Gilbert Tardif, grand bâtisseur de la compagnie Maibec, est décédé à l’âge de 99 ans, le 18 mars 2026. Il aura eu une vie active et comblée de succès, habitée par le désir de bâtir son entreprise ainsi que d’être un contributeur significatif à l’évolution de l’industrie forestière du Québec.
« M. Tardif a marqué notre industrie, Et sa famille poursuit cette même empreinte», a témoigné Richard Darveau, président de l’AQMAT qui, au nom des centres de rénovation qui ont fait et font affaire avec Maibec, a adressé ses plus sincères condoléances.
M. Tardif est né à Saint-Albert de Warwick en 1927. Fils de cultivateur, il aura tôt fait de développer un intérêt pour le milieu forestier lors des tâches de récolte du bois de chauffage sur le lot familial. Il deviendra étudiant à la faculté de foresterie et de géodésie de l’Université Laval, d’où il obtiendra un baccalauréat en génie forestier en 1952. Il continuera ses études au New-York State College of Forestry, à Syracuse, où il obtient, en 1954, une maîtrise en génie industriel. Enfin, son parcours académique se complète de belle façon en 1958, par des études de 3e cycle en statistiques mathématiques, à la North State University en Caroline du Nord.
Carrière professionnelle
En 1954 il entreprend sa carrière professionnelle chez Eagle Pencil à Drummondville. Il travaillera aussi pour la Quebec North Shore company et chez Ontario Paper company. En 1960, il devient conseiller en informatique et recherche opérationnelle chez KSC et SERA, de 1960 à 1963, où il participera aux travaux qui mèneront à la mise en place du système d’assurance maladie du Québec . Au cours des sept années suivantes, soit jusqu’en 1971, il sera ingénieur conseil auprès de la firme Omer Lussier et Associés de Québec. Après avoir agi, de 1971 à 1980, en tant que vice-président des opérations forestières et de la production pour l’entreprise Maibec, il en devient propriétaire et président directeur général en 1981. Il occupera ce poste jusqu’en 2004 ; son fils François prendra alors la relève à la direction de cette entreprise familiale, où œuvrent également son autre fils Charles ainsi que sa fille Madeleine. M. Tardif y demeurera actif, notamment en tant que président du conseil d’administration jusqu’en 2014 et jusqu’à l’âge 91 ans, comme conseiller.
Participation au développement de l’industrie forestière
On le retrouve à l’Association des industries forestières du Québec, où il sera administrateur pendant de nombreuses années et vice-président de 1983 à 1987. Il a également été membre du bureau exécutif du Conseil canadien du bois, de 1988 à 1997, et président de cet organisme en 1991 et 1992.
Toujours dans le domaine associatif, de 1980 à 1993, M. Tardif a siégé au conseil d’administration de l’Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec (intégrée aujourd’hui au Conseil de l’industrie forestière du Québec) et en a assumé la présidence en 1988-1989.
Plusieurs autres organisations ont eu aussi bénéficié de sa contribution, notamment Forintek Canada (maintenant FPInnovation), l’Association canadienne de normalisation (en anglais : CSA), le Conseil de la recherche forestière du Québec, la Table Accord Valorisation du bois dans l’habitation de la région Chaudières-Appalaches et, CECOBOIS, où il fut membre du comité directeur et du comité aviseur.
Dans le cas de Forintek (FPInnovation), devenu le centre de recherche privé sur le bois le plus important au monde, où il a été administrateur et président des programmes de recherche du laboratoire de l’Est de 1983 à 1987, il y a lieu de signaler de façon particulière le rôle décisif de M. Tardif dans le dossier du transfert du laboratoire d’Ottawa vers Québec.
L’intérêt de M. Tardif pour la recherche et l’innovation en foresterie et en transformation des bois a fait de lui un compagnon et un promoteur important de la FFGG (Faculté de foresterie, de géographie et de géométrie) de l’Université Laval et de son département des sciences du bois.
L’un des bâtisseurs du programme de baccalauréat coopératif en génie du bois, il a été consulté sur quatre décennies, autant par la direction de la faculté que par ses chercheurs et ses étudiants, pour ses connaissances académiques et pratiques du secteur forestier et de la transformation du bois. Il interviendra fréquemment auprès de ses pairs de l’industrie afin de faire la promotion de l’aspect coopératif du programme de génie du bois. Prêchant par l’exemple, il aura fait de sa propre entreprise l’une des cibles recherchées des étudiants pour leurs stages. Il a présidé le Conseil de la recherche forestière du Québec de 1993 à 1995 et a été membre honoraire du Centre de recherche sur les matériaux renouvelables de l’Université Laval.
Le 21 janvier 2021, l’une des plus belles salles de réunion du campus de l’Université Laval a été nommée en son honneur. La même année, l’Université Laval lui octroie le titre de Coup de cœur philanthropique de l’année.
Parmi les autres honneurs, mentionnons qu’en 1993 il a été lauréat du prix d’excellence « Alfred-Plourde », remis par l’Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec pour son engagement et sa participation significative au développement de l’industrie du sciage au Québec.
Il a reçu la médaille de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec en 1994.
En 1995, il a été récipiendaire du prix « Paul-Bunyan », décerné par le Conseil canadien du bois, pour son apport remarquable à la promotion de l’industrie de transformation du bois au Canada.
Enfin, en 2011, il fut récipiendaire du premier prix Émérite décerné par CECOBOIS, centre d’expertise sur la construction commerciale en bois.


