Que les chantiers de construction rouvrent dès qu’ils peuvent être 100 % sanitaires

Richard Darveau, président et chef de la direction

Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT)

J’interpelle les associations d’entrepreneurs et les syndicats pour un engagement sans compromis à l’égard de la santé des travailleurs afin que les chantiers rouvrent aussitôt que possible, mais pas à n’importe quelle condition.

Nous avons initié le groupe Chantiers sanitaires sur Facebook, il y a une semaine, avec comme principal but de générer un dialogue entre les entrepreneurs et leur centre de rénovation local. Près de 140 entreprises ont immédiatement adhéré.

Chaque secteur économique subit la crise, mais celui de la construction est critique et mérite des actions d’ampleur et d’urgence.

Comme on le sait, l’effervescence de Noël dans la construction, c’est plutôt au printemps et au début de l’été qu’elle se manifeste. En une dizaine de semaines, marchands et manufacturiers devraient réaliser jusqu’à la moitié de leur année financière. C’est en effet en ce moment et jusqu’à la mi-juin que se construisent le plus d’habitations et que le pic des rénovations survient.

Avec les semaines qui vont passer, ça ca vraiment devenir problématique parce que la fenêtre de travail en construction neuve ne dure pas longtemps, sans compter l’échéance du 1er juillet pour 30 % de la population qui normalement déménage à cette date et à droit d’accéder à un logement en bon état.

Selon moi, tout l’écosystème de la construction doit démontrer au gouvernement du Québec, et en particulier aux ministres de la Santé et des Services sociaux ainsi qu’au ministre de l’Économie et de l’Innovation, que ses acteurs prennent en main avec tout le sérieux attendu l’enjeu des risques de propagation du virus afin de pouvoir opérer des chantiers sains à l’issue du décret qui prend fin le 13 avril.

On n’est plus dans la logique de la santé d’abord, mais de la santé, un point c’est tout.

L’impact des chantiers de construction interrompus se fait sentir en cascades sur les ventes au détail et le secteur manufacturier.

Selon un sondage express conduit par notre organisme le 1er avril, c’est à hauteur de 62 % que les affaires des commerces sont affectées par la fermeture des chantiers de construction. Pire, 12 % des 97 centres de rénovation qui ont répondu à l’enquête le jour même considère que leur commerce est menacé de disparaître si les chantiers demeurent trop longtemps fermés.

Si on remonte la chaîne, il y a actuellement 85 % des manufactures fermées, si bien que les bris d’inventaire pointent à l’horizon.

J’ai été surpris de constater que seulement 41 des répondants ont confiance que les entrepreneurs soient capables d’adopter des moyens adéquats pour contrôler les risques de propagation sur leurs chantiers. « Il est là l’enjeu. Il faut que nos gens qui sont en première ligne développent 100 % de confiance dans leurs clients entrepreneurs.

Les associations d’entrepreneurs et les syndicats en construction doivent changer cette perception, martèle l’AQMAT, et prendre tous les moyens pour que les « contracteurs » s’engagent sur le chemin du zéro risque.

Les barèmes de prévention en état de crise existent.

Depuis que les chantiers ont été fermé par décret au Québec jusqu’au 13 avril, l’Institut national de santé publique a émis une douzaine de mesures de prévention de la COVID-19 en contexte de chantier de construction, donc applicables en ce moment, c’est-à-dire pendant que les risques de transmission communautaire sont élevés. Ses recommandations sont confirmées par les autorités de santé publique comme aptes à protéger la santé des employés et de ceux qui fréquentent les chantiers.

Je demande aux employeurs et à la partie syndicale d’agir complémentairement, dans le respect de leurs rôles et statuts respectifs, mais dans un souci d’intérêt suprême pour la société.

Après avoir consulté plusieurs entrepreneurs, j’ai confiance qu’avec de la bonne volonté et de l’ingéniosité, chacune de ces mesures d’aménagement du mode et du temps de travail est applicable en propre, sinon en employant des procédés palliatifs.

Un exemple parmi tant d’autres : si deux travailleurs doivent être près l’un de l’autre pour un ouvrage, tel une infirmière qui injecte un patient, le port du masque des personnes impliquées compense pour l’impossibilité de respecter la règle de la distanciation sociale. Idem sur un chantier quand la situation se présente.

Il ne s’agit pas de s’endetter en modifiant de façon permanente la manière de se comporter sur un chantier, mais de prendre les dispositions nécessaires tant et aussi longtemps que les autorités de santé publique maintiendront l’état d’alerte à la propagation.

J’en appelle aussi aux marchands et à leurs bannières.

J’implore les quincailleries et les acheteurs de leurs bannières à veiller à approvisionner en quantité suffisante les articles et accessoires les plus susceptibles d’aider les

employeurs à fournir aux travailleurs de leurs chantiers tout ce dont ils ont besoin pour se sentir hors de tout risque de contracter le virus.

On demande aux marchands de quincaillerie et de matériaux de s’organiser pour disposer des stocks et du service afin de pouvoir desservir les professionnels qui accepteront de jouer le jeu de travailler avec zéro compromis pour la santé de leurs travailleurs dès que le premier ministre du Québec donnera le signal de rouvrir les chantiers.

Au nombre des équipements qu’il presse d’avoir en inventaire lorsque le signal de réouverture sera éventuellement donné : savon à main et pompes sans contact, grosses bouteilles d’eau, lingettes et chiffons, désinfectants à mains et de surfaces, lavabos sur pied et mobiles, toilettes portatives et douches de camping, gants, masques N95, etc.

2 comments on “Que les chantiers de construction rouvrent dès qu’ils peuvent être 100 % sanitaires

  1. Tremblay on

    Impossible ! Je vous le dit,trop de personnes et circonstances qui font que ça ne sera jamais sécuritaire sur aucuns chantiers. Tous pousseront pour un retour hâtif, que ce soit les promoteurs,les entrepreneurs, les syndicats,les travailleurs, les fournisseurs et les clients…et tous pour la même raison…LE CASH!!!!. Et oui,bien au delà de la santé, qui est loins d’être une priorité dans l’industrie,l’appât du gain va être plus forte que tout. Mais avec l’obligation de proximité des gens,les outils qui se promène partout,les matériaux ect ect ect…ils ne prendront JAMAIS AU GRAND JAMAIS,le temps de laver ou désinfecter qui ou quoi que ce soit. On a eu de la difficulté à obtenir une toilette chimique par chantier(mixte) sans jamais pouvoir se laver les mains dans une journée…j’ai fait 6ans dans ce domaine et mon père y a travaillé toute sa vie et ça n’as pratiquement pas changé. Comme ils ont TOUJOURS dit,c’est de même pis ça va rester de même pis ça qu’on le veuille ou non,ils aont tous la dedans pour faire du gros cash et ils se tiennent tous la dedans…bien au delà de la santé. Et si ils ne peuvent pas travailler légalement, ils vont retirer leurs chômage et le faire au noir,comme ils l’ont toujours fait,car je n’ai moi même jamais vu un inspecteur sur aucuns des chantiers que j’ai fait,car eux aussi se font acheter…alors si ils repartent les chantiers bientôt, ils vont ramasser les morts par centaines et milliers,la chose est sûre…car pour tout ce monde là, c’est le cash qui prime avant la santé et ils vont tout faire pour se remplir les poches,surtout que les syndicats entrent en maraudage et si il n’y a pas de chantier,ils ne pourront convaincre personne et ce n’est pas la c.c.q qui va être présente sur les chantiers pour faire appliquer les mesures d’hygiène et de sécurité et la c.n.e.s.s.t non plus….tout ça pour démontrer le ridicule de la demande…c’est comme essayer de se baigner dans une fosse a purin et essayer d’en sortir propre….IMPOSSIBLE !!!!!!!!!!

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  2. Richard Darveau on

    Merci de votre commentaire. On est quand même d’accord que l’argent ne pousse pas dans les arbres et qu’il faut que l’activité économique reprenne. Comme avant? Sans doute que nous: on va tous, patrons et employés, tirer des leçons du manque d’hygiène quotidienne dans nos vies, au travail comme à la maison…

    Personne n’a intérêt à ce qu’un travailleur de la construction attrape ce foutu virus. Personne. Car sans ses ouvriers, une entreprise n’est rien.

    Je n’ai pas plus foi que vous dans l’altruisme de tous les humains de la terre, mais j’ai confiance que l’intérêt commun sera prévaloir. Sinon, allez-vous me dire ou m’écrire que des patrons souhaiteraient sciemment que des accidents de travail surviennent? Mais non. Chaque accident de travail, chaque burn-out, et éventuellement chaque cas testé Covid-19 positif sera un drame de trop pour tout le monde.

    En terminant, j’ai une question pour vous: si un jour vous démarrez votre entreprise, pensez-vous que des cornes vont vous pousser sur la tête et que les bons sentiments que je sens chez vous et dont votre texte est imprégné vont disparaître automatiquement parce que vous accédez au statut de patron?

    Il y a, dans les mêmes proportions, des cons et des gentils du côté des travailleurs comme des patrons. Et je serais prêt à parier ma chemise que si vous démarrez votre entreprise, vous allez rester l’homme bon que je sens chez vous quand je vous lis.

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