Le plastique dans le commerce de détail : où s’en va-t-on?

On cible souvent le consommateur dans la lutte contre les emballages de plastique, en l’invitant à apporter ses contenants à l’épicerie, à utiliser des tasses réutilisables, à éliminer les pailles, à privilégier les grands formats plutôt que les emballages individuels. Et si l’industrie aussi en faisait davantage ?

Dans le monde l’alimentation, on parle de plus en plus de réduire, voire d’éliminer l’utilisation des sacs de plastique à usage unique. Dans l’industrie de la quincaillerie et des matériaux, à quoi s’attendent les consommateurs et qu’est-ce qui peut être fait à court et à moyen termes pour effectuer un virage important dans ce domaine? Les emballages de plastique ne disparaîtront pas de sitôt, mais certaines entreprises font des efforts pour en diminuer l’usage.

« Il est aujourd’hui possible de remettre à neuf les plastiques recyclables no 1 de type PET », assure Daniel Solomita, président de Loop, une entreprise de Terrebonne qui a mis au point une technologie pour recycler ce plastique indéfiniment. « On travaille avec Pepsi-Cola, Evian, Nestlé, tous les gros joueurs au monde, se réjouit-il. Notre technologie sera en opération dans plusieurs de leurs chaînes de production d’ici deux ans. »

Avant d’être une réelle préoccupation environnementale, la principale motivation de l’industrie à modifier ses emballages en est une d’ordre financier. « Il faudrait que l’industrie de l’emballage intègre davantage de matières recyclées, idéalement jusqu’à 75 %, suggère Louise Hénault, de la Fondation Suzuki. Cela permettrait de créer une réelle économie circulaire rentable. »

Faible taux de recyclage actuel

Le Canada ne recycle qu’environ 9 % du plastique qu’il produit. Selon un rapport récent préparé pour Environnement Canada par Deloitte et Cheminfo Services, les Canadiens ont rejeté 3,3 millions de tonnes de plastique en 2016, soit 12 fois plus que ce qui a été effectivement recyclé.

Le nombre d’installations de recyclage au Canada est limité et l’absence de normes pour les emballages en plastique rend difficile le recyclage de nombreux articles. Par exemple, différents colorants ou colles utilisés dans les étiquettes peuvent rendre le recyclage impossible.

Le rapport a également souligné qu’il est toujours moins coûteux et plus facile de produire et d’utiliser du nouveau plastique que de recycler et d’utiliser ce plastique recyclé. Le rapport recommandait ainsi de définir des normes imposant une quantité déterminée de matériaux recyclés dans les matériaux d’emballage et d’autres produits.

15 milliards

Nombre de sacs de plastique utilisés par les Canadiens chaque année.

On parle de plus en plus de donner une seconde vie au plastique. Des expériences pertinentes ont été menées à divers endroits. On parle de tissus, de pistes cyclables et même de maisons produits à partir de déchets de plastique.

À cet effet, allez consulter un reportage de La Presse paru le 15 juillet :Une seconde vie pour le plastique.

Vers une stratégie nationale pour la réduction du plastique ?

Selon un rapport récent préparé pour Environnement Canada, les Canadiens ont rejeté 3,3 millions de tonnes de plastique en 2016, soit 12 fois plus que ce qui a été effectivement recyclé. Voilà pourquoi il est devenu urgent d’agir et de se donner un plan d’action structuré et efficace, croit le gouvernement Trudeau. « Mais pas n’importe comment ni sans une consultation sérieuse des parties concernées », a dit le Premier ministre Trudeau en point de presse récemment.

Les ministres de l’Environnement des provinces et celle du Canada, Catherine McKenna, se sont réunis les 26 et 27 juin à Halifax pour discuter de divers dossiers environnementaux, dont celui du plastique.

Mme McKenna a indiqué que le gouvernement fédéral et les provinces se sont entendus pour élaborer un plan d’action visant à harmoniser progressivement le recyclage et la réduction des déchets de plastique au pays — quoique les détails de cette stratégie nationale restent à préciser.

La ministre a déclaré qu’on avait convenu de fixer des normes et des objectifs cohérents aux entreprises qui produisent du plastique ou qui l’utilisent pour emballer leurs produits. En vertu de ce plan, les entreprises pourraient être responsables de la gestion et de la collecte de leurs déchets de plastique — ainsi que de la facture pour en disposer.

Un plan à long terme

Catherine McKenna

La ministre McKenna a convenu que « cela prendrait du temps » avant de négocier les différents éléments de ce plan d’action national « zéro plastique », dont les détails commenceraient à être finalisés dans les mois à venir.

Pour sa part, le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, s’est réjoui de cette initiative nationale. Lorsqu’on lui fait remarquer que le plan demeure plutôt vague pour l’instant, le ministre Charette signale qu’« on est à la première étape ».

En point de presse à Mont-Saint-Hilaire, le Premier ministre Trudeau a pour sa part indiqué : « Le plastique nous facilite la vie. Mais la pollution provoquée par ce matériau est devenue un problème global », a-t-il souligné. Un problème auquel les Canadiens contribuent, puisqu’ils génèrent chaque année plus de trois millions de tonnes de déchets de plastique.

Après avoir promis à plusieurs reprises de réduire la pollution imputable aux déchets de plastique, le gouvernement Trudeau se donne deux ans de plus pour dresser une liste de produits de plastique à usage unique jugés « néfastes » pour l’environnement et qui pourraient donc être interdits au Canada.

Vignette photo de l’entête : Dans le magazine courant de Protégez-vous, une enquête confirme Costco comme roi des bas prix, mais les consommateurs sont de plus en plus nombreux à rouspéter contre le suremballage. Les fabricants qui veulent dominer doivent s’attaquer à cette nouvelle préoccupation.

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