Dévoilement de la plateforme électorale de l’AQMAT

Du 19 au 23 septembre 2022, la « Semaine de la quincaillerie en tête et en fête » survient en pleine campagne électorale. L’AQMAT a donc cru opportun d’en profiter pour sensibiliser la classe politique à ce qui occupe et préoccupe ses membres. In échantillonnage de cent propriétaires de quincailliers et manufacturiers de matériaux de construction ont donc classé par ordre de leurs priorités différents enjeux par le biais d’une consultation électronique menée du 15 au 17 septembre.

Il s’avère que trois sujets occupent le peloton de tête des enjeux identifiés par les marchands et leurs fournisseurs, formant un trio fort cohérent, soit les heures d’ouverture, l’achat local et le déclin de la population active.

La première place sur le podium des priorités des marchands et de leurs fournisseurs concerne l’actuelle Loi sur les heures et les jours d’admission dans les établissements commerciaux. Selon les répondants, tant qu’elle ne sera pas modifiée pour forcer les commerces à ouvrir moins d’heures par semaine, il deviendra de plus en plus difficile de recruter et de garder de bons employés et les parts de marché continueront de favoriser les plateformes web comme Amazon.

Le président de l’AQMAT a d’ailleurs signé une lettre ouverte aux politiciens pour dénoncer cette situation.

Les quincailliers dénoncent également le manque d’encouragement au véritable achat local qui devrait consister à acheter dans une boutique ‘ici des produits fabriqués le plus près possible. La notion de circuits courts d’approvisionnement a pour effet d’augmenter le contrôle de la qualité et des délais avec comme conséquence un effet-garrot sur l’étiolement de notre tissu manufacturier. Et comme le soulignait en commentaire l’un des répondants à l’enquête : «Encourager le développement de magasins de proximité permet aussi de réduire le besoin d’un véhicule pour faire ses achats.»

Quant au déclin de la population active, c’est la toile de fond du problème des heures d’ouverture. Dans le même panier, les répondants accusent l’immigration plafonnée, la bureaucratie entourant les travailleurs temporaires et les contraintes fiscales pour embaucher des retraités à temps partiel comme causes variables du manque de main-d’œuvre.

Parmi les idées suggérées librement par des participants, notons les suivantes :

  • réduction de la charge fiscale pour le temps supplémentaire;
  • aide financière à l’informatisation (pour étiquetage électronique, caisses autonomes, bornes de service électroniques);
  • annulation de tout impôt sur le revenu à payer pour les retraités qui choisissent de continuer à travailler. Raison invoquée pour appuyer cette mesure : « Ils/elles ont déjà contribué à l’économie toute leur vie.»

Quatre autres enjeux

La relève entrepreneuriale et la construction de plus de logements neufs par année ont également retenu l’attention des répondants à l’enquête de l’AQMAT.

En effet, pour mieux encourager la passation des pouvoirs à la prochaine génération, la fiscalité devrait être revue. L’objectif de favoriser la propriété familiale des entreprises rejoint plusieurs participants qui expriment également le désir que des actions soient prises pour enrayer la fuite des sièges sociaux.

L’une des participantes lance l’idée audacieuse de rendre la planification de la relève obligatoire pour toute PME. Un autre soutient que la loyauté au travail devrait être récompensée par un crédit d’impôt. Comme on dit en anglais, il faut « penser en dehors de la boîte ».

Réputés pour agir en bons parents et en citoyens solidaires, les dirigeants d’entreprise sondés sont nombreux à voir dans la construction de plus de logements par année une manière d’offrir à la classe moyenne et aux citoyens défavorisés plus de choix de logements à prix acceptable.

Au sujet de la dépendance aux variations de prix des matériaux, les membres de l’AQMAT se montrent ouverts à obtenir une meilleure information prédictive. Certains souhaitent qu’une réflexion soit amorcée sur un rôle de l’État en vue d’établir un mécanisme pouvant réduire les soubresauts ingérables du prix du bois québécois et possiblement d’autres matériaux.

Les frais inflationnistes du transport de marchandises étant partiellement attribuables au prix de l’essence, un participant rappelle ceci : « Avant, le prix du baril régulait le prix à la pompe, les pétroliers ne pouvaient surcharger à leur guise. Un contrôle du prix de l’essence réduirait les frais de transport des marchandises, et donc leur prix.

Une autre sondée a lancé l’idée de développer un marché de libre-échange avec l’ensemble des pays du Commonwealth.

Enfin, la valorisation de l’innovation dans la construction serait aussi un enjeu. « Avant de voir un nouveau produit être utilisé pour les nouvelles constructions au Québec, il peut parfois se passer plusieurs années », condamne un des participants.

Fermons la marche avec le besoin d’un crédit d’impôt vert. Pour répondre à une tendance lourde en faveur de produits plus écologiques et pour stimuler l’innovation dans les matériaux et les techniques de construction, l’idée de ramener Rénovert comme le propose le Parti libéral du Québec est plutôt bien accueillie.

«L’environnement me tient à cœur », dit l’un des sondés. « C’est avec des lois qu’on va avancer. Je favorise le bien-être et la communauté. S’enrichir a ses limites.»

« L’amélioration des méthodes de construction favorisant les économies énergétiques nous permettrait d’atteindre encore plus rapidement nos cibles en matière d’écologie et sécuriserait les dépenses énergétiques des générations à venir », affirme courageusement un autre.

Richard Darveau conclut : « La table est mise, je sais ce que la majorité des membres veulent que je défende en leur nom. Et je m’y mets dès maintenant.

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