La fin des plafonds suspendus dans les sous-sols?

La semaine prochaine, l’AQMAT va déposer devant la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) son appréciation devant le projet de modifier le chapitre I, Bâtiment, du Code de construction. Les membres sont invités à enrichir de leurs opinions et renseignements la position que défendra l’AQMAT en leur nom.

Le projet vise à adopter, ironiquement, l’édition 2015 du Code national du bâtiment (CNB), lequel a été publié par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) avec des modifications en septembre 2018. Sont notamment poursuivis les objectifs suivants :

  • faciliter l’accessibilité des bâtiments par de nouveaux aménagements et l’augmentation des dégagements pour accéder aux équipements ;
  • améliorer le niveau de sécurité des utilisateurs dans les escaliers et les rampes (diminuer les risques de chute) ;
  • diminuer les risques de propagation d’un incendie en améliorant l’intégrité des séparations coupe-feu et en exigeant l’installation de gicleurs ;
  • améliorer l’évacuation des bâtiments lors d’incident ou d’incendie (détection, alarme, utilisation des moyens d’évacuation) ;
  • fournir une meilleure protection contre les risques liés aux changements climatiques (vent, pluie, neige, glace) et aux forces sismiques, les valeurs de risque pour la conception résistant aux forces sismiques ayant été mises à jour en fonction des nouvelles connaissances ;
  • améliorer la santé des occupants (ventilation, tour de refroidissement à l’eau, drainage).

En général, l’AQMAT et ses membres voudront toujours s’inscrire dans l’encadrement de normes réduisant le gaspillage énergétique et augmentant le confort et la sécurité des citoyens dans leur maison. Toutefois, il faut s’assurer que des nouvelles normes ne soient pas tatillonnes. Cela nous semble être le cas d’une section du projet de règlement où l’on aborde la question de la finition des sous-sols.

Enjeu concernant la finition des sous-sols

L’un des enjeux que l’AQMAT et d’autres observateurs de l’industrie de la construction entendent soulever concerne les plafonds des sous-sols.

Une nouvelle exigence fait son apparition à l’article 9.10.8.1: voir page 241 du PDF. Elle obligerait de fermer les plafonds des sous-sols, donc d’interdire les plafonds à nu, et d’employer pour ce faire un seul matériau : des plaques de plâtre (gypse) d’au moins 12,7 mm d’épaisseur.

Grosso modo, on veut exiger que tous les sous-sols des nouvelles maisons soient livrés avec un gypse au plafond.

Autrement dit, fini les plafonds non finis au sous-sol.

Le motif allégué ? Les risques d’incendie.

Il est vrai que le panneau de placoplâtre est ignifuge par nature et que des modèles coupe-feu offrent des indices de résistance supérieures, même que certains panneaux, traités chimiquement, permettent aussi d’affronter la moisissure en surface. Cependant, sa pose requiert le port d’un masque et son application et celle du ruban suppose de respecter certaines normes.

Cependant, on sait que les Québécois préfèrent, pour des raisons pratiques, faire eux-mêmes le plafond de leur sous-sol après la livraison de l’immeuble. Ils le font généralement en plafond suspendu, une option simple, jugée esthétique, du moins pour un sous-sol, et surtout pratique.

En effet, il est pas mal plus facile et moins cher de passer des câbles, de la tuyauterie, en déplaçant quelques tuiles qu’on replace ensuite. Les matériaux requis (tuiles à suspendre et moulures) coûtent plus cher que les panneaux de gypse, mais s’avèrent vraiment plus utiles dans la durée, en plus de procurer aux marchands de meilleures marges lors de la vente que la transaction de feuilles de gypse.

Mentionnons également que des modèles de plafonds suspendus sont offerts avec des résistances contre le feu.

L’AQMAT ouvre donc un sondage à ses membres aujourd’hui même en leur posant cette simple question : Appuyez-vous le projet du gouvernement de forcer le recouvrement des plafonds des sous-sols des maisons neuves avec des panneaux de gypse et d’interdire l’option des tuiles de plafond suspendu ?

Cliquez ici pour répondre au sondage.

Pour couvrir par exemple une surface moyenne de 1 100 pi ca, l’achat de tuiles représentera environ 1000 $ en plus de 975 $ pour le système de rails. Des feuilles de gypse ne coûteront qu’environ 400 $. Il en résulte une perte pour le marchand, mais surtout, des obligations lourdes chaque fois qu’une rénovation ou un incident obligent d’ouvrir le plafond.

3 comments on “La fin des plafonds suspendus dans les sous-sols?

  1. sylvio on

    Si cette loi persiste il faudra demander au nouveau propriétaire à savoir si il veut l’isoler et/ou l’insonoriser également quel type d’éclairage il préfère et est-ce que la balayeuse central est déjà installé etc. avant de le fermer avec le  »gyps » . Par contre comme de plus en plus le filage audio est remplacé par le WI/FI donc moins besoin d’avoir accès…

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    • Denis Mathieu on

      Je suis propriétaire de ma maison et mon sous-sol n’est pas fini. Je trouve ridicule cette loi qui interdirait les plafond suspendus. En cas de besoin, fuite de tuyaux, passage de nouveaux fils ou autres, obligerait de briser le gypse, en petite ou grande section et le refaire à neuf par la suite. Ça augmenterais énormément les coût des travaux ou, comme dans mon cas, allongerais le temps de travail inutilement. (Je suis un habile bricoleur et je fait la majorité des petits et moyens travaux chez moi.) Je suis totalement contre cette loi.

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