Les fabricants de gros électroménagers plus responsables de la récupération des appareils

Identifiés comme de grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES), les fabricants d’électroménagers ont été invités ce matin par le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques à mettre en place un système pour s’assurer de la récupération et la valorisation de leurs produits en fin de vie utile. La mesure prend effet à partir du 5 décembre 2020.

Les gros appareils électroménagers d’usage domestique visés par ce nouveau règlement sont les réfrigérateurs, les congélateurs, les cuisinières, les climatiseurs, les lave-vaisselles, les laveuses et les sécheuses.

Le taux de récupération fixé par le gouvernement à compter de 2024 est de 70 %.

La Responsabilité élargie du producteur

(La REP) vise «depuis 2012, de plus en plus de produits», constatait ce matin en conférence de presse le ministre de l’Environnement, Benoit Charette. Les piles, les huiles et les peintures y sont notamment inscrites.

La REP est un instrument de politique environnementale bien implanté au Québec. En effet, les produits visés

« En action pour le climat et l’environnement, notre gouvernement veut se doter des meilleurs moyens pour réduire les émissions de GES du Québec, tout en protégeant le portefeuille des Québécois. L’un de ces moyens consiste à favoriser la récupération et la valorisation des gros électroménagers.» – Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

graduellement depuis 2012 sont les produits électroniques, les piles et les batteries, les lampes au mercure, les peintures et leurs contenants de même que les huiles, les liquides de refroidissement et les antigels, leurs filtres, leurs contenants et d’autres produits assimilables.

Des observateurs considèrent toutefois que la facture de l’ordre de 70 $ aurait dû être assumée par le consommateur qui achète un frigo plutôt que d’être payée par l’ensemble des citoyens via le gouvernement. Richard Darveau est de cet avis : « Plus l’utilisateur d’un bien est conscient de sa consommation, plus il agira avec responsabilité ».

Chez BMR, on a appris que la bannière se conforme à la règlementation et effectue actuellement des efforts pour réduire à la source le nombre de matières à recycler. La direction de Lowe’s Canada affirme pour sa part partager les objectifs du gouvernement pour l’environnement et n’a aucun problème avec la solution proposée. Aucun des deux groupements n’a d’ailleurs fait partie des détaillants qui s’étaient opposés fermement aux volontés du gouvernement (Brault & Martineau, etc.).

Des investissements gouvernementaux de 90 M$ sont prévus pour réduire les impacts économiques de cette mesure sur les consommateurs.

Après la présentation du projet de loi visant la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser l’électrification, le 31 octobre 2019, il s’agit d’un deuxième geste fort posé en quelques jours pour répondre à l’enjeu pressant des changements climatiques.

La mesure annoncée aujourd’hui devrait permettre à terme une forte baisse de plus de 200 000 tonnes de GES chaque année, ce qui équivaut aux émissions annuelles de plus de 60 000 voitures.

« La responsabilité élargie des producteurs permet de protéger notre environnement et nos ressources en augmentant le taux de récupération et de mise en valeur des produits des secteurs visés et en favorisant une conception plus écologique de ces produits. Ce sont d’excellentes façons de contribuer à l’atteinte de notre objectif ultime, celui d’une société zéro déchet. – Sonia Gagné, présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC

C’est RECYC-QUÉBEC qui mettra en œuvre le programme gouvernemental de remboursement aux fabricants des coûts de gestion des gros appareils électroménagers d’usage domestique parvenus en fin de vie utile. L’aide financière octroyée diminuera au fil des ans, à mesure que l’industrie aura mis en œuvre des programmes de plus en plus performants.

Les entreprises qui fabriquent des appareils ne contenant pas de gaz réfrigérants (par exemple, des cuisinières et des lave-vaisselle) disposeront toutefois de deux ans de plus que les fabricants d’autres types d’appareils pour atteindre l’objectif de récupération qui leur est fixé.

Selon le ministère, le rapport coût/réduction des GES de la mesure sera bon puisque 93 $ seront investis pour chaque tonne de GES évitée. En comparaison, les mesures du Fonds vert ont coûté aux contribuables entre 200 $ et 1 300 $ la tonne.

 

Le CO2 et le méthane sont les gaz les plus souvent associés au réchauffement climatique, mais les hydrofluorocarbures, mieux connus sous l’abréviation HFC, présents dans les électroménagers comme les réfrigérateurs, ont un potentiel de réchauffement planétaire de 1400 à 10 900 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone (CO2) selon le gouvernement.

 

 

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