L’initiative, portée par Groupe MACH (présidé par Vincent Chiara), en collaboration avec Cogir Immobilier (dirigé par Mathieu Duguay) et Groupe Devimco (sous la présidence de Serge Goulet), vise à construire ces logements sur des terrains cédés par la Ville de Montréal.
Le projet serait financé par un prêt du Mouvement Desjardins, tandis que la Société d’habitation du Québec (SHQ) agirait comme maître d’œuvre et deviendrait propriétaire des unités. Le gouvernement du Québec prendrait en charge les paiements hypothécaires, tout en maintenant les remboursements de la TVQ.
Pour les promoteurs, l’objectif n’est pas le profit, mais bien de répondre à une urgence sociale.
Selon les estimations, construire 2 500 logements coûterait environ 300 millions de dollars, un coût jugé raisonnable comparé aux standards habituels pour un immeuble social — et surtout beaucoup moins élevé que dans de précédents projets: « nous construisons entre 1 500 et 2 000 logements par an et cela ne nous coûte jamais plus de 450 $/pi² », affirme Vincent Chiara.
Ce plan suscite l’appui d’organismes de terrain comme Mission Old Brewery : son directeur, James Hughes, estime que près de 20–40 % des personnes sans-abri n’ont pas nécessairement de problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, mais sont victimes de la crise du logement — une dimension “économique” de l’itinérance. Pour ces personnes, un logement abordable, stable et digne représente une solution réaliste.
Toutefois, des experts prévenus rappellent que “la brique seule ne suffit pas”.
Même si le projet rend l’espoir tangible pour des centaines — voire des milliers — de personnes, un toit, sans accompagnement social, soutien communautaire et programmes de réinsertion, risque de n’être qu’un premier pas.
Ce point de vue rejoint les analyses plus larges du débat sur le logement et l’itinérance : il faut une approche globale, qui combine logement, accompagnement psychosocial, insertion, et stabilité à long terme.
En somme, ce projet — par sa vision non lucrative, sa collaboration public-privé et son ambition — représente une porte d’entrée sérieuse vers une sortie de crise de l’itinérance à Montréal. Mais il ne pourra remplir ses promesses qu’à la condition que l’on combine logement + soutien adapté + volonté politique durable.


