À la suite du remaniement annoncé hier par la première ministre Christine Fréchette, plusieurs nominations retiennent particulièrement l’attention de notre secteur. Rappel des principaux portefeuilles à surveiller de près.
Économie et énergie — Bernard Drainville
Quoi qu’on pense de l’individu et de son parcours en matière d’économie qui est plutôt mince, c’est le changement majeur du remaniement dans notre angle de lecture. Ce super portefeuille demeure central parce qu’il touche à la fois l’investissement, l’innovation, les coûts d’exploitation, l’énergie et le climat d’affaires.
Pour notre industrie, il s’agit d’un ministère névralgique pour tout ce qui concerne les manufacturiers, les chaînes d’approvisionnement, la compétitivité des PME et la promotion des produits québécois et canadiens.
PME — Daniel Bernard
Le fait de distinguer un ministre délégué pour les PME suggère que le gouvernement souhaite continuer d’accorder une attention plus ciblée au tissu entrepreneurial.
Cela ouvre une porte pour remettre de l’avant des enjeux bien connus de nos membres : allègement réglementaire, simplification administrative et soutien accru au repreneuriat.
Habitation — Karine Boivin Roy
Sa nomination envoie un signal de renouvellement sur un dossier particulièrement sensible dans le grand Montréal, la crise du logement, où elle est députée.
Pour l’AQMAT, ce portefeuille est directement lié aux mises en chantier, à la rénovation résidentielle et à l’accès au logement abordable — autant de leviers essentiels pour soutenir l’activité de nos marchands et manufacturiers.
Régions — Mathieu Lévesque
Cette nomination mérite attention puisque les régions sont au cœur de notre écosystème : quincailleries de proximité, centres de rénovation, usines et distributeurs.
Le portefeuille peut servir de levier pour aborder les enjeux de vitalité commerciale, de logement régional et d’accès à la main-d’œuvre.
Immigration — François Bonnardel
Le choix de François Bonnardel à l’Immigration est accueilli favorablement. Son approche semble reconnaître davantage la contribution essentielle des nouveaux arrivants à l’économie des régions et au maintien de nos entreprises.
Pour l’AQMAT, il s’agit d’un signal important dans un contexte où l’accès à la main-d’œuvre demeure un enjeu critique pour plusieurs de nos membres.
Des attentes connues, mais toujours actuelles
D’un gouvernement à l’autre, les priorités de notre industrie demeurent constantes.
En matière d’habitation, l’AQMAT plaide pour accélérer les mises en chantier, réduire les délais réglementaires et bonifier les programmes de rénovation afin de soutenir l’activité dans l’ensemble de la filière.
Du côté des PME et du commerce de détail, nous insistons sur la nécessité d’un allègement réglementaire réel, d’une simplification des obligations administratives et d’une vigilance face à toute mesure qui pourrait fragiliser les commerces spécialisés, notamment en matière d’heures d’ouverture.
Sur le plan économique, nos membres attendent des mesures concrètes pour soutenir la productivité, l’investissement manufacturier et le repreneuriat, tout en assurant des conditions concurrentielles équitables.
En matière d’énergie, la prévisibilité des coûts et la stabilité des politiques demeurent essentielles pour les entreprises.
Enfin, pour les régions, l’accès à la main-d’œuvre — incluant une immigration économique mieux adaptée aux réalités du terrain — constitue un enjeu déterminant, tout comme la vitalité commerciale des milieux.
Une fenêtre d’opportunité
Dans l’ensemble, ce nouveau cabinet envoie des signaux de continuité, mais aussi d’ouverture sur certains dossiers clés.
Pour l’AQMAT, le positionnement de Mme Fréchette, aux commandes pour au moins les mois à venir, est clair et apprécié: agir comme partenaire. « Voilà une attitude bienvenue dans le contexte de confrontations et d’incertitudes que nous vivons », estime Richard Darveau, porte-parole de l’AQMAT.


