Lettre de l’AQMAT aux ministres Fitzgibbon et Boulet au sujet du rôle des quincailleries face aux non-vaccinés

Ce matin, par la voix de son président Richard Darveau, la direction de l’AQMAT sollicite deux des ministres du gouvernement du Québec pour qu’ils fassent valoir les impacts négatifs sur l’économie et la main-d’œuvre que causerait l’obligation du passeport vaccinal dans les centres de rénovation d’un certain format.

Voici un premier extrait de cette missive co-adressée à Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation et Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

 

« On nous disait qu’un taux de vaccination de 80 % suffirait. On est rendu à 92 %. Tout le monde s’entend pour dire que 100 % est une chimère qui, à force d’être visée de manière obsessive, pourrait nous faire oublier la vraie mission du gouvernement dans cette gestion de crise : garder la population en santé et lui donner aussi la force mentale pour combattre le fléau et s’adapter à une toute nouvelle réalité.

Or, des citoyens actifs, notamment au travail, dans un cadre sain, où ils développent le sentiment de contribuer à la société, représente à nos yeux le plus beau des atouts pour œuvrer efficacement aux côtés de votre gouvernement dans sa lutte. »

 

Les principaux motifs invoqués par M. Darveau pour inciter les deux ministres à peser de leur influence au conseil des ministres afin de tuer dans l’œuf le projet de décret sont les dix suivants :

  1. aucun non-vacciné ne se pointera aux grands magasins, donc on aura installé un attirail technique et humain inutilement encombrant, coûteux et possiblement générateur de propagation du virus du fait des files d’attente ;
  2. la mesure sera très temporaire du fait que le variant Omicron démontre un peu plus tous les jours sa gravité relative ;
  3. si l’on estime à 800 000 les non-vaccinés et que les grandes surfaces où ils seront persona non grata en accueillaient 75 % d’entre eux, c’est donc dire que les quincailleries de quartier en recevront quatre fois plus qu’avant. De quoi élever le niveau d’anxiété des employés de ces commerces et des clients vaccinés ;
  4. l’intention d’encourager la fréquentation des petits commerces sera annihilée par le fait que les vaccinés, au contraire, seront bien plus portés à se diriger vers les commerces contrôlant le passeport à l’entrée ;
  5. de source informée, les entrepreneurs en construction et leurs travailleurs afficheraient un taux de non-vaccination supérieur au 8-10 % dont les médias parlent pour la population générale. Or, les matériaux de construction qui font rouler l’économie étant concentrés dans les grandes surfaces visées, ils ne pourront alimenter les chantiers tant résidentiels qu’institutionnels. Un bâton de plus dans les roues de la relance économique ;
  6. l’obligation d’affecter des employés à une tâche sans valeur pour l’expérience client (contrôle de passeport et d’identité), sans doute doublée de l’ajout d’un agent de sécurité externe sont contreproductifs d’un point de vue logistique et économique ;
  7. un cul-de-sac légal empêche les entreprises d’exiger la vaccination de leurs employés, ce qui a pour effet que ces commerces, comme toute autre entreprise, ne peuvent prétendre être des lieux exempts de risques. Le défi consiste à bien les gérer, ce à quoi les nôtres s’appliquent depuis le jour un de la pandémie ;
  8. votre gouvernement a eu la présence d’esprit d’accorder le statut d’essentiel aux quincailleries et centres de rénovation depuis le début de cette crise. La cohérence oblige de faciliter le plus possible l’accès à ces établissements, ce que n’aura pas comme effet le passeport vaccinal ;
  9. à partir du redoux, l’achalandage en centre de rénovation décuple, d’où des files d’attente problématiques ;
  10. à ce stade, l’éducation aux meilleures pratiques en termes d’hygiène et de distanciation doivent primer dans votre coffre sur l’outil vaccination qui atteint ses limites.

M. Darveau conclut ainsi : « Si la chasse au noyau dur de non-vaccinés à laquelle vous demandez à nos troupes, à leurs employés et à leurs clients de participer nous semble disproportionnée, ce sont surtout ses dommages collatéraux qui nous inquiètent et qui prendront la forme probable d’une aggravation du climat social et sanitaire, de la pénurie de main-d’œuvre et de la santé financière déjà fragilisée de milliers de commerces de détail. »

Cliquer ici pour lire la lettre aux deux ministres dans son intégralité.

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