Bilan mi-année des dossiers défendus par l’AQMAT pour ses membres

Depuis le premier janvier, grands et petits dossiers m’ont tenu occupé, à Ottawa et à Québec, même à Montréal. Bilan d’une douzaine de victoires, de défaites et de matchs en prolongation.

Crédits d’impôt :

Au bilan du premier semestre, l’enjeu des crédits d’impôt applicables sur des travaux de rénovation souffle le chaud et le froid.

À Québec, le ministre des Finances prétend, sans fournir de preuves, que Rénovert n’entraîne pas de grandes retombées et que de toute façon, le rendement de nos entreprises ne semble pas nécessiter d’aide de la sorte. Avec l’APCHQ notamment, nous allons peaufiner l’argumentaire à la fois financier et économique pour revenir à la charge à l’automne au moment de la préparation des budgets 2020 du gouvernement.

Le chef de l’Opposition officielle au fédéral promet le retour d’un crédit d’impôt applicable aux rénovations écologiques. Nous allons veiller à ce que ses vœux se matérialisent s’il devient premier ministre.

 

Soutien à la chaîne de valeurs des matériaux fabriqués au pays :

Le succès du démarrage du programme « Bien fait ici » auprès des bannières et de leurs fournisseurs permet maintenant à l’AQMAT et à ses partenaires d’approcher les gouvernements pour obtenir leur soutien et éventuellement le financement de certaines actions.

À l’échelle du Québec, puisqu’on a déjà atteint la masse critique des 50 fabricants, on demande au gouvernement d’appuyer financièrement leur présence dans des salons de l’habitation cet automne et l’hiver prochain. On demande aussi une assistance dans la conception d’une série télévisée où les participants devraient tenter de construire une maison avec le maximum de produits faits ici.

Au gouvernement du Canada, il est demandé de financer une première campagne de publicité afin de donner de la notoriété au logo auprès des propriétaires résidentiels. Une deuxième demande visera à aider le développement technologique d’une application permettant aux clients en quincaillerie d’accéder au contenu des fiches de produits catalogués sur ici-here.ca à l’aide de leur téléphone intelligent.

 

Délais de paiement :

Les paiements moyens de 80 jours dans la construction par les donneurs d’ouvrage fragilisent la trésorerie des centres de rénovation et de leurs clients entrepreneurs dont ils deviennent otages. Ils découragent même certains marchands de répondre à des soumissions.

Cette année, de beaux gains ont été enregistrés :

  • quatre projets-pilote sont actuellement menés pour des chantiers relevant du gouvernement du Québec. La démarche vise à tester un calendrier de paiement obligatoire et un mécanisme de règlement des différends rapide et efficace par le biais d’un intervenant-expert.
  • le budget fédéral de mars 2019 a mis en œuvre une législation fédérale garantissant que tous les paiements des chantiers gouvernementaux soient acheminés rapidement dans la chaîne d’approvisionnement de la construction enrichi d’un accès à l’arbitrage.

L’AQMAT suivra les retombés des projets-pilote démarrés à Gaspé, à Montréal et dans Chaudière-Appalaches. On s’assurera par ailleurs que les intentions exprimées par le ministre sortant Morneau ne demeurent pas lettres mortes, peu importe qui reprendra le pouvoir après le 21 octobre.

 

Permis municipaux bureaucratiques :

Sur le territoire de la ville de Montréal, possiblement ailleurs, les centres de rénovation font face à des embûches bureaucratiques au moment de livrer des matériaux aux chantiers résidentiels et autres à l’aide d’un camion-girafe. Que chaque arrondissement exige un permis assorti d’une date et d’une heure précises afin de favoriser la fluidité de la circulation est une chose. Qu’un délai de dix jours ouvrables soit imposé à chaque requête et qu’en plus il ne soit pas toujours respecté n’est pas acceptable, ni pour le client, ni pour le magasin, sans parler des amendes escalatoires s’il y a récidive. L’AQMAT s’empare du dossier et avec d’autres associations, promet des résultats.

 

Code de livraison du gypse :

Livrer des feuilles de gypse est interprété comme un acte de construction eu égard à la Loi R-20 qui protège les métiers de la construction, dont celui de poseur de systèmes intérieurs. Une telle surprotection syndicale est contraire à l’efficacité souhaitée des chantiers. Nous militerons en faveur d’une révision sans réduire la sécurité des travailleurs et de la clientèle.

 

Gourmandise des grutiers :

Connue comme étant le Local 791G, l’Union des opérateurs de grues affiliée à la FTQ ratisse large en forçant l’assimilation de tout appareil de levage, tels que des chariots télescopiques et des camions-girafes, à de véritables grues, pourtant destinées à des charges lourdes et des hauteurs élevées. Nous combattons cette offensive sémantique qui vise la syndicalisation au détriment de chantiers efficaces.

 

Promotion des produits électriques :

La Corporation des maîtres électriciens du Québec demande à des quincailleries de retirer leurs panneaux montrant aux clients les prises et circuits électriques disponibles en magasin sous prétexte que cela incite les consommateurs à poser des gestes réservés à leurs membres. Établissons cependant les faits : rien ici ne contrevient à l’article 201 de la Loi sur le bâtiment, lequel stipule qu’il doit s’agir d’encouragements, de conseils ou d’ordres.

Il n’est nullement dans les intentions de nos marchands et encore moins dans leurs intérêts d’inciter le grand public à s’improviser électricien en raison de la loi en vigueur et des amendes qui peuvent s’en suivre.

Pour que les quincailleries demeurent libres de promouvoir leurs produits, nous discutons avec la CMEQ pour qu’elle se satisfasse d’une notice associée aux panneaux exposant les produits électriques qui se lirait comme suit : Attention, au Québec, nul ne peut exécuter des travaux d’électricité de quelque nature que ce soit, dans sa résidence, sur sa propriété ou ailleurs pour autrui, s’il n’est pas entrepreneur électricien.

 

Rabais d’Hydro-Québec discriminatoires :

La société d’État Hydro-Québec a choisi de promouvoir uniquement le chauffe-eau Ecopeak de la compagnie Giant et pire, elle accorde un rabais de 100 $ uniquement aux clients qui l’achètent auprès des détaillants affichant les enseignes Ace, Canac, Réno-Dépôt et RONA. L’AQMAT ne peut accepter que certains de ses membres soient mis de côté par le gouvernement ou l’une de ses créatures.

Nos démarches devraient porter fruit sous peu. Au minimum, le programme cessera le 31 décembre et ne sera pas reconduit sous la même forme.

 

Inondations et congé de Pâques :

L’AQMAT a pesé de tout son poids pour obtenir en 48 heures une dérogation afin que les commerces de Beauceville, dont la quincaillerie, puissent ouvrir et fournir des services essentiels à leurs concitoyens subissant les crues printanières.

Étant donné le réchauffement climatique, les inondations risquent de prendre d’assaut plusieurs municipalités régulièrement. L’AQMAT milite en faveur d’une modification à la Loi sur les heures et les jours d’ouverture des commerces pour que les quincailleries et centres de rénovation puissent ouvrir selon les horaires de leur choix aussitôt que le statut de leur municipalité est officiellement déclaré en état d’urgence.

 

Table ronde des partenaires de l’industrie de la construction :

Sous le gouvernement libéral, la ministre Anglade avait accepté l’idée d’une grappe permettant à toutes les parties prenantes de notre écosystème (entrepreneurs, donneurs d’ouvrage, corps professionnels, fabricants, marchands, maisons d’enseignement, syndicats, etc.) de trouver des solutions à des problématiques communes. Le gouvernement de la C.A.Q. ne semble pas en voie de poursuivre le projet. Qu’à cela ne tienne, avec plus d’une douzaine d’associations patronales, l’AQMAT est à instaurer une coalition des employeurs pour s’attaquer entre autres au virage numérique que tardent à prendre nos membres, à la sacro-sainte règle du plus bas soumissionnaire qui trône dans les appels d’offres publics et au manque de culture de qualité.

 

Promotion des carrières en quincaillerie :

La pénurie de main-d’œuvre frappe partout, commerces comme usines, en ville et en campagne, dans les entreprises établies autant que dans celles en démarrage. L’AQMAT termine la conception d’une offensive grand public déposée à Emploi Québec et aux bannières en quincaillerie qui permettrait de faire valoir notre industrie comme destination où faire carrière plutôt que simple gagne-pain.

Seront visées en particulier par une présence dans les foires d’emploi et d’habitation, des quiz, des conférences, des articles dans les médias et de la publicité les clientèles suivantes, toutes sous-représentées en emploi dans les quincailleries et les usines qui les desservent : les femmes, les personnes handicapées, les nouveau arrivants, les premières nations, les 55 ans et plus ainsi que les vétérans des conflits armés.

 

Familles en affaires et placements passifs des entreprises :

Sous l’égide de la FCEI, nous continuerons de talonner les partis en lice aux élections fédérales sur trois plans :

  • fiscalement parlant, avantager le transfert d’entreprise à l’intérieur d’une même famille;
  • reconnaître l’apport essentiel des conjoints à la réussite d’une entreprise en les exemptant complètement des nouvelles règles sur le fractionnement du revenu;
  • accéder à un taux d’imposition qui soustrait les placements existants aux nouvelles règles fiscales sur les placements passifs pour tous les propriétaires d’entreprises qui se sont conformés aux anciennes règles pendant des décennies.

 

Iniquité fiscale des ventes réelles versus virtuelles :

Tout commerce établi au Québec perçoit la taxe de vente (TVQ). Les biens tangibles achetés à l’étranger par des Québécois et qui transitent à la douane sont donc avantagés. L’AQMAT soutient le Conseil québécois du commerce de détail et souhaite que le projet-pilote de prélèvement des taxes à la douane mené par Revenu Québec, l’Agence des services frontaliers du Canada et Postes Canada soit concluant.

 

Richard Darveau, président et chef de la direction
AQMAT

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