La quête du sens de ce qui est essentiel

Nos commerces ont eu la chance d’être sur la liste courte de ceux qui peuvent ouvrir alors que sévit le pire drame humain depuis la Deuxième guerre mondiale. Il faut remercier Horacio, Dieu ou l’autorité de votre choix.

Mais n’abusons pas.

Un marchand me disait ce matin dans un français coloré : « Y’en a qui poussent leur luck ».

Je me sens obligé de rappeler à certains ce que j’écrivais le 24 mars :

« Le gouvernement nous permet d’ouvrir pour deux privilèges qu’il importe d’user avec humilité : c’est parce que nous sommes là pour répondre aux besoins d’une population qui subit une grave crise et c’est parce que nous promettons de ne pas baisser la garde en matière de salubrité, d’hygiène et de distanciation sociale. »

J’avais alors étalé un mot d’ordre en cinq points. Je les réitère, mais j’en ajoute même quelques autres, car le climat social a beaucoup évolué :

  1. n’ouvrez que si nécessaire, c’est-à-dire si votre situation sociale ou géographique vous permet de jouer un rôle-clé dans le service à la population;
  2. ouvrez le minimum d’heures, le minimum de jours, selon votre lecture de ce qui répondra au mieux à la population que vous desservez;
  3. coordonnez votre horaire avec celui de vos concurrents : soit que vous convenez d’un même horaire, soit que vous convenez d’heures complémentaires, c’est-à-dire que l’un ouvre quand vous n’ouvrez pas, et vice-versa;
  4. soyez à l’écoute de l’inquiétude, voire du désarroi de chacun de vos employés et agissez d’abord dans l’intérêt de leur intégrité physique et morale;
  5. demeurez vertueux par rapport à la protection de la santé de vos clients, car personne ne vous en voudra d’être particulièrement sévères dans l’application des mesures sanitaires recommandées;
  6. ne profitez pas de la décision de certains de vos concurrents qui ont préféré fermer afin de protéger leurs employés et eux-mêmes pour « tirer la couverture » trop fortement vers vous. Ceci pourrait être un gain court terme, mais une mauvaise décision long terme. Restez gentlemen;
  7. pour assurer le respect de la norme de distanciation sociale, évitez toute promotion en magasin qui pourrait générer des queues, lesquelles non seulement augmentent les risques, mais pourraient aussi affecter votre réputation de bon citoyen;
  8. supportez votre réseau de santé en approvisionnement de produits gratuitement ou au prix coûtant : la société a besoin de vous.

Eu égard au dernier point, plusieurs ont reçu un appel à l’aide de la part du président du conseil de l’AQMAT, Dominique Bélanger, propriétaire du RONA, rue Masson. Il exhorte toutes les quincailleries qui ont fait le choix de demeurer ouvertes de faire preuve de générosité envers les travailleurs de la santé qui, eux, ne sont pas un commerce essentiel, mais bien un service essentiel. La nuance est de poids.

M. Bélanger évoque les besoins en masques, gants, visières ou désinfectants, mais la liste est plus exhaustive, on s’en doute. Il cite l’exemple dans son coin d’une pénurie de tables ajustables.

Il demande à tous de faire un effort collectif pour récolter le maximum d’inventaire d’articles de la sorte. Je suggère même d’être proactifs et de communiquer avec le service d’approvisionnements de l’hôpital ou de la clinique médicale le plus près pour s’enquérir de leurs besoins spécifiques.

M. Bélanger suggère même de se concerter. Sans tomber dans la fixation des prix, ce qui pourrait à raison nous être reproché, il y a en effet un potentiel de coordination pour devenir plus prompts à servir la cause.

J’ai été touché par ce souhait de M. Bélanger : « J’aimerais que les acheteurs du réseau de la santé soient moins dans l’obligation de faire appel à l’étranger ». Comme il le souligne, après tout, c’est un peu aussi notre argent que l’État dépense en ce moment…

Vous voulez aider? Communiquez avec Dominique Bélanger : dominique.belanger@ronabelanger.com

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