Blogue : Jour de la Terre et toitures à base de pétrole

En ce Jour de la Terre, je laisse ma place de blogueur au PDG de Metalunic, le docteur en génie métallurgique Nicholas Nickoletopoulos, qui nous a fait parvenir cette lettre ouverte, ma foi, originale. Car parle de métal en cette journée consacrée à l’écologie surprend. Laissons sa plume nous présenter son plaidoyer.

« Le Jour de la Terre me donne l’occasion, comme scientifique, mais aussi comme entrepreneur, de partager mon inquiétude sur le coût environnemental sous-estimé d’une composante de l’industrie de la construction, à savoir les revêtements de vinyle et de goudron issus des énergies fossiles.

 Au Québec, selon les données de Recyc-Québec, les revêtements de toitures produits à partir du pétrole dominent nettement le marché, avec 90 % des toits en pente et 65 % des toits plats. Je comprends très bien les consommateurs d’opter, à priori, pour le bardeau d’asphalte, la membrane élastomère ou le parement en vinyle, lorsque vient le temps de construire leur maison. Ça semble vraiment moins cher. Le coût total de la vie utile des matériaux et leur empreinte de décomposition racontent cependant une tout autre histoire. La même problématique s’applique aux parements en vinyle qui ornent les murs extérieurs de tant de nos constructions. Ces matériaux offrent, en effet, une piètre durabilité face aux vents, aux rayons UV et aux conditions extrêmes. En été comme en hiver. Certaines juridictions américaines, comme la Floride ou la Californie, ont d’ailleurs modifié leurs réglementations pour exiger des revêtements capables de résister à des vents avoisinant les 180 km/h et à une exposition prolongée aux tisons ardents. Dans le nord du Québec et dans l’Ouest canadien, les années récentes ont démontré que les grands feux de forêt font désormais partie des changements climatiques qui menacent durablement le patrimoine immobilier au Canada.

 300 à 400 ans pour se décomposer

 Selon la Metal Roofing Alliance, une toiture métallique dure au moins deux à trois fois plus longtemps qu’une toiture en tuiles d’asphalte. Une toiture métallique durera, elle, de 40 à 60 ans, voire plus. En comparaison, la durée de vie moyenne d’une toiture en asphalte est de 12 à 20 ans, selon les conditions climatiques. En prime, les revêtements métalliques haut de gamme intègrent jusqu’à 15 % d’acier recyclé à la fabrication et sont recyclables à 100 % à la fin de leur cycle de vie. La comparaison en dit long.

 Pas surprenant qu’au Québec, le Centre d’expertise et de recherche en infrastructures, estime que près de 250 000 tonnes de bardeaux d’asphalte postconsommation (BPC) sont générées chaque année, principalement pour des raisons de démolition ou de réhabilitation de bâtiments. Sans compter que jusqu’à 60 000 tonnes de bardeaux d’asphalte aboutissent illégalement dans la nature à chaque année, toujours au Québec. Cela équivaut à la superficie de plus de 6 000 terrains de football.  Et la pollution dure longtemps. Très longtemps. La décomposition biologique complète de ces matériaux polluants peut, en effet, prendre de 300 à 400 ans.

 D’ici 2030 : 45 % moins d’émissions de GES liées à la construction

 Seulement au Canada, le poids économique de l’industrie du revêtement représente, tous matériaux confondus, un marché de 2,5 milliards de dollars. Le gouvernement du Canada s’est donné une cible de réduction de 45 % des émissions de gaz à effet de serre liées à la construction d’ici 2030. Metalunic et les autres manufacturières québécoises de revêtements métalliques haut de gamme investissent des millions en R&D pour offrir des matériaux toujours plus performants et le plus abordable possible. Parce que nous croyons que l’adaptation aux changements climatiques ne passera pas par des solutions… misant sur les énergies fossiles. Cela dit, le dernier mot appartiendra toujours au grand public. Collectivement, un geste à la fois, nous pourrons alors nous donner des milieux sains pour les humains. Et pour nos cousins d’infortune, les animaux et les végétaux de cette Terre. »

Docteur en génie métallurgique, Nicholas Nickoletopoulos est PDG de Metalunic, une entreprise manufacturière québécoise qui fabrique des revêtements métalliques haut de gamme (Note : le terme « haut de gamme », selon l’auteur, permet de distinguer les produits qui offrent une résistance supérieure aux rayons UV, aux vents, aux feux de forêt et aux intempéries extrêmes de notre climat nordique par rapport à d’autres qui entraîneraient des conséquences environnementale.

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