Les dernières données économiques mettent en évidence des indicateurs de croissance positifs pour l’industrie de la construction au Canada, dépassant les autres industries canadiennes, malgré une hausse continue des coûts de construction et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
L’Association canadienne de la construction (ACC) vient de publier l’édition d’hiver de son rapport Perspectives économiques trimestrielles de la construction (PETC). On y fait état d’une croissance du PIB de la construction de 1,3 % au T3 2025, dépassant ainsi la moyenne de l’ensemble de l’industrie et ouvrant la voie à une avancée continue.
« Les opportunités qui s’offrent à notre industrie sont considérables, mais les risques le sont tout autant, a déclaré Rodrigue Gilbert, président de l’ACC. Les investissements du gouvernement fédéral stimuleront la croissance, mais la hausse des coûts et les contraintes en matière de main-d’œuvre continueront à limiter la capacité du secteur à exploiter pleinement son potentiel et à réaliser l’ambitieux programme de construction du Canada. »
Face à la fin de l’année 2025, l’indice des prix de la construction de bâtiments (IPCB) a augmenté de 4,2 % en glissement annuel au T3, les augmentations étant particulièrement dues aux coûts dans les divisions du répertoire normatif pour les fabrications métalliques (+7 %), l’acier structural (+9 %), et la plomberie (+10,2 %).
De plus, le coût de la construction d’usines a augmenté de 5,7 %, tandis que le coût de la construction d’immeubles à bureaux a augmenté de 3,2 %.
Le budget fédéral 2025, publié en novembre 2025, présente 89,7 G$ de nouvelles mesures nettes pour les cinq prochaines années, dont 32,5 G$ sont classés comme investissements en capital. Au total, l’ACC a compilé qu’environ 32 G$ de nouvelles dépenses liées à la construction étaient prévues au cours des cinq prochaines années.

La construction résidentielle a baissé de 0,8 % au T3, après une hausse de 2,4 % au trimestre précédent. En revanche, les activités de revente se sont redressées pour la première fois depuis l’effondrement au T1, avec une hausse de 9,1 %. La reprise des marchés de la revente est un signe positif pour la demande future de nouvelles constructions.
À l’avenir : Considérations économiques et politiques clés
- Prévente d’appartements : les coûts de transfert de propriété ont bondi de 9,1 % au T3, après avoir chuté de 16,2 % au T1. L’activité de revente s’est améliorée, mais les volumes de prévente restent faibles. Les préventes sont un canal de financement essentiel pour les nouvelles constructions multirésidentielles, et il est difficile de lancer un projet sans un marché actif de la prévente. Les développements dans ce domaine seront suivis de près.
- Achetez canadien et droits de douane supplémentaires : les discussions à Ottawa sur les politiques Achetez canadien et les droits de douane sont en cours depuis mars 2025. Bien que les contingents tarifaires et les obligations Achetez canadien aient été mis en place, leur champ d’application continuera de s’étendre et leurs effets ne sont pas encore pleinement perceptibles dans les circuits économiques. Les entrepreneurs doivent s’attendre à une incertitude persistante concernant l’approvisionnement en matériaux, les exigences de conformité et les coûts des intrants, en particulier à l’approche de la date d’examen de l’ACEUM en juillet.
- Lois d’exécution du budget : le budget fédéral a été déposé, mais des détails importants peuvent encore être modifiés par les lois d’exécution du budget. La politique budgétaire est devenue fortement expansionniste et axée sur la construction jusqu’en 2026. Toutefois, les réductions opérationnelles et les restrictions en matière d’approvisionnement pourraient ralentir les approbations, en particulier pour les projets qui ne sont pas considérés comme prioritaires. Les changements susceptibles d’affecter le calendrier et l’admissibilité des projets feront l’objet d’un suivi attentif.
- Goulot d’étranglement en main-d’œuvre : la demande de main-d’œuvre devrait augmenter à mesure que l’élan national en faveur de la construction se concrétise par une série de nouveaux projets dans le domaine. Cependant, la politique d’immigration vise désormais à réduire les flux d’entrée et à diminuer la proportion de résidents temporaires au cours des prochaines années. Cela pourrait créer un vide à court terme dans l’offre de main-d’œuvre, entraînant une hausse du coût unitaire de la main-d’œuvre s’il devient contraignant.
Le rapport Perspectives économiques trimestrielles de la construction est disponible ici en français. La prochaine édition sera publié en avril 2026.


