Les nids-de-poule boostent les ventes en quincaillerie

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Le phénomène des nids-de-poule n’est pas seulement une source de frustration pour les automobilistes : il devient un moteur de croissance inattendu pour les quincailleries et les fournisseurs de matériaux de réparation.

Alors que les cycles de gel et de dégel s’intensifient avec les variations climatiques, les routes se détériorent plus rapidement, créant un marché insoupçonné pour les produits d’asphaltage et les solutions de colmatage.

Selon des données récentes de l’industrie, certaines entreprises voient leurs ventes de sacs d’asphalte froid augmenter de près de 40 à 50 % par rapport à l’an dernier. Cette hausse spectaculaire n’est pas un hasard : les municipalités et les citoyens se ruent vers ces produits pour combler temporairement les cavités qui peuvent mesurer jusqu’à 20 centimètres de profondeur, causant dommages aux véhicules et risques pour la sécurité routière.

Les quincailleries, qui ont déjà constaté une demande croissante d’outils de réparation ces dernières années, confirment cette tendance. Les matériaux d’asphalte froid, vendus en sac de 15 à 25 $, représentent désormais une catégorie de produits incontournables au printemps. Dans certaines villes, comme Mascouche, l’utilisation de sacs d’asphalte pour remplir les nids-de-poule a triplé comparativement à la même période l’an dernier.

Un marché en mutation : de l’asphalte froid vers des solutions durables

Si l’asphalte froid demeure populaire pour sa disponibilité immédiate, il n’est pas la solution la plus durable. Des acteurs du secteur proposent désormais des alternatives à plus long terme, comme l’asphalte polymérique, un mélange amélioré qui peut durer 5 à 10 ans. Fabriqué avec des huiles végétales et dépourvu de composés organiques volatils, ce matériau se vend entre 60 et 80 $ le sac – soit nettement plus que l’asphalte froid traditionnel, mais avec une promesse de durabilité accrue.

Cette évolution reflète une tendance: les consommateurs ne veulent plus seulement des solutions temporaires, ils recherchent des produits qui tiennent la route, littéralement. Les quincailleries qui adaptent leur inventaire en conséquence bénéficient d’un avantage compétitif, en attirant autant les automobilistes que les gestionnaires d’infrastructures municipales.

Outre les ventes accrues d’asphalte, les articles connexes connaissent eux aussi une hausse : pelles, râteaux, gants de travail et compacteurs manuels font partie des achats fréquents de ceux qui entreprennent des réparations de chaussée. Les fournisseurs rapportent une augmentation cumulée des ventes saisonnières de matériaux de réparation allant jusqu’à 30 % l’an dernier, bien au-delà des chiffres habituels liés au printemps.

Pour les quincailleries indépendantes, ce phénomène rappelle l’importance de réagir rapidement aux besoins saisonniers. Une stratégie de communication proactive — par exemple en mettant en avant des zones de dépôt d’asphalte froid ou des ateliers de démonstration — peut convertir une nuisance publique en opportunité d’engagement client.

Les nids-de-poule, bien qu’indésirables, créent un nouveau terrain de jeu pour les quincailleries qui élargissent leur offre et éduquent leurs clients.

 

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