Bio et local à une seule adresse: les producteurs alimentaires se donnent la main pour envahir le web

Bien que lancé en juin 2018, on trouve déjà plus de 200 producteurs et plus de 1000 produits alimentaires sur le site maturin.ca où on peut vendre et acheter des aliments d’ici sans intermédiaires. L’AQMAT, qui a innové en lançant une offensive d’achat local et de qualité en quincaillerie s’intéresse au phénomène puisque dans ce cas, le projet incorpore la vente directe, ce que notre programme « Bien fait ici » ne permet pas.

Comme on dit, l’union fait la force. Maturin est un site web qui met les vendeurs (producteurs / transformateurs) du secteur alimentaire en relation directe avec les acheteurs (consommateurs / entreprises).

C’est en étant tous sur la même plateforme numérique et dans les mêmes entrepôts physiques que Maturin peut offrir une véritable alternative à la grande distribution.

Pour les consommateurs, nul besoin de visiter les producteurs / transformateurs à la ferme, aux marchés publics ou sur de nombreux sites web. En visitant maturin.ca, ils peuvent acquérir l’ensemble des produits bioalimentaires du Québec sans intermédiaire et ainsi créer de la valeur pour l’économie agroalimentaire du Québec et encourager le commerce local.

Idéal pour le réapprovisionnement de produits, la fidélisation de la clientèle ou simplement pour découvrir les joyaux du bioalimentaires québécois, Maturin laisse le plus d’argent possible dans les caisses des producteurs / transformateurs et la possibilité d’un rayonnement infini sur le web.

Le cofondateur du site, Jonathan L. Bélanger, donnait ce matin sur les ondes de Radio-Canada son exemple personnel suivant : « Quand je produisais du canard qui se vendait 10 $ en magasin, je recevais 5,50 $. Maintenant, en vente directe, je reçois au minimum 7 $ ».

Selon les études conduites par M. Bélanger, la plupart des entreprises bioalimentaires cherchaient des solutions pour vendre en ligne. Offrir un système collectif de logistique intégré aux entreprises bioalimentaires du Québec (entreposage, cueillette, emballage et livraison) est venu combler un nouveau besoin. « Le manque de service de logistique intégré et collectif était un frein au commerce électronique pour la plupart des entreprises bioalimentaires du Québec », peut-on lire dans le tout premier communiqué de l’entreprise.

« Il faut sensibiliser les acheteurs à la consommation de produits du Québec et en leur facilitant l’accès », proclame son cofondateur.

Maturin compte sur un trio de partenaires financiers : la Banque de Développement du Canada, le ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation ainsi que le Fond Emprunt Montérégie. Quatre organismes offrent des appuis autres que financiers : Aliments du Québec, le Conseil de la transformation alimentaire du Québec, Financement Agricole Canada et l’Association des marché publics du Québec.

Cinq bonnes raisons de manger local et bio

Le but avoué de l’opération de maturin.ca : augmenter la proportion de produits alimentaires locaux achetés par les consommateurs en leur en facilitant l’accès direct aux producteurs / transformateurs, en ligne et de façon regroupée.

M. Bélanger évoque ici cinq raisons qui lui semblent valables pour consommer des aliments à la fois locaux et bio.

  1. Le goût

Le goût est généralement unique selon la provenance des aliments. C’est généralement la raison pour laquelle les gens préfèrent s’alimenter localement. Ils recherchent un goût unique ou simplement meilleur.

  1. La sécurité alimentaire

Il semble que les aliments locaux sont perçus plus sécuritaires que les aliments industriels ou les aliments d’importation. D’ailleurs le MAPAQ fait selon moi un travail colossal pour assurer la sécurité des aliments produits et transformés au Québec. Qu’en est-il des aliments importés? Sont-ils soumis aux mêmes normes et surtout aux mêmes vérifications? Si les aliments d’importation ne sont pas soumis aux mêmes normes et inspections que les aliments locaux, cela leur confère-t-il un avantage au niveau du prix?

  1. L’environnement

Bien que l’opinion peut diverger selon les sources et les types d’aliments, les aliments locaux sont généralement reconnus pour avoir moins d’impacts sur l’environnement que les aliments d’importation. En effet, les circuits courts font en sorte que les aliments parcourent moins de distance avant d’arriver dans l’assiette des consommateurs, ce qui a non seulement l’avantage de réduire la quantité de carbone émise mais aussi la quantité d’emballage nécessaire.

  1. L’économie

Au Canada, les dépenses alimentaires par ménage sont en moyenne de 8 527 $ (2017). En remplaçant 8 % d’aliments importés par des aliments locaux, les retombées économiques seraient de 480 millions de dollars par année. Huit pour cent, c’est 682 $ par année par ménage, soit 57 $ par mois, 13 $ par semaine ou 1,85 $ par jour. Imaginez! En remplaçant seulement 1,85 $ jour par ménage des aliments étrangers par des aliments locaux, soit quelque 0,80 $ par jour par personne, nous aurions déjà des résultats notables. Ce qui créerait du coup 2 740 emplois et un nouveau revenu personnel annuel disponible de 79$.  Consultez l’étude ici.

De plus j’ajoute que l’argent dépensée retourne à des familles qui vivent près de chez vous et qui paient des taxes dans votre région. En consommant local, je pense qu’on peut jusqu’à aller à dire qu’on investit dans nos hôpitaux, écoles, parcs, CPE et l’ensemble des services publics en général.

  1. L’accessibilité

Les aliments d’ici sont selon-moi de plus en plus accessibles. Évidemment vous pouvez les retrouver à la ferme, aux marchés publics, en ligne sur maturin.ca, mais aussi en boutique ou dans la plupart des grandes surfaces. Bien entendu, dans la majorité des boutiques d’alimentation ou grandes surfaces on n’y retrouve pas que des aliments locaux. Le sceau Aliments du Québec vous permettra d’identifier facilement les aliments d’ici.

Si le bœuf Highland naturel, élevé à la ferme Badger depuis 1881 est maintenant disponible en ligne sur maturin.ca, les résidents de Cantons de l’Est pourront toujours aussi se le procurer au Magasin général Barnes à Knowlton. La quincaillerie sous enseigne Home Hardware admet réaliser de belles ventes de viande locale. On se souviendra qu’en mai 2017, le Barnes Home Hardware déménageait dans Knowlton avec une surface doublée. Sur la photo : Kevin Barnes accompagné de Chantale Lajoie, marchands-propriétaires.

 

 

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