Lutte à finir entre deux géants européens

Le possible rachat de la Suisse Sika par la société française Saint-Gobain continue de faire couler de l’encre, alors que les deux colosses se livrent bataille depuis près de deux ans de l’autre côté de l’océan. Et la saga pourrait se poursuivre jusqu’en 2019.

Le plus récent remous depuis le début du dossier qui est maintenant entre les mains de la justice est la menace du directeur général de Sika, Jan Jenish, de démissionner en cas de rachat.

jan-jenish« Les projets de Saint-Gobain que j’ai vus ne sont pas bons pour Sika. Ils détruiront notre modèle de croissance et je ne serai pas disponible pour de tels projets », a lancé M. Jenish en présentation de la société à Zurich, en début de semaine.

Le directeur de la société de chimie a ajouté ne pas croire en une solution à l’amiable pour la tentative de rachat de Saint-Gobain. «Je ne vois aucune solution amicale en lien avec cette offre. Elle met en avant des synergies peu crédibles, basées sur une analyse des rapports de gestion, et non pas sur une étude approfondie des comptes. Ces réductions de coûts potentielles se contredisent aussi, par exemple en ce qui concerne nos activités en lien avec le mortier, jugées au début concurrentes, maintenant complémentaires.»

Depuis décembre 2014, la direction de Sika tente de faire échouer la prise de contrôle de la société française.

Cette dernière veut racheter la participation de contrôle de la famille fondatrice de Sika, les Burkard-Schenker, pour 2,51 milliards d’euros (3,67 milliards canadiens). Ces actions privilégiées représentent 16,1 % du capital et 52,4% des droits de vote associés.

Toutefois, la situation est toujours verrouillée autour d’un article des statuts de Sika, portant sur la limitation à 5% des droits de vote en cas de transfert d’un bloc d’actions. Une disposition statutaire introduite en 1998 par la famille Burkhard, précisément pour éviter qu’une décision irréversible puisse être prise contre la volonté du management. Très exactement ce que les héritiers Burkhard tentent de faire depuis décembre 2014.

Les représentants des deux parties devaient se rencontrer, hier. La rencontre a toutefois été annulée.

La décision est maintenant entre les mains du Tribunal cantonal de Zoug, qui a prévu rendre son verdict entre octobre et décembre.

Cependant, l’affaire pourrait aller jusqu’au Tribunal fédéral.

Déjà allongé jusqu’au 30 juin 2017, le contrat entre Saint-Gobain et les descendants de la famille fondatrice pourra être à nouveau prolongé jusqu’au 31 décembre

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