C’est le 4 février 2016 que RONA passait à des mains américaines. L’émission Zone Économie à RDI a décidé d’y consacrer un long reportage qui a été diffusé hier et dont on rend compte aujourd’hui.
La journaliste Marie-Claude Morin s’est d’abord rendue chez un marchand affilié pour prendre le pouls de son humeur. Dominique Bélanger, propriétaire et directeur général de la quincaillerie éponyme sise rue Masson à Montréal, a rappelé que son grand-père figurait parmi les premiers à constituer le pool initial de marchands.
« Quand Lowe’s a annoncé l’achat, ça a été un choc, vraiment un choc. Ça a pris quelques mois à absorber. Ils ont été un bon partenaire les premières années. Mais les choses se sont gâtées par la suite. »
Rappelons que le géant américain avait déboursé deux fois plus que la valeur boursière de RONA.
Sept ans plus tard et au bout de plusieurs vagues de fermetures de magasins, l’achat de Lowe’s autour de 3,2 milliards $ était cédé au fonds d’investissement Sycamore, notamment gestionnaire des Bureau en gros, pour la somme de 550 millions $.
Pour Louis Hébert, professeur de stratégie aux HEC Montréal, « Quand tu sors d’un marché avec 20 % de ton coût d’entrée, c’est un échec. ». Il poursuit : « Lowe’s avait pourtant de grandes visées au Canada, où il comptait déjà une quarantaine de magasins, mais aucun au Québec ».
Richard Darveau, président de l’AQMAT, confirme que la période Lowe’s a été sombre. « Des mandats très clairs avaient été donnés : couper le plus possible, rentabiliser au maximum ». Selon le porte-parole de notre association, le bât blessait au niveau du caractère hybride de l’entreprise habituée à gérer… des gérants, pas à devoir affronter des marchands propriétaires de leur propre entreprise.
Mais depuis l’arrivée du nouveau propriétaire, le vent a complètement tourné, observe M. Darveau : « Avec Sycamore, depuis, quoi, trois ans, on est rendus ailleurs. Ou, en fait, je pense qu’on est revenus un peu plus à l’origine de ce qu’était RONA au tout départ ».
La porte-parole du syndicat TUAC, Roxane Larouche, confirme : « Disons que c’est beaucoup plus facile. Maintenant, avec Sycomore, on a l’impression d’avoir vraiment une belle écoute. Récemment, on a négocié des clauses novatrices. En fait, on teste même le marché. On sent que l’employeur est très à l’écoute, veut trouver des façons d’être proactif, de combler les besoins des travailleurs ».
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