Je vais être direct : j’ai du mal à comprendre les récentes décisions du gouvernement du Québec concernant les crédits d’impôt liés aux travailleurs d’expérience. Et j’entends, en votre nom, demander aux différents partis en lice pour les élections du 5 octobre de se positionner sur cette question.
Je vous explique.
Québec a choisi d’abolir le crédit destiné aux employeurs qui embauchent ou maintiennent en poste des travailleurs expérimentés. Comme si ce n’était pas suffisant, le crédit d’impôt pour les particuliers a été resserré : les 60 à 64 ans en sont désormais exclus.
Concrètement, cela signifie que des dizaines de milliers de travailleurs qui contribuaient encore activement à la vie dans nos quincailleries et centres cde rénovation perdent un incitatif financier réel. Et que les PME, de leur côté, perdent un outil qui facilitait leur rétention de personnel qualifié.
Je parle ici de gens qui connaissent nos produits, nos opérations, nos clients. Des piliers. Des personnes qui ne demandent pas la charité — simplement que leur effort de continuer à travailler soit reconnu à sa juste valeur.
Ce qui me dérange particulièrement, c’est que ces mesures allaient dans la bonne direction : des analyses indépendantes ont en effet démontré qu’elles avaient un impact positif sur la participation au marché du travail.
Des organisations crédibles ont rappelé qu’elles influençaient concrètement la décision de rester actif ou non.
Et pourtant, on recule.
On invoque des raisons budgétaires.
Je comprends qu’un gouvernement doit faire des choix. Mais ici, on coupe dans un levier qui fonctionne, dans un levier qui répond directement à un enjeu majeur : la rareté de la main-d’œuvre. De la main-d’oeuvre d’expérience. De ces quelques heures ou dizaines d’heures qui soulagent la permanence et peuvent bonifier l’expérience des clients.
À mes yeux, ce n’est pas une optimisation. C’est un mauvais signal.
Un signal envoyé aux travailleurs d’expérience : « votre contribution vaut moins qu’avant ».
Un signal envoyé aux entreprises : « débrouillez-vous avec moins d’outils ».
Je peux vous assurer que lors du 12e Congrès des Décideurs de l’AQMAT, nous tiendrons une Tribune politique, le 16 avril, réunissant des représentants des principaux partis en vue des élections provinciales de l’automne. Cette question fera partie des sujets sur lesquels je leur demanderai de se positionner clairement.
Au-delà des chiffres, il y a une question de cohérence économique — et de gros bon sens.

Si nous voulons vraiment soutenir nos PME et encourager les aînés à demeurer actifs et utiles, il faut arrêter de pénaliser ceux qui choisissent de continuer à contribuer.


