamètre », note Réal Bouchard, qui croit que la diversification des produits permettrait d’optimiser la récolte en forêt.

En plus de visiter un manufacturier de laine de bois, le regroupement a également rencontré des producteurs de béton de bois, un produit mélangeant le bois au ciment pour la construction.

Les « missionnaires » en France de l’Alliance Bois Saguenay–Lac-Saint-Jean

Les entreprises Produits Boréal, La Charpenterie, la coopérative forestière Petit-Paris, Mitshuap, la Scierie Lac-Saint-Jean, le Groupe Forestra, Grandmont ébénistes ainsi que Valbois ont participé à la mission commerciale qui a été facilitée par Serdex International, un organisme régional de promotion de l’exportation, qui a aidé à trouver du financement pour réduire le coût de la mission.

 

Sources : journal Le Quotidien et Ecohabitation

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