Des élections américaines qui bousculent l’establishment

L’événement, que dis-je, la révolution entreprise hier par l’électorat américain, du moins par ses grands électeurs, confirme que, pour le meilleur ou le pire, l’ordre établi est une notion qui s’évapore à mesure que croît le pouvoir du citoyen.

Un parti dit Pirates a presque pris le pouvoir en Islande. L’Europe deviendra amputée de sa Grande-Bretagne. À une autre échelle, messieurs Nadeau-Dubois et Aussant, ici, questionnent l’opinion publique sur les vertus démocratiques du système en vigueur basé sur des partis politiques structurés, leur financement, leur base de fans.

Pendant ce temps, un entrepreneur affranchi s’est taillé une place jusqu’à la première de toutes, celle de président du pays le plus puissant de la planète et commandant-en-chef de son armée. Cela même contre la volonté des leaders de son parti.

Pourquoi ?

 

Donald Trump pourfend l’inertie perçue des grandes organisations en se présentant comme un représentant plus véritable du peuple et de ses besoins concrets et immédiats que son opposante Hillary Clinton. Comme a tenté de le faire Bernard Sanders, à la différence que le nouveau patron des États-Unis symbolise mieux le rêve américain auquel aspire la majorité de la population : il est hyper riche et arrogant comme le gérant d’estrade qui sommeille en nous. Il ne parle pas la langue de bois et affiche sans vergogne nombre de défauts, voire de vices dans lesquels se reconnaissent plusieurs. Il est concret.

Maintiendra-t-il son intention de rompre pratiquement tout traité économique, militaire ou environnemental liant son pays aux autres ?

Osera-t-il élever des barrières réelles ou virtuelles pour protéger les États-Unis et notamment ses producteurs de bois ?

Les questions méritent d’être posées et leurs réponses d’être suivies avec attention. Il y a fort à parier que le personnage en campagne se fera plus conciliant une fois assermenté.

Ce qui vient d’arriver nous ramène tous sur Terre. Le citoyen, votre client, veut de la proximité, de l’interaction, sentir qu’un père de famille fort semble savoir où il va et qu’il va veiller à son bien-être. Je ne suis pas en train de dire que M. Trump va livrer cette marchandise. Ma réaction à chaud témoigne strictement de l’impression de liberté que le candidat a insufflée au peuple.

Chacun dans son commerce et son industrie devrait tirer des leçons. L’AQMAT incluse. Le consommateur, le client, le membre sont devenus rois. Il désire avoir au moins l’impression qu’un pouvoir lui a été donné ou redonné. Que celui ou celle tout en haut lui ressemble comme humain tout en ayant accédé à des sphères (d’argent, de notoriété, d’indépendance) qui l’inspirent.

Dans le contexte, on peut se réjouir de la sagesse du premier ministre du Canada de n’avoir pas pris position avant l’élection du 8 novembre (ou devrait-on dire celle du 9 novembre, vu l’heure tardive du dénouement ?).

 

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